Lettre à un ami qui rêve


Faîtes que vos rêves dévorent votre nuit, afin que votre nuit ne dévore vos rêves.

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Cher ami,

Faîtes que vos rêves dévorent votre nuit, afin que votre nuit ne dévore vos rêves.

Ce soir, c’est un peu comme toutes les nuits. Une insomnie qui s’étire dans un bâillement barbare, et les aiguilles qui s’entrechoquent, tours et rondes, sur une horloge détraquée. Le combat du temps. La mesure guerrière de l’existence. Et je ne suis qu’un simple contemplatif. Tous les coups sont permis, ils s’entendent à minuit. Je me mets au diapason, de l’ombre, des coups qui résonnent.

Et quand il n’y aura plus assez d’espace pour contenir ce silence, quand le sablier en aura fini avec le temps, l’aube viendra vider les cadavres, les aiguilles s’éviteront, et l’horloge essaiera autant qu’elle pourra de se mettre à l’heure. L’heure ne sera pas juste. Le temps sera factice. Comme dans une imposture, tout donnera l’impression d’être à sa place et d’aller pour le mieux. Personne ne saura. C’est sans nul doute préférable ainsi.

 

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Ce soir, c’est presque comme toutes les nuits. Un regard en apesanteur flottant dans le noir, des ombres modelées projetées par mon imaginaire, qui prennent vie et qui restent là, attendant que mes peurs les alimentent.

Je ne suis pas terrifié, je suis en paix.

J’ouvre les portes, mon esprit les libère, et les ombres sont prêtes à dévorer ce qu’il reste encore de moi.

Je suis en paix.

Comme un mort. C’est sans nul doute bien ainsi.

 

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Ce soir, c’est une autre nuit. Le même scénario, le même acteur, la même intrigue, et la même fin. Les ombres dévorent. Quelques effets pas très spéciaux pour renouveler et augmenter en intensité la monotonie, puisés dans le vaste catalogue des meilleurs cauchemars.

Énième épisode d’une longue série aux quatre saisons, estivale, automnale, hivernale, printanière, et l’audimat est fidèle, les ombres ont toujours la côte.

J’ai regardé par la fenêtre, la lune est si resplendissante, si proche, que je la mettrais entre mes mains, pour l’étouffer doucement.

Je crois qu’elle me fait un signe de croix, comme un doigt d’honneur.

Et je soupire.

Les ombres se rapprochent. C’est sans nul doute nécessaire ainsi.

Ce soir, c’est ma nuit. Faîte à la suite des autres. Les aiguilles croisent le fer, sur une horloge qui a perdu le temps. J’ai tué le temps. Et il a eu finalement ma peau.

Et les ombres rongent ce qu’il reste encore de moi. C’est sans doute mieux ainsi.

 

Alors?

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