La poursuite


A Faber, le destructeur…

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Faber le destructeur

 

Folle poursuite dans la nuit, l’ombre se mêle à l’obscurité et le cœur n’y voit plus rien.

Des baisers froids tremblent sous les lueurs pâles, ce vent timide de l’hiver hargneux déçu que l’on lui dise qu’il ressemble, quelques fois, un peu à l’été. Personne n’aime que l’on le prenne pour un autre. Même pas les impostures.

Il y a des étreintes qui donnent des frissons, qu’importe le temps qu’il fait. La tempête. Les flocons. La chaleur La Havane des lèvres qui se touchent, s’agrippent, se dévorent. Kiss me. Comme mange-moi. Définitivement.

frank auerbach, reclining head of julia, 1997

Un deux trois soleil. Too bad. Il fait noir.

La lune est absente, et les étoiles ont foutu le camps.

La poursuite devient une mission suicide, à travers des rues où les ivresses font l’amour. Elles sont faites pour faire mentir le temps, le monde, ce qui a été perdu, ce qui ne sera jamais, et se contentent de n’être en fin de compte que des substituts du moment.

Elles font l’amour aux solitudes. Et il paraît qu’elles sont perverses et n’ont de limites que ce que l’imagination ne peut deviner.

Du sexe-brocante sur les trottoirs, qui s’achète à coups de miséreuses comédies, dont on a à cœur, séductions jouées comme on se brade au marché de dupes.

ignacio itturia, cadaques 

Courses, dérapages, chutes. Poursuite.

Le plus important c’est la sensation. Celle qui brûle les artères. Les palpitations et l’impression d’être quelque chose d’autre que des individus dans la masse compacte.

La transpiration et sa belle expression qui révèle tout ce qui se crame à l’intérieur.

La passion au souffle court, haletant. 

La pression des émotions contenues trop longtemps et vidées brutalement, d’un coup ou par bouts, comme on se vomirait.

La tension du souffle qui libère autant qu’elle asphyxie. On se retrouve gueule face contre sol, plié en deux et des tripes malmenées ayant du mal à tenir à l’endroit.

de vlaminck les meules  

Et la poursuite s’achève là. Dans la nuit. Dans le noir. Avec un noir. Cette ombre ailleurs et nulle part. Qui pend ses lèvres à l’amour-hélium pour mieux s’envoyer en l’air.

L’amour-hélium gonflé de ces bons sentiments qu’une particule de rien du tout crèvera.

Ces bons sentiments qui gémissent de bestialité copulant, ces chants d’ivresse agrippées à leur solitude, et ce soi-même que l’on a partout poursuivi qui nage, mal, et se noie, dans la vomissure.

de vlaminck, paysage de neige avec personnages

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