Couillard le libéral et le salaire minimum à 15$


En quoi la hausse du minimum salarial est une hérésie pour Couillard ? D’où vient et comment se structure ce « non » ?

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Propos liminaire

Dans le débat sur le salaire minimum à 15$ de l’heure, le premier ministre Philippe Couillard s’est prononcé contre l’initiative. Il a laissé entendre qu’il existait d’autres solutions pour endiguer la pauvreté chez le travailleur québécois. La question que l’on se pose ici est : pourquoi ce « non » ?

En l’absence de justificatifs concrets de la part de Philippe Couillard, en dehors des arguments économiques supposés, cette analyse souhaite disséquer et expliquer le rationnel qui sous-tend un tel positionnement. L’approche est celle de l’idéologie politique. Le libéralisme. Ou plus précisément du néolibéralisme.

Il ne s’agit pas d’une thèse sur le libéralisme. Plutôt d’un examen de l’agir politique de Couillard qui inclut des éléments idéologiques prépondérants. Celui-ci les fait ressortir, les met en perspective, les présente dans un ensemble aussi cohérent que l’est finalement l’action du premier ministre. Puisque Couillard l’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux est invariablement sur le plan idéologique au diapason avec Couillard le chef de gouvernement. L’intérêt de cette réflexion étant d’éclairer le lecteur sur les fondements réels de la décision politique.

Pour ce faire, ce billet présente les caractéristiques principales du libéralisme, ressort les courants qui influencent Couillard et qui se manifestent dans les orientations du gouvernement. C’est un exercice de contextualisation, d’explication. De demonstration que ce « non » chez Couillard en dehors des autres raisons évoquées découle quasi « naturellement » de la doxa, (néo)libérale.  

 

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Mise en contexte

La question d’une hausse du salaire minimum de 10.75$ à 15$ de l’heure est devenue un enjeu socio-politique et économique, majeur.

Comme le confirme les récentes actualités, le débat divise, morcelle,  balkanise, aussi bien les responsables politiques, les commentateurs médiatiques, les leaders de la société civile[1] que l’opinion publique.

Manifestation à Montréal pour le salaire minimum à 15 $

Plus d’un millier de personnes ont marché dans les rues de Montréal samedi matin, sous un soleil radieux, pour réclamer une hausse du salaire minimum de 15 $ l’heure, actuellement à 10,75 $ l’heure au Québec.

 

Pourquoi je suis contre le salaire minimum à 15$

Hausser le salaire minimum est l’équivalent de mettre un pansement sur une plaie nécessitant des points de suture. Ça soulage le mal temporairement, mais ça ne règle pas le problème.

 

Le salaire minimum à 15 $, « une bombe atomique », selon Pierre Fortin

Une hausse immédiate du salaire minimum à 15 $ l’heure pourrait entraîner la perte de 100 000 emplois au Québec, selon l’économiste Pierre Fortin, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

 

Philippe Couillard a dû d’ailleurs se prononcer en refusant non seulement de « s’engager » dans une valorisation du salaire minimum mais aussi en écartant l’éventualité de « consultations publiques »[2].

Le Premier ministre québécois estime qu’une telle proposition n’est pas la « seule pour lutter contre la pauvreté » du travailleur, et il opte plutôt pour l’exploration d’autres solutions ainsi que pour des études « internes »[3] menées par le gouvernement provincial.  

Au-delà de la prise de position officielle et des arguments avancés souvent et principalement d’ordre économiques, il est important de comprendre le rationnel qui sous-tend son opposition à un salaire minimum à 15$.

Celle-ci résulte d’un rationnel idéologique précis, le (néo) libéralisme.

Dès lors, la question se pose : en quoi la hausse du minimum salarial est une hérésie pour Couillard ? D’où vient et comment se structure ce « non » ?

 

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Couillard le libéral

Philippe Couillard est un libéral. Il est le chef du Parti Libéral du Québec[4], depuis mars 2013.

De son parcours politique, en tant que ministre de la Santé et des Services sociaux (avril 2003 – juin 2008) dans le Gouvernement Charest, on retient « l’ère des grandes reformes structurelles » marquée par la naissance des Centres de santé et de services sociaux (CSSS).

Subséquente à la « réorganisation du réseau de santé » dont l’un des principaux résultats a débouché dans le secteur de la santé sur une diminution de 43% des établissements publics et la réduction de 39% des postes de direction.

 

Revoir le financement de l’hôpital sur le modèle du Fundholding: vers une privatisation insidieuse des services de santé publique

En outre, c’est sous son mandat qu’une tentative de révision du mode de financement des hôpitaux est pensée, issue d’une recommandation majeure du rapport Castonguay – s’inspirant lui d’un document datant de 1995 émanant de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), qui lui est calqué sur le système Fundholding britannique[5] (adaptation européenne du Managed Care américain[6]) instauré par les Conservateurs anglais, supprimé par la suite par les Travaillistes.

Il s’agissait d’un changement paradigmatique radical, puisque le patient devenait « la source de revenus des hôpitaux »[7].

En clair, les hôpitaux s’ouvraient aux principes de la loi du marché basée sur l’offre et de la demande. Cette transmutation financière du secteur hospitalier servant à répondre aux problèmes récurrents des listes d’attente et d’engorgement.

En février 2016, le nouveau ministre de la Santé du Premier ministre Philippe Couillard, Gaétan Barrette, remet au goût du jour cette initiative[8] avec les mêmes objectifs d’efficacité du service et d’économie de coûts.

Une ambition soutenue cette fois-ci par la recherche présentée par l’Institut économique de Montréal (IEDM)[9] –  qui ne diffère pas dans l’esprit de celle de 1995. C’est-à-dire la « création des marchés de soins », la fin du « monopole ministériel », et donc l’abrogation du système d’un financement global actuel.

Si le consensus émerge quant à la nécessité et l’urgence d’une réforme du réseau hospitalier en général, les divergences et les critiques s’articulent autour des moyens choisis et de la finalité réelle.

Déjà en 2008, Louise-Maude Rioux Soucy dans son analyse du Plan Couillard sur le financement des hôpitaux mentionnait que non seulement « Le paiement en fonction des résultats tire aussi le nombre d’actes médicaux à la hausse » mais également « que l’implantation de ce mécanisme-là s’est traduite par une augmentation du taux de mortalité en Grande-Bretagne. Oui, les délais d’attente ont été raccourcis, mais cela s’est fait au prix de la santé globale des populations » sans parler du fait « que les marchés internes aggravent les iniquités sur le plan de la répartition des ressources à travers le territoire ».

On retrouve les mêmes réserves dans l’observation de Neelam K. Sekhri publiée dans le bulletin d’information de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)[10].

L’exemple de la réforme du financement des hôpitaux témoigne entre autres choses de la prépondérance de l’idéologie libérale dans la réflexion et l’action de Philippe Couillard.

 

Les problèmes sont pris, traités, résolus, selon ce canevas idéologique, véritable ligne directrice.

La diminution de l’interventionnisme étatique, la rationalisation des moyens, la place importante de « la main invisible »[11], la réduction des coûts, l’équilibre budgétaire, l’atteinte et le maintien du déficit zéro.

Toutes les politiques sont envisagées sous ce prisme. L’austérité, l’exploitation des ressources naturelles, le soutien aux entreprises, les initiatives sociales. L’aide sociale. Y compris la question du salaire minimum.

Philippe Couillard est donc un libéral.

Et qu’est-ce que c’est qu’être libéral ? Dans les discussions quotidiennes, chacun a plus ou moins une idée précise de ce qu’est un libéral. L’identité libérale dans l’opinion publique renvoie ainsi à une pluralité de connotations, mais qu’en est-il réellement ? Au fond, c’est quoi un libéral, le libéralisme ?

 

En quoi consiste cette doctrine philosophique, politique, économique, sociale ? Comment s’est-elle manifestée au Québec ? Comment a-t-elle évolué ? Et où se situe la pensée du Premier ministre ?

 

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Le libéralisme dans tous ses états

Définir le libéralisme n’est pas une sinécure.

Comme le souligne Bertrand Binoche[12] la question est « aussi facile à formuler que difficile à résoudre » puisqu’il s’agit de tenter d’apporter de la clarté dans un flou conceptuel, polysémique, contradictoire[13]

Néanmoins, partant d’une définition nominale classique, il est admis que le libéralisme est essentiellement « la doctrine politique pour laquelle le fait fondamental réside dans les droits naturels de l’homme »[14].

Les droits naturels sont à la fois inhérents à la dignité humaine et inaliénables ; dignité qui se manifeste, surtout, dans la reconnaissance et le respect de la liberté individuelle.

Emmanuel Kant dans sa Métaphysique des Mœurs l’explique:  « la liberté est l’unique droit originel revenant à chaque homme en vertu de son humanité « , « la limitation de la liberté de chacun à la condition de son accord avec la liberté de tous, en tant que celle-ci est possible selon une loi universelle » (Métaphysique des Mœurs, Doctrine du droit (1797), trad. A. PHILONENKO, Paris, J. VRIN, 1993, p. 107) 

[Le] « droit naturel » relève de l’individu et la « justice positive » de la collectivité […]

Alain Boureau, « Droit naturel et abstraction judiciaire . Hypothèses sur la nature du droit médiéval», Annales. Histoire, Sciences Sociales 6/2002 (57e année) , p. 1463-1488

 

Être libéral, c’est croire que tout citoyen est un sujet libre et que toute entrave ou limitation à la jouissance de cet état ne saurait être tolérable (à moins que comme l’a soulignée la Cour suprême dans R. c. Oakes en 1986 cette entrave, limitation, restriction, négation ne soit justifiée et raisonnable dans une société libre et démocratique).

En ce sens, André Liebich fait remarquer que le libéralisme c’est vouloir « se libérer des contraintes imposées »[15], de telle sorte que seul « l’individu représente la seule unité d’analyse possible et la principale unité de valeur »[16].

 

Toute action libérale se conçoit donc dans un cadre où la personne est l’autonomie de la volonté – la relation contractuelle vue comme la rencontre de ces autonomies, la liberté de conscience, la faculté et la capacité de décider, en se basant sur sa propre raison et son propre jugement.

C’est suivant ce leitmotiv que le libéralisme s’est construit au fil des siècles au point de devenir « le berceau de la pensée politique moderne »[17].

Une construction effectuée en opposition à l’absolutisme (tolérance et libertés politiques[18] – traduites par « l’invention des constitutions », les libertés civiles[19] et la démocratie libérale[20]), en circonscrivant l’intervention de l’État[21] dans ses fonctions régaliennes (sécurité, justice)[22], en prônant le libre-échange et la prépondérance de la logique du marché[23], et en promouvant la discipline budgétaire[24].

De ce fait, il n’est guère surprenant que la doxa libérale ait appuyée l’émancipation des peuples (colonisés), les droits des minorités (culturelles, sexuelles, sociales), la séparation de l’Église et de l’État, l’égalité entre les personnes, la neutralité des institutions étatiques, la mondialisation, le capitalisme. Bref la société moderne et contemporaine telle qu’elle est aujourd’hui[25].

 

Entre « l’hédonisme politique », « le subjectivisme à outrance » et le « laisser-faire » libertaire[26], les critiques de la pensée libérale sont légions et viennent souvent de l’intérieur.

Que ce soit l’opposition de John Maynard Keynes à la rigidité du dogme libéral et à ses conséquences sur la justice sociale – quelques fois -considérées comme des « incidents inévitables dans la marche du progrès »[27].

Ou de celle de Joseph E. Stiglitz qui affirme que les « marchés libres de toute restriction […] ne produisent pas suffisamment de revenus [et que les] individus et entreprises dans leur quête de leur propre intérêt ne sont pas nécessairement […] guidés par une main invisible, vers l’efficacité économique »[28].

Sans parler de la crise financière, puis économique, de 2008 – résultant principalement de la déréglementation (incontrôlée) de la finance dont les dysfonctionnements ont permis la constitution de la bulle[29] des subprimes[30]

En novembre 1999, [Bill Clinton] a abrogé la loi Glass-Steagall, qui séparait depuis 1933 les fonctions de banque commerciale et de banque d’affaires afin de décourager la spéculation avec l’argent des petits déposants. Certains, à l’instar du républicain John McCain, proposent aujourd’hui de revenir sur cette abrogation. Pas la candidate démocrate [Hillary Clinton] : « Il n’y aura pas de retour à la loi Glass-Steagall », a tranché son conseiller économique Alan Blinder, interrogé par Reuters le 13 juillet 2015.

 

Glass-Steagall Act est le nom sous lequel est généralement connu le « Banking Act de 1933 » aux États-Unis par lequel sont instaurés : l’incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d’investissement ; le système fédéral d’assurance des dépôts bancaires ; le plafonnement des taux d’intérêt sur les dépôts bancaires (Règlementation Q).

Pour Joseph Stiglitz [Prix Nobel de l’économie en 2001], l’abrogation de cette loi à été une des causes de la fragilisation du système bancaire américain, et a changé la culture de prudence des banques de dépôt vers la culture du risque des banques d’affaires […]. 

Pour Serge Halimi, directeur du mensuel Le Monde diplomatique, [l’abrogation de la séparation entre banque de dépôt et banque d’investissement] a responsabilité directe de  dans le déclenchement de la crise des subprimes en 2007.

En juillet 2012, l’ex-patron de Citigroup, Sandy Weill, se prononce également en faveur d’une séparation entre les banques d’investissement et les banques de dépôts aux États-Unis. Cette déclaration est d’autant plus remarquée que Sandy Weill avait été, sous la présidence de Bill Clinton, un des éléments les plus actifs prônant l’abrogation des dernières barrières de la loi Glass-Steagall.

 

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Le libéralisme au Canada

Au Canada, la pensée libérale, reprenant les composantes du libéralisme classique, fût introduite par les Loyalistes et matérialisée par l’Acte constitutionnel de 1791 (le gouvernement représentatif et responsable, les libertés individuelles, le libre-échange, l’économie de marché[31] ).

Jusque dans les années 1960, c’est ce libéralisme qui a prévalu, oscillant entre le conservatisme (John Alexander McDonald) et le centrisme (Wilfried Laurier, Alexander McKenzie).

Avec l’arrivée au pouvoir de Lester B.  Pearson, le libéralisme canadien procède à une mutation. Il se veut progressiste : la mise en place des politiques permettant la création d’un État-providence[32] (l’accès universel aux soins de santé, le plan d’assurance retraite canadien, les prêts aux étudiants et un plan d’assistance canadienne contribuant aux programmes sociaux des provinces).

Un progressisme que ses successeurs libéraux (Pierre-Elliott Trudeau, Jean Chrétien) au poste de premier ministre du Canada poursuivent: la constitutionnalité des droits de la personne, le mariage homosexuel – « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation », la recherche de l’équilibre entre les impératifs sociaux[33], la politique redistributive et la logique du marché se trouve dans l’élaboration d’une économie dite mixte[34]

Sur les liens entre la rdistribution des richesses, la croissance économique et la pauvreté, lire  : 

Attanasio Orazio et Binelli Chiara, « Inégalités, croissance et politiques redistributives », Afrique contemporaine 3/2004 (n° 211) , p. 107-139 

 

Progressisme en opposition avec le libéralisme conservateur canadien des années 2000, davantage Blue Tory[35].

Contrairement au Red Tory (économiquement progressiste avec l’appui à l’État providence, d’un type modéré), le Blue Tory est favorable à un conservatisme social : défense des traditions, primauté de la loi et de l’ordre, respect de l’autorité, l’identité nationale, valeurs religieuses, la sécurité, et de l’économie sociale de marché – estimant que le capitalisme de marché est naturellement social (Margaret Thatcher, The Path to power, Harper Collins, 1995, p. 251-252).

 

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Le libéralisme au Québec

En tant qu’idéologie, le libéralisme au Québec comme partout ailleurs n’est pas le propre d’un parti.

Il se retrouve décliné, dosé et adapté dans les partis politiques de la Belle province (Parti libéral du Québec, Parti québécois, Coalition Avenir Québec, et même dans Québec solidaire[36]).

 

Le cas de la CAQ

À ce titre, un certain libéralisme conservateur[37] domine dans la Coalition Avenir Québec (CAQ) tel que l’illustre non seulement l’appui répété de son chef, François Legault, au Parti Conservateur du Canada (PCC) lors des élections successives de 2006 et de 2008.

Mais aussi les principales lignes directrices de son projet politique (reprenant le credo libéral classique de l’Action démocratique du Québec – ADQ – dont elle a intégré l’ensemble des membres) :  réduction de la taille de l’État (opposition à la bureaucratie, la sous-traitance des services publics par des acteurs privés), plus grande affirmation des libertés individuelles, le conservatisme fiscal[38], l’opposition au syndicalisme, l’équilibre budgétaire.

Bien qu’elle se défende d’être inspiré par le PCC[39], la CAQ en voulant « mettre fin aux sentences bonbons »[40] (« la justice québécoise faisant preuve de complaisance envers les criminels »), « resserrer » les obligations des immigrants (un plus grand contrôle et une question de « défense de notre nation »), se trouve être un sous-produit provincial du libéralisme conservateur (tendance Blue Tory).

 

Le cas du PQ

Quant au Parti Québécois (PQ), si dès sa création en 1968 il se déclare du social-libéralisme[41], ses réalisations reflètent cette identité idéologique :

Lois anti-briseurs de grève, sur l’équité salariale, sur l’équilibre budgétaire, sur la non-discrimination des homosexuels, sur l’assurance automobile, sur la discrimination des femmes enceintes, la création du régime public d’assurance médicament,  de la Commission des normes du travail, de la Santé et de la sécurité du travail, du fond de solidarité FTQ).

 

À partir des années 1990 et jusqu’à l’aune des années 2000, le libéralisme à la mode péquiste connaît quelques atermoiements (passant du centre-gauche au centre-droit sous Lucien Bouchard[42], 1996-2001, et le retour au centre-gauche avec Bernard Landry).

Le Centre-gauche, c’est quoi? 

Position politique qui met de l’avant le développement ou le maintien d’un État interventionniste ou d’un État providence fort. Critiques à l’endroit des «abus» de l’économie de marché ou du capitalisme, ses tenants proposent des réformes.

Cette position est souvent incarnée par des partis politiques travaillistes (Royaume-Uni, Australie) ou sociaux-démocrates (Allemagne). Certains partis socialistes ont été de centre gauche.

Contrairement aux partisans d’une gauche communiste, les formations de centre gauche ne souhaitent pas de révolution ou un changement radical; ils tentent, au contraire, de combiner l’économie de marché et l’économie planifiée. Ils sont enclins à réduire modérément les libertés commerciales, professionnelles et économiques des individus pour favoriser une redistribution un peu plus égalitaire de la richesse.

Généralement, les politiques de centre gauche conduisent au développement de programmes sociaux (assurance-santé, assurance-emploi, instruction gratuite), d’entreprises publiques (électricité, transport en commun) et de mécanismes pour encadrer le marché de l’entreprise privée (régie, commission, etc.). Les tenants de cette position politique favorisent un niveau de dépenses publiques élevé.

 

Pis, le Centre-droit ? 

Position politique qui défend l’économie de marché, la propriété privée et des valeurs axées sur les libertés individuelles. Cette position est habituellement incarnée par des partis conservateurs ou chrétiens-démocrates.

Les tenants de cette position ne nient pas le rôle régulateur de l’État et les avantages d’une planification économique minimale; ils estiment cependant que cette fonction doit demeurer limitée. Ils proposent souvent la réduction des dépenses publiques, une dérèglementation, le désengagement de l’État dans certains domaines et la privatisation d’entreprises publiques dans la mesure où des entreprises privées pourraient prendre le relais.

Ils favorisent aussi des réductions d’impôts pour les particuliers et les entreprises, convaincus que la recherche du profit est positive et qu’elle constitue un incitatif à l’investissement, à l’innovation et à la recherche de nouveaux marchés.

 

Le revirement idéologique majeur intervient avec le schisme provoqué en 2004 par la naissance des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ libre) de Pierre Dubuc. Réunis autour de Pauline Marois, ils s’opposent à André Boisclair considéré comme un « néolibéral »[43] (« il faut soulager le capital »[44] et faire du Québec « l’endroit au monde où le capital est le mieux accueilli possible »[45]).

En mars 1998, dans son article L’essence du néolibéralisme, Pierre Bourdieu définit le néolibéralisme comme une « pure fiction mathématique », une « « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée », pseudo « programme scientifique de connaissance » (lire à cet effet L’économie « pure », nouvelle sorcellerie de Samir Amin – août 1997), « converti en programme politique d’action », visant la réalisation d' »un programme de destruction méthodique des collectifs ».

Soit « le règne absolu de la flexibilité, avec

  • les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition, et, au sein même de l’entreprise,
  • la concurrence entre filiales autonomes, entre équipes contraintes à la polyvalence et, enfin, entre individus, à travers l’ individualisation de la relation salariale : fixation d’objectifs individuels ; entretiens individuels d’évaluation ; évaluation permanente ; hausses individualisées des salaires ou octroi de primes en fonction de la compétence et du mérite individuels ; carrières individualisées ; stratégies de « responsabilisation » tendant à assurer l’auto-exploitation de certains cadres qui, simples salariés sous forte dépendance hiérarchique, sont en même temps tenus pour responsables de leurs ventes, de leurs produits, de leur succursale, de leur magasin, etc., à la façon d’« indépendants » ; exigence de l’« autocontrôle » qui étend l’« implication » des salariés, selon les techniques du « management participatif », bien au-delà des emplois de cadres. Autant de techniques d’assujettissement rationnel qui, tout en imposant le surinvestissement dans le travail, et pas seulement dans les postes de responsabilité, et le travail dans l’urgence, concourent à affaiblir ou à abolir les repères et les solidarités collectives. »

« L’institution pratique d’un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui trouve les ressorts de l’adhésion à la tâche et à l’entreprise dans l’insécurité, la souffrance et le stress, ne pourrait sans doute pas réussir aussi complètement si elle ne trouvait la complicité des dispositions précarisées que produit l’insécurité et l’existence, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, parmi les cadres notamment, d’une armée de réserve de main-d’oeuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. » Lire la suite ici.

 

André Boisclair, néolibéral?  

Peut-être il serait plus approprié de parler de « blairisme »[46] qui consiste à vouloir un « centre radical » [tracant]  une « troisième voie » entre d’une part la « vielle gauche », soit la social-démocratie classique, étatiste et redistributive, et le « fondamentalisme du marché », soit le libéralisme économique, dérégulateur et inégalitariste. Un troisième voie donc qui critique la défense d’un État-providence en perte d’efficacité […] face aux mutations que constituent la mondialisation, le « nouvel individualisme », l’essor de la société civile, l’insécurité et la crise écologique.  C’est une approche qui se veut pragmatique. 

Les défaites électorales du PQ (2007 et 2014) mais aussi l’échec référendaire de 1995 attribué à l’argent et au vote ethnique,  ont vu une accélération de la montée du conservatisme social[47] (que l’on retrouve par ailleurs chez les libéraux conservateurs) qui tend – face à l’essoufflement de l’adhésion populaire au projet indépendantiste – à constituer le marqueur idéologique dominant.

Le conservatisme social est une idéologie politique qui combine et défend des préoccupations conservatrices, en particulier pour les traditions établies, le respect pour l’autorité, l’ordre, la sécurité, l’identité nationale et parfois les valeurs religieuses, avec des idées sociales sur le plan économique.

 

De Matthieu Bock-Côté à Jean-François Lisée en passant par Pierre-Karl Péladeau, le PQ idéologiquement semble avoir, dans l’état actuel des choses, « passer l’arme à droite »[48].

A tel point que François Pétry et Lisa Birch considèrent que le Parti libéral du Québec est « plus à gauche que le PQ »[49].  Hormis la polarisation sur la question indépendantiste, ils constatent que :

La différence est tellement mince qu’on pourrait aussi dire que les idées des deux partis dominants ne se distinguent pratiquement pas sur le spectre gauche-droite.

 

En fin de compte, la question de savoir si le PQ est de gauche ou de droite oblige à constater qu’il est libéral, avec des variantes. 

 

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Le cas du PLQ

Le Parti libéral du Québec (PLQ), lui, depuis le Parti patriote (ancien Parti canadien), est indiscutablement libéral dans le sens classique du terme : en faveur de toute politique qui n’exerce pas une contrainte, excessive, sur le caractère libre des individus.

Elle est là la grande différence avec le libéralisme dupléssiste de l’Union nationale.

De son anticléricalisme à la défense des droits des Canadiens français en passant par la Révolution tranquille, le PLQ jusqu’à la défaite de 1994, globalement, a maintenu le curseur idéologique sur un libéralisme semblable à celui de son homologue fédéral.

Un libéralisme progressiste (Adélard Godbout, Jean Lesage, Robert Bourassa): assurance-maladie, allocations familiales, gratuité de l’école primaire et secondaire, instruction obligatoire, droit de vote des femmes, aide juridique, Chartre québécoise des droits et libertés de la personne.

Philippe Couillard en juin 2013 fait son éloge :

C’est le grand parti progressiste de notre histoire, celui qui a su nous donner les moyens de la solidarité et du partage.

Ce Couillard progressiste, nouveau Chef du PLQ , est candidat au poste de premier ministre.

Son discours sur « l’ouverture au monde, l’esprit de réforme, la solidarité rendue possible par le développement économique » est une tentative de rupture avec le libéralisme conservateur des années Charest (2003-2012).

Ces années Charest voit le PLQ s’aligner sur le libéralisme tendance Red Tory (ce qui n’est pas étonnant au vu de l’appartenance de Jean Charest au Parti progressiste-conservateur dont il a été le chef).

C’est la politique des coupes budgétaires, des reformes de l’éducation (hausse des droits de scolarité) et de l’appareil étatique (la « réingénierie »[50]) et de la remise en cause du modèle québécois[51][52] construit en grande partie par ses prédécesseurs welfairistes.

Le Welfare State considère que l’État doit pouvoir jouer un rôle social important (interventionniste) de telle sorte qu’il s’assure du bien-être des individus du « berceau jusqu’à la tombe » – Janine Brémond et Alain Gélédan, Dictionnaires des Théories et Mécanismes économiques, Hatier, coll. Brémond, Paris, 1995, note 1, p. 175 – C’est l’instauration des allocations familiales, des congés payés pour les travailleurs, de l’assurance retraite, de l’assurance chômage, des congés maladie, des services de santé publique, de l’éducation gratuite, entre autres choses.

 

Ce pivotement idéologique coïncide avec le contexte économique mondial (2003-2007) qui est marqué par une résurgence du libéralisme d’obédience friedmanienne[53]. C’est antérieur à la crise de 2008 et durant la récession américaine du début des années 2000.

Jean Charest est battu par Pauline Marois en 2012. Le PLQ, dans l’opposition, mène une réflexion qui laisse penser durant l’été 2013 que « le libéralisme radical »[54] de l’ère Charest est révolu, et que « la nécessité de revenir aux sources de l’idée libérale » est désormais le pilier idéologique du Parti. Ce qui fait sourciller Bernard Descôteaux[55] : « Parti libéral – A gauche toute ? ».

En pleine campagne électorale, le nouveau chef du PLQ, Philippe Couillard renforce cette perception en déclarant : « On a le cœur à gauche et le portefeuille à droite. »[56].

Au lendemain de la victoire libérale, mettant fin à la parenthèse péquiste, en 2014, le nouveau Premier ministre entame une cure d’austérité (dicté par le niveau d’endettement public de près de 60 milliards de dollars[57] –  hérité de son prédécesseur libéral).

Cette dette – malgré le déficit zéro –  essentiellement des dépenses en immobilisations, contractée pour « stimuler l’économie » en pleine crise économique mondiale (2008). Et comme le fait remarquer Gilbert Lavoie :

Il faut préciser ici que les économistes parlent de « bonne dette » lorsqu’il est question des dépenses en immobilisations. Comme pour l’achat d’une maison sur hypothèque, le gouvernement dispose d’un actif quand il construit une école ou qu’il refait ou qu’il construit une route. C’est la raison pour laquelle on envoie ces dépenses à la dette, avec un délai de quelques décennies pour le remboursement, comme dans le cas d’une hypothèque.

 

« Bonne dette » pour Jean Charest, le friedmanien. Idem pour Pauline Marois, la social-libérale qui durant son éphémère passage à la tête du gouvernement provincial poursuit sur cette lancée. Encouragée par la fragile et lente reprise de l’économie mondiale[58], et le poids de l’incertitude[59].

 

En juin 2014, Philippe Couillard est catégorique : « La discipline budgétaire est la seule voie pour le Québec »[60]. Parce que la dette de la province est « la plus lourde du pays ».

Le « régime de minceur » est décidé. Quasiment au même moment, en novembre 2014, un audit interne du FMI (organisation inconditionnelle des solutions prônées par le Consensus de Washington face à la dette étatique) en arrive au constat que les mesures d’austérité sont « loin d’être efficaces »[61], « relativement inaptes à doper la demande ». Même son de cloche de la part de la Banque d’Angleterre[62].

 

Qu’est-ce que le consensus de Washington ?

Pour atteindre la prospérité, il faut une faible intervention étatique, une limitation des contrôles, un équilibre du budget étatique et la privatisation des entreprises publiques.

Ce consensus a été nommé au nom de la ville de « Washington » puisqu’il est préconisé par : la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le Trésor public des États-Unis.

 

 

Pour le Premier ministre québécois, le régime de minceur a fonctionné : équilibre budgétaire atteint (déficit zéro), surplus budgétaire enregistré de 3.3 milliards de dollars.

Parallèlement, on note une augmentation de la dette publique entre 5.3 milliards de dollars[63] et 7.1 milliards (soit 19 millions de dollars par jour)[64] – excluant la part de la dette fédérale, et hausse de la dette à la consommation des québécois de 3.6% (excluant les prêts hypothécaires)[65].

 « Cela montre que déficit zéro n’égale pas endettement zéro », souligne Youri Chassin, directeur de la recherche à l’Institut Economique De Montréal.

 

Le Québec est dans l’abondance. Le Québec est travailleur[66] et le Québec est pauvre.

En paraphrasant John Maynard Keynes, le Québec vit « La pauvreté dans l’abondance »[67].

Un contre-exemple apparent de la réflexion de Montesquieu dans L’Esprit des lois : « Un homme n’est pas pauvre parce qu’il n’a rien, mais parce qu’il ne travaille pas ».

Taux de chômage le plus bas au Québec depuis 2008

Le Québec est bon dernier au Canada

Lundi, les données de l’ISQ [Institut de la Statistique du Québec] pointant vers une croissance quasi nulle du pouvoir d’achat des Québécois en 2014 ne l’ont pas rassuré. « Ce que ça me dit, c’est qu’il n’y a pas eu d’amélioration et qu’on garde les acquis de peine et de misère. […] »

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Couillard et le salaire minimum à 15$ : une hérésie idéologique

C’est dans ce contexte qu’émerge le débat sur le revenu minimum à 15$.

Et l’attitude, ouverte, puis réservée, finalement en opposition, de Couillard n’est pas étonnante.

 

Couillard l’ancien ministre de la Santé est cohérent avec Couillard le Premier ministre. Le dogme comme fil d’Ariane.

 

Que ce soit sur la réforme du réseau de santé, du bien-être social, l’éducation, le soutien à Bombardier (de près d’un milliard de dollars américains), le chèque de 800 millions de dollars signé et offert aux médecins[68].  Ou bien de la réevaluation des actions de discipline budgétaire sur  les québécois les plus vulnérables (le constat comme un cri d’alarme de la Protectrice du citoyen sur le « prix de l’austérité »).

Le sens que donne le chef du PLQ au libéralisme, son appropriation de la doctrine, est la seule grille d’analyse, de lecture et de réponse. Invariablement[69].

Que l’État envisage de rehausser le salaire minimum – comme le rappelle l’homme d’affaire Alexandre Taillefer un travail payé au salaire minimum actuel (10.75$) pour une personne travaillant 40 heures par semaine, cela fait 21 500$ par an, ce qui la place sous le seuil de la pauvreté (23 800$) – est une entorse à sa pensée (néo)libérale.

Parce qu’une telle mesure est contraire à « la gouvernementalité moderne et contemporaine » dont la fonction essentielle est la promotion « des processus naturels » de l’économie (Michel Foucault, Sécurité, territoire, population, Cours au Collège de France (1977-1978), Gallimard, Paris, 2004, p. 356). Autrement dit, l’autorégulation du marché et le jeu de la concurrence.

Pour le premier ministre, seul prévaut « le principe du moindre gouvernement » (Michel Foucault, Dits et Écrits, Tome II, Gallimard, coll. Quarto, Paris, 2001, n°274, pp. 818-825).  Le « Non » à la valorisation du salaire minimum s’inscrit dans cette logique.

Il n’est pas du rôle de l’État de s’immiscer dans la liberté contractuelle et la relation économique entre le travailleur et son employeur. Le revenu minimum salarial ne pouvant pas déroger aux règles du marché. Friedrich A. von Hayek appliqué à la lettre.

 

Pour Friedrich A. von Hayek, un encadrement étatique du revenu salarial « dérègle l’ordre du marché » en créant une impossibilité d’ajustement des prix selon l’existence de l’offre. Dans cette perspective, la mesure est inefficace pouvant engendrer « misère et crises profondes » – Droit, législation et liberté, Presses Universitaires de France, coll. Quadrige, 2e édition, Paris, 2013, 960 pages

Selon Gilles Dostaler, Hayek le conservateur ne rejette pas l’idée d’un revenu minimum parce que ce serait dans « l’intérêt de ceux qui entendent être protégés contre les réactions de désespoir des nécessiteux », ce qu’il rejette c’est l’intervention décisive d’un acteur externe – Le libéralisme de Hayek, La Découverte, coll. Repères, 2001, 122 pages

 

En outre, un salaire minimum à 15$ a peu d’effets « positifs » sur la pauvreté en plus d’accroître le chômage (Milton Friedman et Rose D. Friedman, Capitalism and Freedom, University of Chicago Press, Fortieth Anniversary Edition, 2002, p. 180).

 

Valoriser le salaire minimum conduit à des difficultés d’ajuster à la baisse les salaires pour inciter à l’embauche, le poids de la charge salariale et sociale sur la performance économique des entreprises – des PME, décourage les investissements étrangers surtout dans un contexte de mondialisation, la mise en place d’aides sociales telles l’allocation chômage ou le revenu d’inactivité qui apparaissent comme de contre-mesures incitatives, la naissance d’un syndicalisme fort en défense des conventions collectives, la disqualification des individus les moins bien formés et la profusion des emplois illégaux – « en dessous de la table », sans parler de son impact sur l’inflation – par les coûts ou par la demande, finalement une hausse de la cherté de la vie.

Ce sont là des arguments économiques libéraux, plus précisément néolibéraux qui sont présentés contre cette idée. 

Lire: Gary S. Becker, “It’s Simple: Hike The Minimum Wage, And You Put People Out Of Work”, BusinessWeek, http://www.bloomberg.com/news/articles/1995-03-05/its-simple-hike-the-minimum-wage-and-you-put-people-out-of-work, le 6 mars 1995

 

Dans la conception néolibérale, valoriser la salaire minimum ce n’est pas un progrès social (A. Castillo-Freeman et R. Freeman, “When the Minimum Wage Really Bites: The Effect of the U.S.-Level Minimum on Puerto Rico” dans Immigration and the Work Force: Economic Consequences for the United States and Source Areas, University of Chicago Press, 1992. pp. 177-211).

Du point de vue du libéralisme classique, une telle décision est une interférence dans la liberté des individus. C’est imposer une contrainte dans la rencontre contractuelle des autonomies consentantes, des volontés individuelles.

Les personnes doivent être libres de négocier selon leur intérêt la rémunération qui leur convient. Et il n’est pas du rôle de l’État – réduit à des fonctions régaliennes – de s’immiscer dans cette rencontre. 

Comme l’a dit le Premier ministre québécois, il existe d’autres moyens de lutter contre la pauvreté.

A la question de savoir « Lesquels ? », il est attendu que Couillard le libéral fasse – encore une fois preuve – de cohérence et privilégie une résolution de la problématique selon des principes compatibles avec la philosophie friedmanienne.

 

Warren Buffett – milliardaire américain – a suggéré une extension du crédit d’impôt sur le revenu pour les travailleurs les moins nantis pour qu’elle puisse servir à l’obtention d’habiletés et de compétences leur permettant d’être plus productifs, et donc de contribuer par le fruit de leur effort à l’amélioration de leur condition salariale[70].

 

Une idée qui ne devrait pas déplaire au Premier ministre et satisfaire son orthodoxie (néo) libérale.

 

 

 

 

 

Notes

[1]Stéphane Forget, Le salaire minimum à 15$: un raccourci simpliste, http://quebec.huffingtonpost.ca/stephane-forget/salaire-minimum-15-dollars_b_11794754.html, le 31 août 2016

[2]La Presse canadienne, Les libéraux refusent des consultations sur le salaire minimum à 15 $ l’heure, http://quebec.huffingtonpost.ca/2016/09/27/liberaux-refusent-des-consultations-sur-le-salaire-minimum-a-15-_n_12217660.html, le 27 septembre 2016

[3]David Rémillard, Salaire minimum : les libéraux accusés de travailler « en cachette », Le Soleil, http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201609/27/01-5024839-salaire-minimum-les-liberaux-accuses-de-travailler-en-cachette.php, le 26 septembre 2016

[4] La plus ancienne formation politique au Québec – Michel Levesque, Histoire du Parti libéral du Québec, éditions Septentrion, 2013, Montréal, 840 pages

[5] « Au début des années 1990, les Conservateurs avaient institué des relations de marché entre les hôpitaux (devenus « fournisseurs ») et les autorités régionales de santé (auquel un rôle « d’acheteur » fut attribué), mais ce régime fut abandonné par le nouveau gouvernement travailliste. » – Daniel Simonet, « Les Health Maintenance Organizations : expérience américaine et initiatives européennes », http://www.medsp.umontreal.ca/ruptures/pdf/articles/rup102_220.pdf, le 28 septembre 2016

[6] Sandrine Chambaretaud et Diane Lequet-Slama, « Managed care et concurrence aux États-Unis, évaluation d’un mode de régulation », Revue française des affaires sociales, janvier 2002, n°1, La Documentation française, pp. 11-37

[7]Louise-Maude Rioux Soucy, Quand le patient devient source de revenus, http://www.ledevoir.com/societe/sante/177431/quand-le-patient-devient-source-de-revenus, le 23 février 2008

[8]Jocelyne Richer, Le mode de financement des hôpitaux révisé, La Presse Canadienne, http://journalmetro.com/actualites/national/921460/le-mode-de-financement-des-hopitaux-revise/, le 23 février 2016

[9] Youri Chassin, Directeur de la recherche à l’IEDM, « Financer les hôpitaux en fonction des services rendus », http://www.iedm.org/fr/61075-le-point-financer-les-hopitaux-en-fonction-des-services-rendus, le 19 mai 2016

[10] Neelam K. Sekhri, « Managed care: The US experience », Special Theme – Health Systems, Bulletin of the World Health Organization, 2000, 78(6), http://www.who.int/bulletin/archives/78(6)830.pdf

[11] Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, éditions Flammarion, 1991, Paris, pp. 42-43 – La métaphore de la main invisible d’après Adam Smith s’élabore à partir de l’idée que l’individu « tout en ne cherchant que » l’accomplissement de son « intérêt personnel » « travaille d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société ». Ainsi, la main invisible est le principe selon lequel les actions individuelles produisent la richesse tout en contribuant au bien-être commun. Pour Elie Halévy, philosophe et historien libéral français, il s’agit de « l’harmonie des intérêts » qui limite de facto le rôle de l’État au profit du marché autorégulateur et du « laisser-faire ».

[12] Bertrand Binoche, « Les deux principes du libéralisme », Actuel Marx, février 2004, n°36, pp. 123-149

[13] Gérard Drean, Qu’est-ce que le libéralisme ? Contrepoints, http://www.contrepoints.org/2014/12/26/150897-qu-est-ce-que-le-liberalisme, le 26 décembre 2014

[14] Eric de Dampierre, « Droit naturel et histoire », Flammarion, Paris, 1986, pp.165-166

[15] André Liebich, Le libéralisme classique, Presse de l’Université du Québec, 1985, Montréal, p.14

[16] Idem, p.15

[17] Pierre Manent, Histoire intellectuelle du libéralisme, éditions Fayard, 2012, Paris, 252 pages

[18] Alexis de Tocqueville, John Locke, François Guizot, Stuart Mill, Voltaire.  

[19] Friedrich A. von Hayek soutient que seul un État de droit est garant des libertés et de la prospérité : « l’État de droit signifie que le gouvernement ne doit jamais exercer de contrainte sur l’individu sinon pour assurer l’observation d’une règle connue » […]. L’État de droit n’est en conséquence pas une règle posée par la loi, mais […] un idéal politique [intégré] dans la tradition morale de la communauté [représentant] un idéal commun partagé et accepté sans réserve par la grande majorité – La Constitution de la liberté, éditions Litec, 1994, pp. 205-206

[20] Alain Laurent et Vincent Valentin, Les Penseurs libéraux, éditions Les Belles Lettres, 2012, Paris, 918 pages

[21] Wilhelm von Humboldt, Essai sur les limites de l’action de l’État, éditions Les Belles Lettres, 2004, Paris, 206 pages – « l’Essai développe en effet une implacable argumentation contre toute extension de l’intervention de l’État au-delà de la garantie de la sûreté à tous – même et surtout si cette intervention est motivée par le soin du « bien positif » des citoyens, que Humboldt juge liberticide. »

[22] Frédéric Bastiat résume succinctement ces fonctions régaliennes : « N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité ». – dans Harmonies Économiques, Œuvres complètes, 6ème tome, Institut Coppet, 2015, Paris, p. 126

[23] Pour le philosophe et économiste Friedrich A. von Hayek, le collectivisme (la propriété collective des moyens de production) et le planisme (la planification économique érigée par l’État) sont un danger pour les libertés individuelles car ils consistent à contrôler politiquement le système de marché et à introduire des idées totalitaristes. – La route de la servitude, Presses Universitaires Françaises, coll. Quadrige, 2013, Paris, 288 pages

[24] Le « Consensus de Washington » de John Williamson est une série de (10) propositions publiées en 1989, inspirées de l’École de Chicago (Milton Friedman, George Stigler, Gary Stanley Becker, Ronald Coase, Robert E. Lucas, entre autres). Le Consensus consiste à solutionner la crise de la dette de l’État en adoptant une stricte discipline budgétaire, une réforme fiscale, une privatisation des monopoles ou des participations de l’État, une déréglementation des marchés, etc.

[25] L’école de Vienne (Carl Menger, Ludwig von Mises, Friedrich A. von Hayek, entre autres) vont élaborer une théorie libérale démontrant l’importance du marché comme révélateur des préférences individuelles et régulateur de la société et dont la méthodologie de Menger « a contribué à forger le courant dominant de l’économie contemporaine » – Carl Menger, Recherches sur la méthode dans les sciences sociales et en économie politique en particulier, 2011, éditions EHESS, Coll. Translations, Vol. 2, Paris, 576 pages

[26] Serge Halimi, « Le laisser-faire est-il libertaire ? », Le Monde diplomatique, Juin 2013, p. 22

[27] John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (Livres I, II et III), 1942, éditions Payot, Paris, p.40

[28] Joseph E. Stiglitz, The pact with the devil, sur le blogue de Beppe Grillo, http://beppegrillo.it/eng/2007/01/stiglitz.html, janvier 2007

[29] « D’une crise à l’autre : des subprimes à la crise mondiale », La Documentation française,  http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/libris/3303330403594/3303330403594_EX.pdf, le 30 septembre 2016

[30] Joseph E. Stiglitz, Le Triomphe de la cupidité, éditions Les Liens qui Libèrent, 2010, Paris, 360 pages

[31] La confrontation entre l’offre et la demande déterminant le prix, la qualité et la disponibilité des biens et services – Robert Gilpin, The Political Economy of International Relation, Princeton University Press, 1987, p.19

[32] Le Welfare State considère que l’État doit pouvoir jouer un rôle social important (interventionniste) de telle sorte qu’il s’assure du bien-être des individus du « berceau jusqu’à la tombe » – J. Brémond et G. Gélédan, Dictionnaires des Théories et Mécanismes économiques, Hatier, 1984, Paris, note 1, p. 175

[33] Allocations familiales, congés payés pour les travailleurs, assurance retraite, assurance chômage, congés maladie, service de santé publique, éducation, etc.

[34] Prise en compte de la justice sociale avec des mesures visant la solidarité et la redistribution équitable de la richesse, l’appui à une concurrence équilibrée, la considération de l’individualité plus que seulement de l’individu (John Stuart Mill), mais aussi de l’éthique comme « le tronc de l’arbre du libéralisme » – Herbert Samuel cité par Michael Freeden dans The New Liberalism, Oxford, Clarendon Press, 1978, p. 12

[35] Contrairement au Red Tory (économiquement progressiste avec l’appui à l’État providence, d’un type modéré), le Blue Tory est favorable à un conservatisme social : défense des traditions, primauté de la loi et de l’ordre, respect de l’autorité, l’identité nationale, valeurs religieuses, la sécurité, et de l’économie sociale de marché – estimant que le capitalisme de marché est naturellement social (Margaret Thatcher, The Path to power, Harper Collins, 1995, p. 251-252).

[36] L’idéologie politique de Québec solidaire est ancrée à gauche (elle ratisse large, de la gauche de la social-démocratie aux idéaux communistes). Bien qu’elle soit en faveur du collectivisme, il n’en demeure pas moins que l’influence d’un libéralisme welfariste (social-libéralisme) moderne est évidente. Comme le souligne sa profession de foi en faveur des libertés, de la défense des minorités, de l’égalité des individus, la redistribution de la richesse, l’encadrement de l’économie, l’universalité des services publics et les politiques incitatives à la protection de l’environnement – Déclaration adoptée par le Congrès de fondation en février 2006, http://quebecsolidaire.net/propositions/nos-principes. Par contre, la pensée solidariste n’est pas uniquement un progressisme dans le progressisme du social-libéralisme, c’est prise dans sa totalité une rupture. Dans le sens que là où le libéralisme (classique) considère que l’individu est avant tout un sujet libre, de droits, une finalité, et que le social-libéralisme tend à mettre l’accent sur l’individualité, l’éthique, la justice sociale et un certain degré d’interventionnisme étatique pour le bien-être des citoyens, le solidarisme revendique la mutualité comme la règle suprême de vie commune. Autrement dit, la primauté du devoir d’assistance découlant du lien fraternel entre les personnes sur toute considération individuel ou libertaire. Ce basculement idéologique et radical est en partie perceptible dans Québec solidaire. – Sur le solidarisme lire Alexandre Niess, Léon Bourgeois : du solidarisme à la Société des Nations, sous la direction de Maurice Vaïsse, Éditions Guéniot, 2006).

[37] Guillaume Bourgault-Côté  , « Legault et Harper, même combat ? », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/402282/la-caq-demanderait-des-comptes-aux-syndicats, le 12 mars 2014

[38] Site web officiel de la CAQ, http://coalitionavenirquebec.org/fr/idees/proteger-les-contribuables-de-la-classe-moyenne/, le 30 septembre 2016

[39] Jessica Nadeau  , « Plateforme de la CAQ – François Legault nie s’inspirer de Stephen Harper », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/356677/francois-legault-nie-s-inspirer-de-stephen-harper, le 13 août 2012

[40] Une opinion que partage le PCC de Stephen Harper avec l’instauration des Peines minimales obligatoires (PMO), conforme à son idéologie de la loi de et de l’ordre, déclarées finalement inconstitutionnelles par la Cour suprême – 10 revers de Stephen Harper à la Cour suprême, ICI Radio Canada, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2015/04/14/003-revers-cour-supreme-gouvernement-conservateur-stephen-harper.shtml, le 14 avril 2015

[41] Un libéralisme de gauche (la jonction entre les libertés individuelles et la justice sociale), souhaitant une action plus accrue de l’État dans la société (l’État providence, réduction des inégalités, une organisation sociale et économique plus juste), réformiste, proche du syndicalisme, il s’oppose à la dimension purement individualiste et capitaliste du libéralisme classique (l’action concertée et collective dans la production des richesses bien plus que l’initiative individuelle). La social-démocratie est donc un compromis idéologique entre le libéralisme (libertaire, quelques fois libertarien) absolutiste et le socialisme autoritaire (le communisme, le marxisme).

[42] Jean-François Caron, Lucien Bouchard, le pragmatisme politique, Les Presses de l’Université Laval, Québec, 2015, 134 pages

[43] Ou « nouveau » libéralisme est un courant du libéralisme économique qui critique les excès de l’État providence, les interventions étatiques dans l’économie, promeut la dérégulation du marché, le jeu de la concurrence, l’économie de marché, la disparition du secteur public au profit d’organisations privées, une imposition minimale des richissimes et des revenus (nets). Soutenus par Milton Friedman et Friedrich A. van Hayek, c’est « le principe du moindre gouvernement » (Michel Foucault, Dits et Écrits, n°274, tome II, Gallimard, coll. Quarto, Paris, 2001, pp. 818-825). Ainsi, le néolibéralisme est « la gouvernementalité moderne et contemporaine » dont la fonction essentielle est la promotion « des processus naturels » de l’économie. – Michel Foucault, Sécurité, territoire, population, Cours au Collège de France. 1977-1978, Gallimard, Paris, 2004, p. 356

[44] Antoine Robitaille, « « Il faut soulager le capital » – La gauche péquiste dénonce les propos d’André Boisclair », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/120014/il-faut-soulager-le-capital-la-gauche-pequiste-denonce-les-propos-d-andre-boisclair, le 7 octobre 2006

[45] Antoine Robitaille, « Les Québécois ont « peur du succès », dit André Boisclair », Le Devoir, http://vigile.quebec/Les-Quebecois-ont-peur-du-succes, le 30 septembre 2006

[46] De Tony Blair, ancien chef du Parti travailliste anglais (social-libéralisme), qui se caractérise par un « socialisme » adhérant aux valeurs économiques du libéralisme (liberté, responsabilité, propriété). Social-Libéralisme. Comme vu, il s’agit dans l’idée d’un compromis idéologique et une dose de pragmatisme. Dans les faits, le débat est ouvert entre ceux qui croient que ce type de social-libéralisme est simplement la prépondérance du libéralisme de marché sur la justice sociale (argument des altermondialistes et de la « Nouvelle gauche » – Noam Chomsky, Le Profit avant l’homme, Fayard, Paris, 2003, 245 pages) et ceux qui y voient la réponse « lucide », « responsable » à la réalité socio-économique contemporaine (argument de la « Gauche moderne » – Alain Touraine, L’Après-socialisme, Grasset, Paris, 1980, 283 pages ; Melo Rurion et Fins Adélaïde Gregorio, « Habermas et la nécessaire révision de la gauche », Collège International de Philosophie, Rue Descartes, n°76, avril 2012, p. 42-55).

[47] La prééminence du débat sur l’identité québécoise, les accommodements raisonnables, l’immigration, les communautés culturelles, et autour de la Charte des valeurs québécoises.

[48] Sébastien Sinclair, « Passer l’arme à droite », La Presse, http://plus.lapresse.ca/screens/70c4263e-1aec-409f-a6f6-474e615b724f%7C_0.html, le 14 mai 2015

[49] François Pétry et Lisa Birch, « Le PLQ est plus à gauche que le PQ », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/404323/positionnement-id, le 2 avril 2014

[50] La Réingénierie est le processus selon lequel un système un réorganisé aux fins de l’efficience. Elle consiste entre autres choses au regroupement de plusieurs fonctions en un poste, à la réduction des paliers hiérarchiques, dans le cas d’espèce d’une réforme de l’appareil étatique c’est procéder à la réduction de la taille de l’État (diminution du volume du personnel, limitation de l’intervention étatique, fusion des services publics, etc.) – lire Nha Nguyen, Gestion de la qualité, Chenelière Éducation, 2006, 527 pages / Christian Rouillard, « Le projet de Jean Charest – La réingénierie de l’État : une innovation archaïque », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/non-classe/36218/le-projet-de-jean-charest-la-reingenierie-de-l-etat-une-innovation-archaique, le 17 septembre 2003

[51] Alain Dubuc, « Le modèle québécois est un mythe », La Presse, http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/201410/14/01-4809163-le-modele-quebecois-est-un-mythe.php, le 15 octobre 2014

[52] Pierre-Paul Proulx, « Le modèle québécois : origines, définition, fondements et adaptation au nouveau contexte économique et social » Revue Interventions économiques [En ligne], 29 I 2002, mis en ligne le 01 octobre 2002, consulté le 30 septembre 2016, http://interventionseconomiques.revues.org/1022

[53] « L’Union soviétique s’est effondrée, et il faut aujourd’hui se donner beaucoup de mal pour trouver quelqu’un qui croie encore aux vertus de l’économie planifiée. Tout le monde, désormais, se déclare favorable à l’économie de marché. » – Sylvain Fontan, « Entretien de Milton Friedman « Le triomphe du libéralisme » », Contrepointshttp://www.contrepoints.org/2015/03/06/200202-entretien-de-milton-friedman-le-triomphe-du-liberalisme, entrevue avec Henri Lepage datant de 2003, le 06 mars 2015

[54] Gilles Dostaler, « Un disparu de 2006 qui a laissé sa marque. Milton Friedman, apôtre d’un libéralisme radical », Le Devoir, Montréal, édition du vendredi 29 décembre 2006, page A7- idées.

[55] Bernard Descôteaux, « Parti libéral – À gauche toute ? », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/384995/parti-liberal-a-gauche-toute, le 13 août 2013

[56] « Philippe Couillard se dit prêt pour des élections », avec un reportage de Marc-Antoine Ruest, ICI Radio Canada, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2013/08/11/002-couillard-congres-jeune-liberal-election.shtml, le 11 août 2013

[57] Gilbert Lavoie, « Bulletin économique de Charest : l’économie va bien, la dette explose », Le Soleil, http://www.lapresse.ca/le-soleil/dossiers/elections-quebecoises/201208/17/01-4566140-bulletin-economique-de-charest-leconomie-va-bien-la-dette-explose.php, le 18 août 2012

[58] Matthieu Bussière et Natacha Valla, « Économie mondiale : croissance fragile, reprise contrastée », L’Économie mondiale 2015, La Découverte, coll. Repères, Paris, 2014, http://www.cepii.fr/PDF_PUB/em/2015/em2015-01.pdf, le 30 septembre 2016

[59] Nicholas Bloom, M. Ayhan Kose et Marco E. Terrones, « Le poids de l’incertitude », Finances & Développement, mars 2013, Bulletin d’information du Fond Monétaire International, pp. 38-41

[60] Karl Rettino-Parazelli, « La discipline budgétaire est la seule voie pour le Québec, affirme Couillard », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/410523/la-discipline-budgetaire-est-la-seule-voie-pour-le-quebec-affirme-couillard, le 10 juin 2014

[61] « Un audit interne du FMI critique les mesures d’austérité budgétaire prises après la crise », Le Monde, http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/11/04/un-audit-interne-du-fmi-critique-les-mesures-d-austerite-budgetaire-prises-apres-la-crise_4518016_3234.html#Dvz13ahDEi4tzgav.99, le 4 novembre 2014

[62] « La Banque d’Angleterre critique l’austérité dans la zone euro », La Tribune, http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150129tribdf27ec63d/la-banque-d-angleterre-critique-l-austerite-de-la-zone-euro.html, le 29 janvier 2015

 [63] Pierre Couture, « La dette du Québec grimpera de 5 milliards$ », Le Journal de Montréalhttp://www.journaldemontreal.com/2016/03/17/la-dette-du-quebec-grimpera-de-5-milliards, le 17 mars 2016

[64] « La dette du Québec atteint 276 milliards $ », TVA Nouvelles, http://www.tvanouvelles.ca/2016/03/18/la-dette-du-quebec-atteint-276-milliards–selon-liedm, le 18 mars 2016

[65] « Les Québécois sont de plus en plus endettés, 18 070 $ en moyenne », TVA Nouvelles, http://www.tvanouvelles.ca/2016/03/10/les-quebecois-sont-de-plus-en-plus-endettes, le 10 mars 2016

[66] « Compétitivité et productivité sont autant de mots-clés faisant partie du vocabulaire des dirigeants politiques et économiques. Mais à quelles conditions et à quels coûts pour les travailleurs ? Hélas, l’emploi ne permet souvent plus de garantir un niveau de revenu suffisant pour ne pas être pauvre. » – Les travailleurs pauvres, Précarisation du marché du travail, érosion des protections sociales et initiatives citoyennes, sous la direction de Pierre-Joseph Ulysse, Frédéric Lesemann, Fernando J. Pires de Sousa, Presses de l’Université du Québec, 2014, Laval, 298 pages

[67] John Maynard, La pauvreté dans l’abondance, Gallimard, Paris, 2002, 290 pages

[68] Régys Caron, « Salaires des médecins : Québec ne peut récupérer les 800 millions payés en trop », http://www.journaldemontreal.com/2015/11/29/salaires-des-medecins-quebec-ne-peut-recuperer-les-800-millions-payes-en-trop, le 29 novembre 2015

[69] Il n’est pas le seul. L’ensemble de la classe politique voit et examine chaque problème d’après son idéologie, son affiliation. Libéraux progressistes. Libéraux conservateurs. Social-Libéraux. Nouvelle gauche. Altermondialistes. Et chacun s’appuie sur ses propres évaluations idéologiques pour avancer ses arguments et présenter ses solutions. Il n’y a pas de place au pragmatisme dans la politique. Ou à la non-partisannerie, la fin des clivages, souvent artificiels. L’intérêt général, comme « transfiguration d’intérêts particuliers », supplanté par la loyauté aux idéaux, à la caste. –

[70] Warren Buffett, “Better Than Raising the Minimum Wage”, The Wall Street Journal, http://www.wsj.com/articles/better-than-raising-the-minimum-wage-1432249927, le 21 mai 2015

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