Conversation des antipodes


Première conversation

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Première conversation

 

Le Père : Chut ! Ne dites point mot.

Le Fils (surpris) : Où est le Mal ?

Le Père (goguenard) : La parole est faiblesse !

Le Fils (volcanique) : Que dites-vous là ?!

Le Père (sardonique) : La sagesse même Fils !

Le Fils (acrimonieux) : Qu’est-ce qu’elle a changé la sagesse ? Hein ? Dites le moi Père ? La jeunesse, c’est le Verbe tonitruant. L’action vindicative, celle qui tire du sommeil les consciences engourdies, et les met devant leurs responsabilités. La vieillesse, c’est le silence des agonies, la berceuse pour l’homme qui se meurt. C’est ainsi et le restera.

Le Père (prenant un siège, relativement fielleux) : Offenser ! Brutaliser ! Bafouer ! Foncer ! Ce ne sont là que les mérites d’une jeunesse folle et incapable de prévoir sa chute ! Vous êtes aveuglés par votre orgueil, votre soif de précocité ! L’impertinence, l’irrespect, les iconoclasties délirantes ! Vous êtes indignes de tout ! Le monde se change avec patience, discernement, abnégation -(soupirs)- si vous ne le comprenez pas, vous êtes pire que nous ! Votre existence ne sera que monde-deuil ! 

Le Fils (debout, incendiaire) : Mieux ! Vous voulez dire mieux ! Ce monde-deuil est comme vous l’avez laissé, dois-je vous le rappeler ?! Vous avez été lâches ! Votre égoïsme, votre cupidité, votre insouciance, votre mégalomanie de bas-étage, tout ravagé, et nous avec ! C’est fini Père ! Votre temps est terminé ! Allez vous en ! Ce n’est pas difficile, vous savez si bien le faire ! La jeunesse apporte l’ordre nouveau !

Le Père (toujours assis, vitriolique) : Toujours la même rengaine… La jeunesse, certes prendra le pouvoir, mais elle s’assoira et se taira. La bouche qui jouit des délices du pouvoir ne parle pas. Quand la jeunesse aura goûtée à l’opulence, elle se tassera et la fermera. Car elle a faim la jeunesse, elle a faim de tout. Un appétit omnivore. Elle se goinfra de tout, superficialité, matérialité, intellectualité, médiocrité, sexualité, éphéméréité, sentimentalité, jusqu’à l’obésité, l’éclatement, puis la mollesse. Oui Fils c’est là la vérité. On ne crie que lorsque l’on a faim, on la ferme quand on mange, et après on digère calmement. C’est ainsi que fonctionne le système, vous n’y pourrez rien, il existe avant vous, et il vous survivra. Alors braillez, suez, hurlez, comme vous le pouvez, tant que vous en avez encore l’énergie, jouer au Che acnéen si cela donne un sens à quoique ce soit, cela est de votre âge, nous sommes aussi passés par là.

Le Fils (au bord de l’implosion): Je vais vous tuer !

Le Père (placide): Le parricide est libérateur Fils. C’est aussi une malédiction. 

Le Fils (révolutionnaire, l’arme brandie en direction du Père) : Qu’importe ! Vous ne vieillirez pas assez longtemps pour avoir raison ! 

Le Père (souriant) : J’ai fait pareil avec mon Père. 

 

[Le coup de feu rejoint le vacarme du monde, sur le balcon de la Discorde donnant sur la rue de l’Algarade] 

 

Alors?

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