Entre trumpettes et trumperies, chronique trumpée du temps qui lasse


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Je demande à Luc comment il va, il me fait comprendre qu’il est entrain d’écouter la conférence presque présidentielle de Donald Trump. Je lui réponds qu’à 11 heures du matin c’est un peu tôt pour une dépression. Il réplique: 

En fait, Trump est un test. Si je me rends au bout, ce sera un test médical complet plutôt favorable.

Je ris. Luc a le sens de la formule. La finesse et la justesse. C’est l’une des raisons qui me font l’apprécier autant. 

Si je m’appuie sur le test « Luc Panneton » à une échelle macro, les médias plus spécifiquement, les chroniqueurs, les éditorialistes, les troubadours de l’information, les nouveaux journalistes foutus d’un temps foutu dans lequel est coincée toute une Civilisation de foutus, alors le constat s’impose: tout ce beau monde est malade. Gravement atteint de Trumpéroïde aiguë.

Tout ce beau monde n’est pas arrivé à bout et jusqu’au bout de Donald Trump. 

A l’heure où j’accouche de ces mots, aucune cure ne semble pouvoir sauver le souffrant. Le patient est intraitable, je n’irai pas à croire qu’il faille en arriver à l’euthanasier, comme on abattrait le cheval. Par empathie. Le cheval est à cet égard au-dessus de ce patient humain. Il est intelligent. 

Donald Trump est le nom de ce mal qui ronge, torture, achève tout ce beau monde de foutus, qui hurle sa souffrance très audible dans une hystérie collective stupéfiante. Depuis son élection, c’est un véritable foutoir.

Un spectacle délirant, la transe psychotique – contagieuse, virale – rythmée par des déblatérations et sa cohorte de sottises, une musique à fond la caisse. Abrutissante. Trump a rendu tout ce beau monde aussi dingue que lui. L’identification à l’agresseur. Pour cela, le mec mérite un certain respect.  


Identification à l’agresseur: Ce mécanisme désigne le fait qu’un sujet, confronté à un danger extérieur, s’identifie à son agresseur selon différentes modalités relevées par Laplanche et Pontalis.

-soit en reprenant à son compte l’agression telle quelle ;

-soit en imitant physiquement ou moralement la personne de l’agresseur ;

-soit en adoptant certains symboles de puissance qui le caractérisent.


Qu’est-ce qui n’a pas été dit, écrit, crié, dénoncé, critiqué, caricaturé, depuis que l’homme qui aimait ça mettre la main dans les petites culottes des femmes (mariées), l’homme du mur latino anti-pauvre (parce que c’est de cela dont il s’agit, les riches mexicains n’ont pas à s’inquiéter, ils sont les bienvenus aux « United States of America »), l’homme d’affaires (louches) en errance en politique, le meilleur du pire du « basket of deplorables« , a gagné la présidentielle américaine?

L’excessif a alimenté l’excessif, il ne connaît plus de limite, trop c’est définitivement, toujours, jamais assez. 

Le plus affligeant dans cette affaire, c’est que le fond des choses n’intéresse personne. Non. Les médias, les experts, les grands prélats de la grande religion médiatique, sont l’expression criarde de la futilité et du dérisoire, de la dangerosité et de la toxicité, qu’ils dénoncent chez Trump. C’est le rien qui vocifère sur le rien. Le rien qui s’émeut du rien. Le rien-roi, le rien-loi. 


Déni:  Action de refuser la réalité d’une perception vécue comme dangereuse ou douloureuse pour le moi.



Le rien du déni. Celui qui dit: Donald Trump a gagné, mais pas vraiment, puisqu’il n’est pas légitime. Ou le laisse sous-entendre. Trump a perdu le vote populaire. Voyez-vous Mesdames et messieurs nous ne nous sommes pas trompés, le peuple n’a pas voté pour cet individu. Peuple, il ne te représente pas!

Comme si perdre le vote populaire serait un tantinet pertinent dans le système électoral américain conçu par les Pères fondateurs d’abord pour que le poids démographique des zones urbaines, la bourgeoisie des grandes métropoles et ses élites, n’écrase pas, n’étouffe pas, jusqu’à l’inexistence l’autre parole souvent oubliée, méprisée, celle de l’électeur de l’Amérique profonde.

Que l’idée de former une assemblée des représentants des Etats composant la Fédération et ayant pour fonction principale d’élire le couple exécutif, est la source de toute légitimité présidentielle.

Le Président est le chef de tous les Etats unis, il est le symbole de cette (apparente) unité, il tire donc sa légitimité des Etats. Le Congrès du peuple.

C’est un équilibre trouvé et ce malgré le fait qu’il produise des Présidents minoritaires ou non-démocratiques dans le sens philosophiquement européen du terme.  C’est électoralement, le meilleur consensus entre deux modes de scrutin. Deux légitimités démocratiques. 


Dans Le Fédéraliste, James Madison expliquait que la constitution avait été conçue comme un mélange de gouvernement fédéral — basé sur les États — et national — basé sur la population. Dans cette optique, le Congrès posséderait deux chambres, l’une fédérale (le Sénat) et l’autre nationale (la Chambre des représentants), tandis que le président serait élu par une combinaison des deux modes.

La taille du collège électoral est égale à celle des deux chambres du Congrès (en 2008, 435 représentants et 100 sénateurs), plus trois électeurs alloués au district de Columbia (Washington DC). En 2016, il comptait donc 538 grands électeurs.

Chaque État reçoit autant de grands électeurs qu’il possède de représentants et de sénateurs au Congrès. Tous les États possèdent deux sénateurs et au moins un représentant, le nombre total des représentants dépendant de la population de l’État : ils possèdent donc au minimum trois grands électeurs. En 2016, les six États possédant le plus de grands électeurs sont la Californie (55), le Texas (38), New York (29), la Floride (29), la Pennsylvanie (20) et l’Illinois (20). Les sept États les moins peuplés — l’Alaska, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Delaware, le Montana, le Vermont et le Wyoming — en ont trois.


Ainsi que Trump n’ait pas obtenu la majorité du vote populaire, qu’est-ce cela change t-il? Rien. Surtout, lorsqu’il a dans son sillage fait triompher son Parti au Congrès. Une majorité claire, large, indiscutable. 

Le débat sur son (apparente) illégitimité eût été  pertinent dans le cas du scénario inverse, un Congrès démocrate. Mais les médias, les commentateurs, toutes ces opinions moutonnières, scandalisées et outrées, s’abstiennent de le dire. Ne le savent pas. Ne cherchent pas à savoir. Ne veulent pas le savoir. Et donc, ils ne le diront pas.

Ceux qui savent s’abstiendront. L’honnêteté et le factuel sont des bizarreries en ces temps étranges. Et vous savez ce que l’on dit, ne jamais laisser les faits vous empêcher de narrer une bonne histoire.



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Et le suffrage universel direct dans tout ça? Le suffrage universel direct est un canular quand dans les « bonnes » démocraties, certaines circonscriptions volent l’élection au nez et à la barbe du reste du pays.


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Quand l’élection démocratique devient de plus en plus une histoire de pognon, de riches, alors le suffrage universel direct, le vote populaire, est une arnaque. Les dés sont pipés, vous et moi le savons, nous faisons semblant d’y croire, parce que nous avons besoin d’espoir. Le peuple vote, les riches choisissent, les politiques exécutent. Voilà l’essence contemporaine de la démocratie.

Les médias quand il s’agit de Trump en font des tonnes sur le vote populaire, les citoyens « raisonnables » vous le sort dans chaque discussion, vous les écoutez et vous vous dîtes : sont-ils tous aussi débranchés qu’ils le paraissent? En fin de compte, vous en arrivez à la conclusion, encore une fois, que leur opinion est un mécanisme de défense pour ne pas retourner leur affect contre eux.

Cet affect est un coup de massue. La commotion et le traumatisme. Ce n’est pas agréable, ce n’est pas supportable. Alors ils prennent le vote populaire et vous le fourre au fond de la gueule, ad nauseam. Vous vomissez et ils se sentent bien. Sauf qu’ils sont malades.

Le suffrage universel direct et le vote populaire n’ont pas empêché les législations de faire le nécessaire pour atténuer autant que possible les effets « désagréables » de la démocratie qui donne la voix au peuple d’en-bas, celui du rien du tout.  

On a charcuté la carte électorale, on a fait de la politique un show bêtifiant, l’image et beaucoup de belles couleurs pour le grand enfant que l’électeur ordinaire est. Du télégraphique intercalé entre les Barmaids et un truc télévisuel encore plus con. Du zapping Tinderisé.

Et les politiciens se sont arrogés le droit de faire revoter autant de fois que nécessaire le peuple d’en-bas jusqu’à ce qu’il fasse le « bon » choix.  Et Human Rights Watch qui s’alarme du « populisme à la Trump » n’a eu rien à redire.

Le populisme « à la Trump » (déjà le vocable est ridiculement racoleur, il n’y a pas de populisme à la Trump, il y a le populisme, point barre) vient d’un problème qui n’intéresse pas Human Right Watch, c’est l’injustice et l’iniquité sociales. Tout découle de cet état de fait. Encore une fois, le rien du déni.



Thomas Piketty : « Vive le populisme ! »

Le populisme est une réponse au sentiment d’abandon des classes populaires des pays développés face à la mondialisation et la montée des inégalités. Le traiter avec dédain risque d’occulter la question de fond.

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Après la légitimité remise en cause, les « grandes » manifestations post-électorales (très Californiennes d’ailleurs et Hillarystes) qui donnaient l’impression que les Etats-Unis étaient désormais un pays du tiers-monde – le Gabon en Amérique, les commentateurs se sont mis à fantasmer sur une possible probable envisageable souhaitable défection des Grands Électeurs du Collège électoral, tout en sachant qu’il n’en serait rien. 

Il y a eu aussi une mini-tornade de spéculations à propos des grands électeurs: allaient-ils voter contre la volonté de leur État respectif et bousiller l’élection du milliardaire?

Non seulement cela ne s’est pas produit, mais un plus grand nombre de grands électeurs d’États favorables à Hillary Clinton ont voté contre elle que de grands électeurs d’États favorables à Trump ont voté contre lui.

Puis, quelqu’un quelque part dans cette hystérie a trouvé le truc qui pouvait justifier le fait qu’un Donald Trump ait été élu alors que The New York Times et les autres « médias sérieux » américains donnaient à Hillary Clinton plus de 98% de chances de gagner (The New York Times avait aussi prédit la défaite de Barack Obama lors de la primaire démocrate face à Mme Clinton, et on sait tous comment cela s’est terminé).

Le truc génial qui allait sauver la face aux médias « sérieux », ce sont les « Fake News ».

Oui. Les « Fake News ».

Les pseudo-médias d’information copiant l’apparence des vrais médias « officiels » qui sont en fait des sources de désinformation, poussent comme des champignons un peu partout sur les réseaux sociaux, Facebook, et qui auraient eu un impact si puissant auprès de l’électeur américain  que ce dernier s’est laissé dupé. D’où son vote Trump.

Si cela ne vous fait mourir de rire comme moi, attardez-vous un instant sur cette analyse succincte de Pierre Rimbert dans Le Monde diplomatique, une savoureuse piqûre de rappel :

C’est entendu : avant l’entrée en campagne de M. Trump, la démocratie et la vérité triomphaient. Certes, les médias vivaient grâce à la publicité qui promet le bien-être aux buveurs de Coca-Cola, et relayaient les « actualités » fabriquées par des agences de communication. Mais les « fausses nouvelles » s’appelaient « informations », puisqu’elles étaient publiées de bonne foi par des journalistes professionnels.

Ceux qui trompaient la Terre entière en décembre 1989 avec les faux charniers de Timişoara, en Roumanie ; ceux qui diffusaient sans vérification, en octobre 1990, la fable des soldats irakiens détruisant des couveuses à la maternité de Koweït afin de préparer l’opinion à une intervention militaire ; ceux qui révélaient à la « une » du Monde (8 et 10 avril 1999) le plan « Fer à cheval » manigancé par les Serbes pour liquider les Kosovars — une invention des services secrets allemands destinée à légitimer les bombardements sur Belgrade.

Sans oublier les éminences du New York Times, du Washington Post ou du Wall Street Journal qui relayèrent en 2003 les preuves imaginaires de la présence d’armes de destruction massive en Irak pour ouvrir la voie à la guerre.

À présent, leur monopole de l’influence s’effrite, et ils fulminent : les poids lourds de la désinformation s’indignent que des chauffards du bobard roulent les lecteurs sans permis.


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Lorsque la poussière du « Fake News » est retombée, il fallait meubler l’ennui du spectateur, une personne à sortir un rapport du FBI sur l’immiscion russe dans l’élection.

En gros, Trump a gagné, parce que ce sont les russes qui l’ont décidé. Il n’est donc « légitime ». Le vote populaire a été évacué, l’argument de l’illégitimité lui demeure. Voilà. Les russes ont fait fuiter des courriels via Wikileaks qui attestaient ce que tout le monde savait déjà: que la direction du parti démocrate favorisait largement Hillary au détriment des autres candidats (Bernie Sanders précisément). Scandaleux et intolérable.

En outre, un autre rapport non-vérifié, laisse entendre que Vladimir Poutine est le nouveau maître de la Maison Blanche, puisqu’il ferait chanter Trump par l’entremise d’une affaire d’orgie avec des prostituées à Moscou (le fameux « Dossier russe » de Trump).

Cette fois-ci The New York Times s’est abstenu de hurler avec les hystériques, CNN (Clinton News Network) ne s’est pas gêné, l’éthique en journalisme est un concept flou, manifestement. 

Tout ça pour en arriver à cette question essentielle : Trump peut-il être assermenté en étant un « quasi » « espion russe »? Et c’est la grande interrogation politico-médiatique du moment.

Aussi celle de qui va chanter lors de la cérémonie d’assermentation, qui sera présents, on tend le micro à ceux qui n’ont rien à dire et qui le disent quand même, on fouille les poubelles, on descend dans le caniveau, on rejoint Trump dans la boue, et on finit par toucher les hauts sommets avec cette importantissime autre question: est-ce que le soleil se lèvera ce matin-là? A l’Est?

Et pas une seule fois, tout ce beau ne s’est demandé: Où est-ce que l’on a merdé? Comment avons-nous pu passer à côté? Pourquoi ne pouvons-nous pas faire notre job? Faire des enquêtes approfondies, vérifiées, des analyses solides des actions de Trump, sa politique, de la classe politique et des milieux financiers, économiques, pourquoi avons-nous cessé d’être un contre-pouvoir essentiel à la démocratie?

Non. Tout ce beau monde n’est pas rendu au bout et à bout de sa Trumpéroïde aiguë. La preuve, certains songent désormais à appliquer la loi martiale afin d’empêcher Trump de prêter serment. 

Entre le son porcin des trumpettes et la sordidité des trumperies, chaque jour des quatre prochaines années est une chronique trumpée du temps qui lasse. 

L’agonie sera longue et douloureuse. Même pour les plus sadomasochistes d’entre nous. 


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Rien ne rend mieux compte de ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait le « racisme de l’intelligence (2)  » — de plus en plus prégnant chez les néolibéraux de gauche, mais aussi chez nombre d’intellectuels et d’universitaires radicaux — qu’un commentaire de l’élection américaine paru sur le site de la prestigieuse revue Foreign Policy. À supposer que le titre — « Trump a gagné parce que ses électeurs sont ignorants, vraiment » — n’en dévoile pas instantanément le propos, un résumé de deux lignes lève les doutes : « La démocratie a pour vocation de mettre en œuvre la volonté populaire. Mais qu’en est-il si le peuple ne sait pas ce qu’il fait (3)  ? »

Néanmoins, certains s’appliquent davantage que d’autres. Républicains ou démocrates, ils sont aussi les plus diplômés. Et, par le plus heureux des hasards, les gens cultivés se montrent plutôt favorables, comme le libertarien Brennan, au libre-échange, à l’immigration, à une réduction des déficits, aux droits des homosexuels, à la réforme — progressiste — du système pénal et à celle — conservatrice — de l’État-providence.

À quoi bon soulever une objection, signaler par exemple que M. Obama, qui enseigna le droit à l’université de Chicago, fut néanmoins élu et réélu grâce au vote de millions d’individus peu ou pas diplômés, que nombre de brillants esprits frais émoulus de Harvard, Stanford, Yale ont successivement pensé la guerre du Vietnam, préparé l’invasion de l’Irak, créé les conditions de la crise financière du siècle (4) ? Au fond, une analyse du scrutin américain conduisant à se défier du manque de jugement du peuple a pour principal intérêt de refléter l’humeur du temps, et pour principal avantage de conforter le sentiment de supériorité de la personne forcément cultivée qui la lira. Mais elle comporte un risque politique : en temps de crise, le « racisme de l’intelligence », qui entend privilégier le règne de la méritocratie, des gens bien éduqués, des experts, fait souvent le lit des hommes à poigne, plus soucieux d’embrigadement que d’instruction.

La plupart des commentateurs ont choisi de braquer les projecteurs sur la dimension raciste et sexiste du scrutin. Au fond, peu leur importe que, en dépit du caractère historique de la candidature de Mme Clinton, l’écart entre le vote des hommes et des femmes ait à peine progressé et que celui, abyssal, entre électeurs blancs et noirs ait, lui, légèrement régressé (lire Jerome Karabel, « Comment perdre une élection »). Le cinéaste Michael Moore, qui avait prévu la victoire de M. Trump, n’a pas manqué de relever la chose sur MSNBC le 11 novembre : « Vous devez accepter que des millions de gens qui avaient voté pour Barack Obama ont cette fois changé d’avis. Ils ne sont pas racistes. »

Noir, progressiste, musulman, représentant du Minnesota, M. Keith Ellison a aussitôt prolongé cette analyse, insistant sur les mobiles économiques du scrutin et la défiance que suscitait une candidate trop proche de l’establishment, trop urbaine, trop hautaine : « Nous n’avons pas obtenu un bon résultat auprès des Latinos et des Afro-Américains. Par conséquent, cette vision qui voudrait tout imputer à la classe ouvrière blanche est erronée (5).  » M. Ellison fut l’un des très rares parlementaires à soutenir M. Bernie Sanders lors des primaires ; il est désormais, avec son appui, candidat à la direction de son parti.

 

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