Pourquoi devenir Nazi en 3 raisons


Ou voter extrême-droite.

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Mme Tess Asplund

L’une des actualités les plus virales de ses dernières heures se tient en une image. 

Mme Tess Asplund, le poing levé devant des dirigeants Nazi lors d’un défilé en Suède. Le courage, l’héroïsme du geste. Une femme face à des hommes qui à une autre époque l’auraient pendue au bout d’une corde attachée à un arbre. Lyncher comme on disait. Euphémique, presque poétique.

L’image est belle. Elle est forte. La femme, la photographie. Elle se passe de mots. C’est aussi là la beauté de la chose. 

Mme Tess Asplund comme le raconte L’Obs passait par là. Une passante, ordinaire. Mais pas si ordinaire que ça, finalement.

Elle aurait pu baisser les yeux et se faire très discrète devant cette horde d’hitlerons.

Elle aurait pu faire semblant d’avoir quelque chose de plus important à faire avec son téléphone intelligent.

Elle aurait pu juste prendre une photographie, faire un selfie, la poster sur les réseaux sociaux en hurlant sa colère approuvée sans doute par une masse de Like, et ne rien faire dans le réel.

Elle aurait pu s’en indifférer, parce que des apprentis SS c’est une affaire pour d’autres, ou se dire qu’elle ne pouvait rien y faire, elle et sa petite personne, la crainte au ventre, la peur de l’engagement. Elle fragile, insignifiante.

Elle aurait pu attendre des autres qu’ils réagissent, et eux attendant qu’elle en fasse autant. Et rien ne se serait fait. Comme à l’accoutumée. L’ordinaire. 

Elle aurait pu trouver mille raisons d’agir différemment, toutes auraient sans doute été légitimes, respectables, compréhensibles.

Mme Tess Asplund était dans la rue, elle a vu l’inacceptable, et a réagi de la manière la plus extraordinaire possible, en étant simplement humaine.

Un petit corps frêle, un mur infranchissable, faisant barrage à la marche sépulcrale des barbares.

Seule, debout, le poing ferme. La dignité même.

La pose rappelle la statue de la Liberté. Les jeux olympiques d’été de Mexico en 1968. Le regard confiant, déterminé de Jesse Owens à Berlin en 1936. La solitude du courage, l’invraisemblable audace, le superbe culot, la petite folie suicidaire, de l’homme de Tien’anmen en 1989.

La pose est historique. Il y a là plus qu’un symbole. Plus qu’une icône. Il y a là une force, une puissance indicible. 

 

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Nazisme et extrême-droite, pas d’amalgame svp! 

L’héroïsme de Mme Tess Asplund est comme le dirait Marine Le Pen un mépris envers la démocratie puisqu’il vient interférer gravement dans le droit de manifestation et d’opinion du vrai peuple, des vrais gens, de la vraie vie. En ce sens son attitude est fasciste. 

Si vous pensez que c’est un peu tiré par les cheveux – et même si vous êtes chauve – alors vous avez encore quelques trucs à apprendre pour comprendre les rudiments du discours nazi.

Votre  première leçon consiste à sortir de la logique conventionnelle, celle des bisounours. De jeter aux orties votre rationalité de bien-pensant. Ensuite, prenez un bocal, vide de préférence, ou avec un peu d’eau et quelques piranhas, puis mettez-y votre cerveau.

Ça y est, c’est fait? Bravo. Vous êtes officiellement en voie d’admission au club très aryen des Chevaliers de la Croix Gammée. Félicitations. 

Bien entendu, il ne faut pas faire d’amalgame entre le nazisme et l’extrême-droite. Le dernier se veut plus sérieux. Ce n’est plus juste une question de chambres à gaz et de tours crématoires. On va au-delà de cette sauvagerie. La haine, ordinaire elle aussi. Celle qui ne veut pas totalement achever cet autrui taré, parce que maintenir en vie aussi longtemps possible sa victime sublime la torture. Elle est plus jouissive paraît-il. Du moins, c’est ce qu’il se laisse montrer. 

Non, il ne faut pas confondre nazisme et extrême-droite. Deux modus operandi radicalement différents. Le premier s’est contenté d’idéaliser le racisme en l’expérimentant presque à l’échelle planétaire avec le même enthousiasme qu’un savant fou, le second se veut d’un racisme pragmatique, républicain, patriote, national, monochrome, de souche.

En ce sens, il a la modestie de ses ambitions. La haine contenue dans l’espace des frontières fermées et des barbelés repoussoirs, c’est plus acceptable et davantage si le tout est feutré et insonorisé.

Et si jamais une odeur incommodante s’en échapperait, on ferait semblant que cela ne se peut, car les odeurs nauséeuses c’est comme le nuage de Tchernobyl ça s’arrête aux frontières. Parce que la peur d’être pris en chasse comme le migrant clandestin est dissuasive. Il paraît. C’est ce qu’il se crie dans les microphones ouverts des meetings politiques. On le sait tous, des politiques en campagne sont vrais. Comme le vrai peuple. Les vraies gens. La vraie vie.  

Non, le nazisme et l’extrême-droite, ce n’est pas pareil Messieurs et Dames. Du tout. Le nazisme est antinomique au principe démocratique, même si Hitler est arrivé au pouvoir grâce à lui. C’est après que ça a viré en couilles, comme le dirait pertinemment mon voisin de table. Mon voisin est ivre. Il ne vote pas extrême-droite. Il n’a pas la lucidité qu’il faut. En plus, il m’a l’air un peu basané.

L’extrême-droite, elle adore le principe démocratique, le suffrage populaire. Ce n’est pas la même chose que le suffrage universel. Celui-ci va plus loin dans l’inclusion. Et quand on va trop loin dans l’inclusion on passe à côté du vrai peuple, le souchard. Alors le suffrage populaire cadre mieux avec la démocratie à la sauce extrême-droite où les droits de l’homme sont conduits devant un peloton d’exécution.

La démocratie version populaire donc, celle des vrais gens, de la vraie vie. Celle qui n’est bisounours avec ces juges et autres donneurs de leçon.

Celle qui prend le petit nègre du coin, l’arabe et son halal, le tzigane et sa roulotte, bref cet Etranger qui est une anomalie dans le paysage champêtre du vrai pays, de la véritable nation, et lui fait subir la terreur permanente. La torture. Et quelques fois, pour le fun, un meurtre, comme pour se remémorer le bon vieux temps.

 

13-06-07extreme-droite

 

Non, il ne faut pas confondre nazisme et extrême-droite. Le père paraît souvent moins respectable que l’enfant, surtout s’il a été blâmé de ses conneries sanglantes, génocidaires.

L’enfant ne veut pas répéter les erreurs du père, il se pare de convenance, cesse de crier  Sale juif! pour un Sioniste! Profiteur du petit peuple! Mais l’enfant au fond finit par répéter les erreurs du père, c’est une question de temps. Et ceci n’est pas seulement une psychanalyse de comptoir. 

Etc.

Il y a beaucoup d’extrême-gauche dans le nazisme, il y a comme un air marxiste dans les mouvements d’extrême-droite. C’est sans doute ce que Jean-Yves Camus nomme les extrêmes-droites mutantes. Moi je dirais corsaires. Le pillage, l’usurpation, l’imposture, le délictuel sous un vernis de légalité. Goebbels grimé en Jaurès. Marx en Göring. C’est efficace, parce que tout le monde s’y perd. Les extrêmes se rejoignent, gauche droite centre, le peuple en otage, dans le noir – pardon – dans le brouillard, se donne à corps perdu. Des noces pourpres. 

Les extrêmes-droites corsaires au discours social qui ne laisse aucune des âmes désœuvrées insensibles; l’accent populiste qui parlent comme dans la vraie vie avec ses simplismes et son intelligibilité qui mime assez brillamment le sophisme le plus inspiré; la verve nationale pour la nostalgie et le glorieux passé ainsi que pour le paysage dénaturé, tout ça n’est pas dénué de sens. Tout ça est percutant. L’absurde sans complexes.

Surtout qu’il incarne les aspirations du peuple d’en-bas. Et vous ne semblez pas être issu du peuple d’en-bas, du moins je le présume. Mme Le Pen non plus n’est pas issu du peuple d’en-bas, au contraire.

Comme elle, vous devez impérativement changer de perspective pour prendre conscience des souffrances atroces du peuple méprisé et réduit en esclavage par ceux qui financent son parti et les autres nazophiles.

Mme Le Pen n’a pas inventé l’eau chaude, Hitler avant elle s’est appuyé sur les colères populaires et sur l’argent des riches pour arriver au pouvoir. Hitler n’était pas capitaliste – du moins il ne le hurlait pas sur tous les toits. Mais il avait tout compris. Les dirigeants des extrêmes-droites aussi.

La cupidité ou l’instinct de survie des élites bourgeoises a ce quelque chose de fascinant, rien est suffisamment immoral tant que la caste (et ses privilèges) est sauve. 

 


« L’attrait qu’exercent les mouvements totalitaires sur l’élite, aussi longtemps qu’ils n’ont pas pris le pouvoir, est une source de perplexité parce que les doctrines positives du totalitarisme, évidemment vulgaires et arbitraires, sont plus apparentes à l’observateur extérieur que la tendance générale diffuse dans l’atmosphère pré-totalitaire.

Ces doctrines différaient profondément des critères généralement acceptés, qu’ils soient intellectuels, culturels ou moraux. Aussi pouvait-on conclure que seuls, une insuffisance fondamentale, inhérente au caractère intellectuel, « la trahison des clercs » (J.Benda), ou un pervers masochisme de l’esprit, expliquaient le plaisir avec lequel l’élite acceptait les « idées » de la populace. 



 

Capture


Une question obsède l’Allemagne et l’Europe depuis quatre-vingts ans : comment un peintre raté, sans fortune ni éducation, un marginal désaxé, incapable d’entretenir une relation humaine stable, a-t-il pu prendre le pouvoir dans l’un des Etats les plus avancés du monde ? Sans la complaisance puis la complicité d’une partie de l’élite allemande, écrivez-vous dans votre monumentale biographie de Hitler, rien n’aurait été possible. Pourquoi ?

– A plusieurs étapes cruciales de son ascension, Hitler a bénéficié de protections en haut lieu. Cela n’explique pas tout, évidemment. L’humiliante défaite de 1918, l’hyper-inflation de 1923, la grande crise économique de 1930, le rejet de la République de Weimar, les talents d’orateur de Hitler et bien d’autres facteurs ont concouru à cette prise du pouvoir. Mais celle-ci n’était pas inéluctable. De 1919, quand tout a commencé, à 1933, nombre de responsables politiques, judiciaires ou militaires auraient pu stopper la carrière du futur dictateur. Mais la plupart n’ont même pas essayé. Pis, beaucoup l’ont favorisée pensant qu’ils pourraient en tirer profit. […]

Mais, selon vous, Hitler serait resté un « vulgaire agitateur de brasserie » s’il n’avait, au début des années 1920, bénéficié d’autres puissants soutiens en Bavière.

– A l’évidence. Plusieurs personnalités de la grande bourgeoisie l’ont aidé à faire son entrée dans les salons respectables de la capitale bavaroise, en particulier le poète Dietrich Eckart, qui publiait un hebdomadaire violemment antisémite et possédait une fortune. C’est grâce à lui, et à un certain Lüdecke, playboy et « homme du monde », que Hitler pénètre dans des milieux où, normalement, il n’aurait pas été admis. Son style rugueux, son chapeau mou et sa cravache surprennent mais font merveille. Au nombre de ces riches convertis de la première heure, on trouve un diplômé de Harvard, rejeton d’une grande famille de marchand de tableaux, un éditeur en vue ou un célèbre fabricant de pianos – des mécènes qui feront les fins de mois du parti pendant plusieurs années.



 

Pourquoi devenir Nazi, voter extrême-droite en 3 raisons chrono

Si après votre admission au cheminement menant au Club Heil Hitler! rebaptisé Le Peuple et la Nation d’abord! vous n’êtes pas totalement convaincu de la pertinence de votre démarche, voici 3 raisons qui devraient vous décider. 

 

Pourquoi devenir Nazi, voter extrême-droite? Ben coudonc, quelle question! 

 

 

 

 


Tel est le terrible enchaînement des langages. Le « Cours d’été » heideggerien de 1935, qui paraîtra en 1953 sous le titre « Introduction à la métaphysique », s’achève sur ces mots : « Ce qui est mis sur le marché comme philosophie du national-socialisme (…) n’a rien à voir avec la vérité interne et la grandeur de ce mouvement… » Quelle est cette « vérité interne » du nazisme pour Heidegger ? Où l’emphase d’une prétendue vérité rencontre-t-elle la fureur meurtrière ?

Elle vise un « ennemi intérieur »… Elle le nomme étrangement « l’Asiatique » – fantasme inouï, que le maréchal nazi von Reichenau précisera lourdement en 1942, félicitant le Führer de parer au « danger judéo-asiatique ». Là s’annonce le massacre acharné des juifs de Russie et de l’Europe occupée.

Heidegger affirme même en 1935 que « le vrai et unique Führer fait signe dans son être vers le domaine des demi-dieux… ». Qualité que souligneront les Œuvres complètes.


 

Qu’un intellectuel puisse être un bourreau, jusqu’ici rien de nouveau. Mais qu’une bonne partie des « concepteurs de l’anéantissement », selon l’expression des historiens Götz Aly et Susanne Heim, aient été issus des filières d’ex-cel-lence, voilà qui rompt avec une idée reçue tout en posant une vraie question.

L’idée reçue, héritée d’une historiographie en vogue après-guerre, veut que les dirigeants nazis aient été des déclassés, des fous ou des ratés. Or on sait que la réalité est plus complexe : en cela, l’étude de Christian Ingrao s’inscrit dans une tendance plus récente de la recherche, qui insiste sur l’implication des élites traditionnelles dans la politique de répression hitlérienne.

Ses conclusions rejoignent par exemple celles d’un Wolfram Wette qui, dans un livre récent, rappelait que l’armée n’avait pas été une sorte de caste aristocratique immunisée contre le venin nazi, mais avait délibérément participé aux pires exactions du régime (Les Crimes de la Wehrmacht, Perrin, 2009).


 

Pendant plusieurs mois, le médecin a passé des dizaines d’heures à échanger avec l’un des plus intrigants de ses patients, Hermann Goering, le plus haut gradé nazi aux mains des Alliés. Leurs sujets de conversation: la Seconde Guerre mondiale, les politiques mises en place par le régime nazi et les perspectives de cet homme désormais capturé. En plus d’entretiens approfondis, le psychiatre a fait un usage intensif de différents outils de diagnostic, dont le test de Rorschach ou le TAT.

Ce qu’il a découvert l’a violemment perturbé. Le bras droit d’Hitler n’était ni fou, ni anormal. Les dignitaires nazis n’étaient atteints d’aucune pathologie psychiatrique.



 

 

 

 

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En fin de compte, Mme Tess Asplund n’est ni tendance ni intelligente, encore moins sociale ou une femme d’affaires avertie, pragmatique. Ne soyez pas comme elle. 

Ne levez le bras que pour saluer comme il se doit le drapeau du IIIe Reich. Allez jusqu’au bout de votre cheminement, beaucoup ne comprendront pas, ils n’ont pas votre génie. Puis, comment voulez-vous convaincre des personnes qui sont vendues, aveuglée par leur haine et leur intolérance, qui briment votre liberté d’expression, votre épanouissement personnel?

Parce que oui vous avez raison, le geste de Mme Tess Asplund est du racisme anti-blanc. Il ne serait pas surprenant que cette pauvre dame soit un agent très actif du Grand Remplacement

Et si vous êtes jugés pour vos choix, n’en ayez cure. Vous êtes supérieurs. Aryens. Au-dessus des tares. Et dîtes-vous bien deux choses:

Les Hommes n’ont aucune mémoire et L’Histoire en tant que mémoire des Hommes a des trous de gruyère. 

Post-Scriptum: N’oubliez pas également que lorsqu’il ne restera que des souchards comme vous et moi, l’impureté sera traquer dans la génétique, l’ADN et tout le bazar. La soif de sang a horreur du verre vide. C’est là le propre de la nature humaine. 

 

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Au Canada, les néonazis sont souvent perçus comme des gens du milieu ouvrier, peu instruits, bref des laissés-pour-compte comme le sont les punks de la rue. Ce stéréotype nous permet de les ignorer et d’avoir comme réflexion : « Pas dans ma cour ! » et « Pas dans mon école ! ». Si certains d’entre eux sont effectivement des punks, ce n’est pas le cas pour tous. Je connais personnellement ou j’ai entendu parler de 17 néonazis qui sont soit étudiants, soit diplômés de quelque huit institutions postsecondaires ontariennes.

Je ne peux expliquer pourquoi des personnes instruites sont attirées par le mouvement. Chacun a sans doute ses propres raisons. Ce que je ferai, c’est vous raconter mon histoire à partir du moment où j’ai été séduite par le mouvement jusqu’au jour où j’ai pris la décision de le quitter. Au delà de ce récit, ce dont je veux vous faire prendre conscience, c’est pourquoi et comment vos amis, vos voisins ou des membres de votre famille peuvent devenir des racistes extrémistes.

Si une personne est intéressée à joindre les rangs d’un groupement comme le Heritage Front, c’est qu’un certain racisme doit couver en elle. C’est vrai que j’étais raciste avant d’être présentée au groupe. Plusieurs personnes pensent que le racisme naît dans la famille. Cependant, en ce qui me concerne, mes deux parents étaient assez libéraux. C’est donc dire que, dans mon cas, le racisme m’a été enseigné à l’école. J’avais des amis blancs qui se plaignaient amèrement de l’invasion du voisinage par les « Chinetoques ».


 

3 commentaires sur « Pourquoi devenir Nazi en 3 raisons »

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