Songe d’une nuit de fin d’été


Vous n’êtes pas une femme. Vous êtes une femme avec de gros nichons et un gros pénis.

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J’ai rêvé de vous.

Le songe n’était pas érotique.

Vous étiez enchaînée au mât d’un navire qui sombrait dans les eaux du Styx. Et je me suis rendu compte à quel point j’étais amoureux. Car vous seule savez lire dans mes pensées et réaliser mes fantasmes les plus inavouables.

Je vous aime, sachez-le. Tellement.

J’ai pensé à vous. Aujourd’hui, toute la journée. En nettoyant ma carabine, d’une main travailleuse. Des coups sont partis, il y a eu des spasmes et quelques petites morts, et je me suis senti à chaque fois léger.

Jusqu’à la prochaine crise, incontrôlable, et le retour presque éternel – parce que je ne cesse de penser à vous – du nettoyage de la carabine.

Je vous ai écrit ce matin. Une belle lettre d’amour. Même si je crois que le mot était inadéquat comme un rectangle dans un rond. Enchâssé l’un dans l’autre comme un manuel aux mains maladroite.  

J’ai écrit sur des poupées vaudou, les mille façons de me faire aimer de vous, je vous ai brûlée, effigie sacrificielle, et des cendres mêlées de ma salive j’en ai fait un masque. Pour vous plaire. Parce que vous faiblissez, paraît-il, devant les masques.

J’ai désormais la bonne gueule, il ne tient qu’à vous de me voir. Droit dans les yeux. J’ai préparé la flèche au bout de laquelle est pendu un Cupidon trépassé. Elle est dirigée vers vous, et je la laisse fendre l’air, voler jusqu’à vous. Elle flotte comme un parfum de romance, voilà qu’elle approche près du blanc de votre regard aveugle. Je n’ai jamais eu le talent de viser le cœur. 

 

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Et ne soyez point offusquée si jamais je vous réponds le cœur ailleurs, comme à côté, ce ne sont pas les cambrures rebondissantes qui me détournent de vous, c’est la faute à ce strabisme épouvantable qui se cherche de midi à quatorze heures un parallélisme, une synchronisation. En vain.

Voyez ça d’un bon œil, je suis Sartre et vous Simone. Ce qui n’est pas si mal après tout.

Je rigole. Vous n’êtes pas Simone. Moi non plus. Et je préfère Bukowski. Il pue. C’est animal. Je suis nature. 

 

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Je vous ai parlée ce soir. Dans ma tête. Ce fût une belle discussion. Soap opera, comme Les Feux de l’amour. Vous savez cette télé-série ennuyeuse, avec des acteurs au jeu particulièrement catastrophique, nécessairement, pour plaire à la ménagère de moins de 50 ans, vous savez celle qui s’emmerde le soir parce que son conjoint sexuellement impotent, physiquement dégoûtant, ronfle telle une usine à charbon de la moitié du XIXe siècle. Qui n’a pas toujours les moyens de s’offrir un jouet sexuel convenable, donc se débrouillant avec ce qu’elle peut. Les moyens du bord, on dit.

Notre discussion était dans cette idée. J’étais votre jouet dans le soap. Puisque tout cela était de langueurs monotones, vous étiez heureuse. Moi aussi. Comme un sex toy

 

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Vous trouvez que j’ai une piteuse opinion de l’homme, vous avez tort. Les femmes, c’est pire.

Sauf vous.

Vous n’êtes pas une femme. Vous êtes une femme avec de gros nichons et un gros pénis. Pardon, mais permettez-moi de le redire de sorte à ne point salir votre sensibilité si cristalline.Vous êtes une oeuvre séraphique avec de généreux atouts. Voilà. 

 

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Autrement dit, vous êtes une invitation à mourir.

Et j’ai des envies de nettoyer la carabine. Chaque fois.  

Je vous ai parlée cette nuit. Une belle discussion tout de même. Vous m’avez proposé d’entrer dans votre tête, étant déjà dans la mienne j’ai trouvé ça fusionnel.

Vous voyez, vous êtes mon âme-sœur, et j’ai eu l’impression d’avoir un rapport incestueux.

Ce n’est pas plus mal, c’est l’histoire de l’humanité. Cela n’empêche, je me suis senti un peu coupable.  Juste un peu. Suffisamment pour couler le navire et vous voir fondre dans le Styx. J’ai eu des spasmes. Des petites morts. Et la carabine crachant sa poudre a laissée sur les murs qui me séparent de la folie, des traces blanchâtres de mon irrépressible envie de vous. 

 

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Les femmes raffolent des imposteurs parce qu’ils savent embellir la réalité.
Charles Bukowski, Journal d’un vieux dégueulasse, 1967
La beauté n’existe pas, la beauté ne dure pas.
Charles Bukowski, Conte de la folie ordinaire, 1972

 

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