Her


Comment parler de cet Ovni filmique qui se regarde en l’écoutant? Les yeux fermés et l’esprit abandonné aux monologues intérieurs que l’on laisse échapper quand il n’y a plus que soi-même pour se comprendre.

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Comment parler de Her de Spike Jonze sans faire  dans l’interprétation psychanalytique de comptoir?

Qu’en dire sinon un blablabla alien de cinéphile passionné qui pourrait faire tomber plusieurs dans un état de blasement profond?

Comment parler de cet Ovni filmique qui se regarde en l’écoutant? Les yeux fermés et l’esprit abandonné aux monologues intérieurs que l’on laisse échapper quand il n’y a plus que soi-même pour se comprendre.

 

HER

Peut-être commencer par l’émotion. Ce flot impulsif, projeté, intarissable, porté par des influences diverses, en mouvement toujours vers quelque chose qui  révèle autant qu’elle structure.

Une émotion interruptive. Her en est une. Des plus troublantes, des plus complexes, des plus exaltantes, des plus vibrantes. 

Tourbillonnante. 

 

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L’émotion, donc. Épurée. Solitaire. En laquelle on voudrait croire. Et qui nous fragilise au moment où nous croyons avoir le contrôle. C’est-à-dire l’emprise sur notre réel, soit pour ne pas sombrer, soit pour donner un sens. 

 

 

L’émotion. Encore.

Celle qui dénude. Qui désire et fait désirer. Qui est un éveil, davantage qu’un réveil. Une prise de conscience comme un étonnement, ou bien plus un foudroiement. Moksha. Satori. Bodhi

Her est un étonnement. Pathos et paschein. Passionnel, bouillonnant de sentiments. C’est une souffrance, une endurance, un laisser-porter et un laisser-déterminer. C’est la disposition de l’être à faire connaissance avec lui-même en passant par l’autre, qui peut ne pas être réel sans cesser d’incarner le vrai.

C’est aussi, au-delà de la rencontre, l’accès à la connaissance d’une identité qu’il ignore, qu’il perçoit comme une intuition, et avec laquelle il fera corps, esprit et âme. 

 

L’étonnement est cette capacité qu’il y a à s’interroger sur une évidence aveuglante, c’est-à-dire qui nous empêche de voir et de comprendre le monde le plus immédiat.

 

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Her. L’étonnement. Comme communion. Samadhi

 

 

Her. C’est que l’on espère plus. Elle. Ce lointain, présent. Cet impalpable qui nous saisit, lâche, quand nous avons le cœur ailleurs, dans la solitude.

C’est la satisfaction incomplète, insatiable. Et les expectatives qui nourrissent le besoin autant qu’elles le dévorent. Puis la fin, comme une évanescence. On croit avoir quelque chose, l’illusoire. Et il n’y a rien. Une voix dans la tête. Un murmure à l’oreille. Le rêve, comme une réminiscence.

 

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Her, c’est le futur présent, un conte futuriste et donc contemporain. Où l’existence a cédé la place à l’inexistence dans laquelle l’individu mime l’humain avec un tel misérabilisme.

Un futur aujourd’hui, maintenant, avec sa technologie offrant des multitudes de possibilités qui mènent à la même stérilité. Des rapports, des projections, des consommations, des substitutions.

On a pu enrayer la pollution, le tabac, développer les transports en commun comme un vivre-ensemble, mieux un art de vivre. Transformer l’environnement en lui dotant des harmonies architecturales qui font écho  à l’épanouissement de l’être.  Et tout semble avoir cessé d’être. 

Her, c’est le sujet à maturation de sa zombification, rivé sur sa petite boîte high tech – comme d’autres sur leur téléphone plus intelligent qu’eux – à qui il confie tout ce qu’il espère, sans jamais véritablement oser être.

 

 

Her, c’est le tactile qui met en contact avec l’abstrait, nul besoin de push, ni d’en faire trop, on ne brutalise pas la nature de certaines choses.

Une caresse. A peine. Un souffle. Presque imperceptible.

Et ça vient comme ça vient. 

 

 

Et ça part comme ça part. 

 

 

Her, c’est cette prédominance du rouge décliné sous des nuances inimaginables. Entre l’orangé stimulant et provocateur de l’émoustillant aux pourpres des émois. En filigrane, des instants de la première rencontre aux moments de la fréquentation et de la consommation, toujours de l’autre.   

 

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Her, un toit avec un malheureux dans son mal-être. Le vide terrible et sa tentation. L’amour et le néant. Un toit avec un malheureux qui se violente, qui essaie de se libérer, qui tente de se soulager d’un lourd fardeau: lui-même.

 

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Her, oeuvre étonnante. Désarçonnante.

Le reflet accompagné du murmure. Et quelque part dans le décor lumineux et mélancolique une piteuse gueule qui ressemble à quelqu’un de familier. Nous.

Scarlett Johansson, le murmure. Joaquin Phoenix, le reflet. Spike Jonze, l’escroc.  Sa ruse fonctionne. Et je ne me suis senti jamais aussi bien.

Émotion. Étonnement. Eveil.

Standing ovation

 

 

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