Nymphomaniac


Nymphomaniac est aussi sulfureux que la vérité est crue. Et la réalité de la nymphomanie est une souffrance inaudible qui éclate dans la face du spectateur, invité à sortir de ses prétentions moralisatrices pour ressentir la détresse de l’acte.

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Nymphomaniac de Lars Von Trier est un film magnifique.

Difficile, pince-sans-rire, misérable, poétique, philosophique, vicieux, thérapeutique, c’est le parcours d’une femme qui ‘sex’-périmente pour se trouver, dès le plus jeune âge jusqu’à une certaine maturité. 

Cheminement initiatique et donc, un peu, beaucoup, nécessairement, chaotique, l’héroïne grandit au fil des émois, s’égare, jouit, et se métamorphose pour finalement se révéler d’une touchante fragilité.

La spirale est sombre. Les trébuchements inévitables. Et la camera de Lars Von Trier n’épargne rien au spectateur au point quelques fois de l’écoeurer. Tout le monde n’est pas aussi confortable avec la nudité, même si tout le monde aime bien ça mâter, et – avec les réseaux sociaux – se mettre à nu.

Allez savoir.

 

 

Nymphomaniac est aussi sulfureux que la vérité est crue.

Et la réalité de la nymphomanie est une souffrance inaudible qui éclate dans la face du spectateur, invité à sortir de ses prétentions moralisatrices pour ressentir la détresse de l’acte.  

La chosification du rapport. La bestialité de l’échange. 

 

 

Après le snobinard Melancholia, paresseux et masturbatoire,  le désarçonnant réalisateur danois de l’Antichrist renoue avec cette inspiration prodigieuse qui a bousculé et sublimé les codes du genre.

Éblouissant, dur, sobre, l’oeuvre sans partis pris fait du confesseur un voyeur au même titre que l’individu de l’autre côté de l’écran calé dans son fauteuil. Lui et ses sentiments mélangés d’excitation et de honte, se heurtant à la conception intériorisée d’une sexualité vaticane.

Dissonance sensorielle.

Dislocation.  

 

 

Et que dire du sexe, ce pouvoir érigé en arme. Ce Deuxième Sexe que l’on dit faible, et qui est au fond dominatrice.

Je prends. Je jouis. Je jette. Next!

Le sexe plie et soumet. Tout. Il suffit de savoir où appuyer.

C’est tout ça à la fois que l’on retrouve dans Nymphomaniac de Von Trier

Magistral.

 

 

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2 commentaires sur « Nymphomaniac »

  1. Cher Ludewic,

    Je ne sais trop par où commencer devant ce foisonnement d’idées et de thématiques, la richesse du verbe et l’érudition. J’ai sans doute passé plus d’une heure à naviguer à travers ces océans houleux, calmes, divertissants, parfois choquants mais toujours intrigants. J’apprécie que vos écrits soient entrecoupés d’image, de musique et de cinéma; ils enrichissent vos propos et dévoilent votre humanité, votre quête de compréhension et de justice. Je souhaite donc une longue vie à toutes ces nuances qui appartiennent, disons-le franchement, à une catégorie tout à fait unique. Bonne continuation !

    PL

    Aimé par 1 personne

    1. Merci M. Leroux pour votre commentaire sincère, et très encourageant, j’apprécie beaucoup. A votre suite, en souhaitant aussi une longue vie à ces nuances, que l’humanité, l’interrogation, et la quête de compréhension puissent toujours nous porter au-delà de notre microcosme, et vers les autres. Encore une fois merci. Beaucoup.

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