Je ne vous dirai pas..

11 septembre 2005

Je ne vous dirai pas ce que j’en pense
Je ne vous dirai pas que vous méritez la potence
J’essaierai de me taire de faire comme si
De regarder ailleurs de vider mon esprit
Tel est le dessein du poète proscrit
Je ferai semblant de n’avoir pas entendu
Les cris et lamentations du darfour
Les supplications et les litanies s’échappant de ce four
Je nierai tout ce que j’ai vu
Du sang des larmes et de la sueur
Je n’ajouterai pas mon commentaire
A ceux des milliers de commentateurs
Qui couvrent chaque minute de notre enfer
Non je ne vous dirai pas ce que je crois
Que vous êtes des hommes sans foi ni loi
Qu’à cause de vous les glaciers de nos pôles
Finiront par disparaître pour toujours
Faisant de nos superbes mégapoles de tristes nécropoles
Je ne joindrai pas ma voix aux déclarations de désamour
De mes camarades de greenpeace de wwf
Contre la pollution et la disparition de nos forets
Je laisserai l’amazonie devenir le sahara de ce siècle
J’irai aussi à la pêche aux idiots avec mon ableret
Près de la mer rouge qui n’a jamais si bien porter son nom
Avec un cigare cubain je ferai des cercles
Juste pour le plaisir sous un soleil de plomb
A l’ombre de toute insouciance
J’irai visiter les musées du monde
Admirant les maîtres de la renaissance
M’arrêter un instant aux musées de l’immonde
De l’holocauste et du quai branly
Celui que l’on nomma musée des arts premiers comprenez primitifs
J’irai à gorée, à soweto et à kigali
Regarder le passé en face avant qu’ils ne l’effacent
Comme ils l’ont fait dans les livres d’histoire
Emportant ainsi un pan de la mémoire
De cette humanité qui cherche encore sa place
Sur une terre qui ne la supporte plus
Je ne vous dirai pas ce que j’ai découvert à auschwitz
En écosse en palestine et en armenie
Des héros des rebelles des combattants qui ont vécu
Pour que leur terre soit à jamais libérée
Vous ne comprendrez pas que la liberté
Pour laquelle on se bat depuis la nuit des temps
Cette liberté au nom de laquelle on a fait couler tant de sang
De la bastille au vietnam en passant par cette tchechenie dévastée
Est l’ultime but auquel tous aspirent
Avoir le choix simplement de choisir
D’aller vers le bien ou le pire
Pouvoir penser et dire
Sans craindre de mourir
Ou de finir en sibérie
Au fin fond d’une blanche russie
Je ne vous dirai pas que je suis perdu
Qu’il m’arrive de me noyer dans les tourments
D’une vie qui pourrait s’achever à tout instant
Je ne vous dirai pas que je crois en jésus
A allah à bouhda et à tous les saints
Que je les aime autant que j’estime mes parents
Mon père ma mère qui m’a donné son sein
J’éviterai donc de vous dire toutes ces choses
Qu’à bagdad à chaque heure une bombe explose
Autant qu’une tête de condamné dans le pays du dragon chinois
Je l’assume pleinement c’est mon choix..

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