En grillant une..

J’ai des envies de cannibalisme littéraire, bouffer la chair de ces mots trop pleins, mordre jusqu’au sang ces textes gras que l’on célèbre avec viva dans les salons du livre..

J’ai des envies de meurtre chez les académiciens, étrangler par ma plume psychopathe les œuvres que l’on coiffe d’un couvre-chef de reconnaissance usurpée, étouffer avec mon encre noire comme ma bile les vieillards gâteux qui se congratulent..

J’ai des envies de terrorisme linguistique, mettre des bombes entre des parenthèses écorchées, déposer après chaque virgule un explosif anarchiste pour que dans un joyeux feu artifice les écritures indignes se consument brillamment..

J’ai des envies de viol avec furie de ces gardiens du temple qui font et défont les princes-esclaves, pitoyables goncourtisants d’une gloire vidée de toute grandiosité.. Je veux qu’ils la ressente profond mon érection endurcie par une littérature low cost sanctifiée, dans leur derrière déculotté, sans lubrification aucune, tous les enfiler jusqu’au déchirement..

J’ai des envies de torture de ces lettres modernes contemporaines qui sont surévaluées à la foire des entourloupeurs empanachés, se retrouvant au final à prix discount sur les rayons surgelés..

J’ai des envies de sadisme aigu sur des professionnels du plagiat, des paraphraseurs-détrousseurs qui donnent leurs avis sur tout avec cette assurance agaçante de maîtres à penser..

J’ai des envies de pendaison de cette sémantique anorexique érigée en « must » absolu par des gourous fantoches se gavant d’un caviar infect qu’ils désignent sous le vocable fourre-tout, que dis-je fourre-merde, « nouveau roman français »..

J’ai des envies de barbarie sur le pédantisme indigeste calligraphié avec ennui dans des livres obèses que personne n’a lu mais que tous encensent..

J’ai des envies de chaos, dynamiter les lignes, les paragraphes, noyer dans la boue des inspirations dont elles furent avortées, égorger les pseudo puristes dont la constipation culturelle est à la hauteur de l’insipidité des propos..

J’ai des envies de bûcher pour y faire griller les cardinaux de l’ordre périmé qui prolongent un peu plus l’agonie, et sur lesquels j’aimerais gicler la morve blanchâtre de ma cervelle entesticulerisée.. Que des envies incendiaires dans mon esprit à bout de lire, d’entendre toujours les mêmes banalités littéraires, sans cesse remises au goût du jour par une nouveauté ayant l’arrière-goût de nullité..

 

2004..

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