Les Héritiers


Photographie. Perspectives. Les Héritiers, c’est la Lost Generation à la française. Perdue dans le sens le plus tragique. Génération-dépotoir. Génération de l’inexistence.

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Prolongement de la discussion entamée dans L’esquive d’Abdellatif Kechiche, poursuivie dans l’Entre les murs de Laurent Cantet, Les Héritiers de Marie-Castille Mention Schaar est un inconfort face à la question :

Qu’est-ce la jeunesse française? Celle des banlieues? Celle qui est réputée sotte, inculte, sauvageonne, voyou?

Un inconfort, parce qu’un malaise devant le constat terrible, senti et perceptible dans les films de Kechiche et de Cantet: il y a deux jeunesses en France.

Celle des héritiers qui est française.

Celle qui est à la périphérie, et qui se cherche un héritage – loin de l’ascenseur social, en panne, brisé.

Ce sont deux jeunesses qui ne se rencontrent pas beaucoup. Dont chacune croit avoir une idée assez précise de l’autre. Et qui se trompe, royalement.

Ce sont deux jeunesses que la société française ne regarde pas de la même manière. L’une est portée aux nues, c’est la crème de la crème. L’autre est une déjection à peine tolérable d’un système en chaîne de production intensive des échecs. C’est celle qui concentre toutes les passions. La stigmatisation. L’abandon. L’intransigeance. La haine.

A qui la faute? L’interrogation reste suspendue au-dessus du brouhaha politico-médiatique. Schaar la laisse là. L’enjeu est ailleurs. Et elle a raison.

Définitivement.

 

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Photographie. Perspectives. Les Héritiers, c’est la Lost Generation à la française. Perdue dans le sens le plus tragique. Génération-dépotoir. Génération de l’inexistence. 

Schaar pose son regard, non manichéen, fixe cette jeunesse là droit dans les yeux, et saisit quelque chose de puissant, d’éblouissant, d’enrichissant. La sociologie par le cinéma. L’électrochoc. La pertinence. La sensibilité. L’intelligence. Alléluhia. 

Depuis la révolution française, et Louis XVI le raccourci, la bourgeoisie a triomphé. Et d’une époque à l’autre, ceux qui sont maintenus en dehors de la caste, emprisonnés par le déterminisme social, réalité ou fantasme, n’ont pas le droit d’être moyen. Ils doivent être spéciaux pour espérer un jour ne pas finir néant, puisqu’ils ne sont rien.

 

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Cela fait plus d’une décennie que L’esquive fût célébré en France; cela fait autant de temps que le Rien, normatif et structuré, est renforcé – défiant l’entendement – de telle sorte  qu’il laisse entrevoir le pire de l’inimaginable.

 

 

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Ce film est exceptionnel.

Nullement grâce à sa justesse. Davantage grâce à sa capacité de montrer que tout enfant de France est d’abord l’héritier d’une Mémoire historique commune.

Dans laquelle il est invité à puiser les éléments lui permettant de forger sa propre identité, de se situer dans un tout qui fait l’âme de la Nation.

Surtout que l’on peut s’affranchir des murs. Recevoir la gifle sans chercher à l’esquiver comme on pourrait se recevoir dans sa propre souffrance. Car si elle secoue, fait souffrir, elle réveille ou éveille. Donc salvatrice. 

En même temps, cette oeuvre montre que si Birkenau n’est pas le 93 il n’en reste pas moins que certaines similarités, mentales, ne peuvent être niées.

 

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Aucun camps de concentration idéologique ou social ne devrait exister, ni avoir raison d’aucune personne.

Et Schaar, malgré tout, donne espoir. 

C’est encore plus magnifique.

 

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