Ne le dis à personne


A Patrick, Patricia, Johnny, Zaz.

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Ce soir.

Ce soir.

La nuit est mauve, et ton reflet a des formes lilas. Mon corps explose, pour ton cœur qui bat, et dans l’alcôve, au creux de tes bras, je me sens moins rose, parfumé aux senteurs de nos ébats.

 

 

Ce soir.

Ce soir.

Il n’y a pas de voix cassées. Ceux qui n’ont pas envie de rentrer tous seuls, de voir la vie des autres comme des graffiti sur des murs, se faire prendre et pendre pour un con, de refaire encore et encore les rendez-vous manqués, vont devoir rendre la monnaie.

Et même celles qui s’ouvrent comme des fleurs et n’attendent que d’être arrosées. Celles-là aussi devront rendre la monnaie, comme des cris dans la gorge, comme les larmes qui roulent sur les joues des passants, parce qu’ils ont froid.

Mais moi je ne rendrai pas la monnaie.

Oui moi, moi qui déambule le coude levé marmonnant des confessions à ma bière, je n’ai pas envie de voir le jour au milieu de cette peur qui traîne et des salauds qui beuglent.

Entre jeunes usés et vieux qui s’éternisent, les rêves coulent sous le regard des sourires d’après minuit.

 

 

Ce soir.

Ce soir.

Sans elle je n’aurai jamais plané, et elle s’imagine que je lui dois tout.

Cette grande gueule dont un regard suffit à se faire planter mieux qu’un couteau. Qu’est-ce qu’elle a ma gueule. Celle qui crie Je suis degueu… mais pas dégueulasse, et qui s’effondre les lendemains de veille comme un chat qu’on égorge.

Quoi ma gueule. Oui, oui, elle est méchante, et déjà morte.

Oui, oui, des inconnues la sortent, lui font perdre la raison, et ne s’est plus souvent qui elle est. Ma gueule est comme une foule de visages oubliés.

 

 

Ce soir.

Ce soir.

Aux phares éteints dont les lumières m’indiquent qu’il n’y a nulle autre prison que celle que l’on se crée au cœur, je prends note et leçon de ces vives liqueurs.

La lune me regarde, elle va mourir dans l’heure. Et ma gueule grippée fait la momie, comme un vieux manuscrit que j’ai mal écrit.

De galères en galères, elle a fait toutes les guerres, et je m’en fous qu’elle soit belle ou peu fidèle..Elle lèche les bottes comme on lèche des vitrines, et même parfois les vieilles filles, qui boivent du rouge comme leurs corps brûlent de désir.

 

 

Ce soir.

Ce soir.

Que l’on intoxique mes veines assoiffées, au cuir désespéré gravé sur ma peau, que les baisers ces fugues sans frontières savourent mon paradis perdu.

Les petites tempêtes me poussent vers le haut, gravissent ce qui fut toi ce qui fut moi. Je sens que je m’allège porté par ta tête à genoux et laissant faire ce qui doit.

 

 

Demain, je confesserai à mon café, noir serré, cette nuit de malentendus, celle de nos baisers, nus comme un vers, anges de notre liberté, le cœur ébréché, du souffle et de sa panne, et de ce Moi je n’en veux plus.

 

 

Et ma gueule se verra dans une glace, elle hurlera sa haine, et je me dirai pour casser la voix comme on casse une routine, C’est pas comme une que je connais.

Alors?

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