La Vie d’Adèle


Point d’originalité.

Le film est convenablement lent pour être suffisamment insupportable. Entre les plaisirs que se donnent Adèle à ses rêves érotiques en passant par ses crises lacrymales, Abdellatif Kechiche est d’un minutieux louable qui manque de susciter l’enthousiasme.

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La Vie d’Adèle est celle d’une adolescente tourmentée, en quête d’identité. Après avoir flirtée avec le masculin, elle se découvre finalement lesbienne.  

Un coup de foudre comme un coup de fouet aura très vite chamboulé sa petite vie de fille banale d’une ville banale et d’un environnement social… banal.

On suit donc les péripéties amoureuses de cette Adèle à la fois moderne et recluse, attendrissante et soporifique, que le remarquable Abdellatif Kechiche tente de capter de la manière la plus honnête possible. 

Et quelques fois l’honnêteté n’est pas une brillante idée. 

Le réalisme, une fadeur. 

 

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Point d’originalité.

Le film est convenablement lent pour être suffisamment insupportable. Entre les plaisirs que se donnent Adèle à ses rêves érotiques en passant par ses crises lacrymales, Abdellatif Kechiche est d’un minutieux louable qui manque de susciter l’enthousiasme.

Depuis la Vénus noire qui retranscrit l’horrible existence de Saartjie Baartman – bête de foire personnifiant l’infériorité raciale dans une Europe ethnocentriste à souhait, il n’a jamais mis autant de force et d’intelligence à matérialiser, cinématographiquement, l’ennui. 

 

 

Ce n’est pas mauvais. Ce n’est pas excellent. C’est un entre-deux auquel le trépignant réalisateur-enfonceur de portes de L’Esquive et du coup de poing La faute à Voltaire n’a pas habitué le spectateur.

Mais un entre-deux digne de sa Palme d’Or cannoise, qui n’est plus les années passant ce qu’elle fût. Maurice Pialat étant mort, Cannes Sous le Soleil de Satan, crépusculaire, peine à lui survivre. Sélection officielle indigente, un jury sous copinage, La Vie d’Adèle sans étincelles a triomphé. Comme le meilleur du pire. Et encore. 

 

 

 

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S’il est une chose à retenir de ce film, c’est le portrait presque involontaire qu’Abdellatif Kechiche dresse de manière un peu sarcastique de la rencontre de deux univers sociaux très éloignés l’un de l’autre.

Cette fusion, cette cohabitation et cette separation de l’intello-culturo bobo, pédant comme il faut, symbolisé par Emma (jouée par Léa Seydoux dont les critiques dithyrambiques sur sa prestation sont dans mon esprit comme les mystères des cieux, insondables) et de l’inculture du milieu ouvrier dont est issu Adèle (jouée par une Adèle Exarchopoulos impeccable) provoque la discussion sur la profonde fracture française des sphères sociales séparées. 

Tangible dans le dédain qu’essuie Adèle dans les conversations ordinaires dans lesquelles il est question de l’appréciation artistique d’un peintre de second plan au nom imprononçable. Des rires étouffés, des regards outragés, et des sympathies blessantes, la ‘pauvre petite’ méprisée pour ce qu’elle est, au milieu d’un parisianisme adorant se parler, s’entendre parler, et brasser du vent. 

 

Qui sait la polémique montée de toutes pièces par les médias parisiens ayant démoli et terni le film fût en fin de compte un retour de bâton comme pour dire que l’on ne se moque pas ainsi impunément de ce monde-là.

Peut-être.

Ou pas.

Complotiste? Songeur. 

Des sphères sociales séparées donc. L’un réactionnaire, homophobe, sans densité intellectuelle; l’autre caviar, homocompatible ou homo-progressiste, euphorique d’objets culturels marginaux, tout en étant hypocritement conservateur, La Vie d’Adèle se balade ainsi tout le long. Avec peine. Entrecoupée d’interminables scènes de sexe d’une pertinence qui m’échappe. 

 

 

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On ne tiendra pas compte de la prétention d’une dimension poétique qui n’émeut que ceux qui se force un peu. On excusera les dialogues qui se tournent les pouces autant qu’ils semblent avoir la tête ailleurs.

Du surprenant oubli d’Abdellatif Kechiche que la substance est un ingrédient premier et indispensable des grands films.  

 

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