Eboa Lotin en fond sonore


Les percussions endiablées déclenchent des automatismes corporels que je croyais avoir définitivement perdus, j’ai encore le déhanché dévastateur, et j’en ris. L’intégration culturelle ne m’a pas totalement désintégré.

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Eboa Lotin me donne le mal de ce pays où je pouvais croiser à chaque carrefour la joie de vivre malgré les rudesses de l’existence, les gens portaient si bien le sourire.

Je revis au rythme de son Makossa les euphories nocturnes des bars, des clubs, des tourne-dos, des beignetarias, et je vogue dans ces rues encombrées de vendeuses de poissons braisées, des spécialistes du porc grillé, des « Asso » qui ont l’art inné de la négociation.

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J’écoute Eboa Lotin. Je remonte le temps sur le dos des souvenirs qui commencent aussi à plier, dangereusement. Bientôt, il ne me restera plus que des fabrications comme autant de griffonnage sénile pour noircir les blancs.

Ici, ce n’est pas chez moi, ça ne le sera jamais, je ne suis qu’en transit. Là-bas aussi. Ailleurs non plus.

Eboa Lotin. Son chaleureux Sawa, sa voix qui ne se raconte pas, qui se prend et me porte.

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Les percussions endiablées déclenchent des automatismes corporels que je croyais avoir définitivement perdus, j’ai encore le déhanché dévastateur, et j’en ris. L’intégration culturelle ne m’a pas totalement désintégré.

Je revois les corps-à-corps presque érotiques sur une piste de danse bondée, fiévreuse, avec mon inconnue d’un soir. Ou était-ce une autre? Je ne sais plus, c’est si loin déjà. Pourtant c’était hier. Je peux encore sentir son parfum, sentir la tiédeur de sa sueur, et ses délicates courbes. Qu’est-elle devenue?

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Eboa Lotin meuble la pâleur d’une civilisation dont la modernité structure encore plus la solitude.  L’Occident ne sait pas vivre, il mime, mal, ce qui est, déjà, mort en lui.

Danser, ce n’est rien d’autre que s’embrasser et embrasser les autres dans le plaisir du partage, de la communion, du rythme, du vivant.

Point de chorégraphie, point de talent, on s’exprime comme nous sommes, c’est drôle, c’est beau, c’est si… fraternel, si amour…

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Il y avait Romeo, le Prince, qui tenait fermement son Clan Campbell

Carlson et son cigare présidentiel.

Yannick, l’incontournable enchanteur de nos escapades nocturnes avec toujours entouré de tous ces top-models filiformes, callipyges, de futures Ph. D, médecins, polytechniciennes, et les inoubliables gestionnaire de fortune. Celles qui savaient mieux que nous dépenser notre fric. Toute la durée des nuits immortelles. 

Car la nuit ne meurt jamais. Ne mourrait jamais. 

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La nuit était immortelle. C’est Oscar avec sa classe, son raffinement, à la pensée haute, au parcours distingué, qui entre deux Guinness l’avait décrété. Dieu a pris acte.

Tout ce monde, ensemble, mélangé, ivre, heureux, à l’abri de la pression du quotidien, du stress de l’avenir, des rêves exigeants de nos parents.

-Je serai Général et Chef d’Etat-Major !

-Je serai Président!

-Je serai Prix nobel!

-Je serai Pullitzer!

-Je serai le nouveau Me Vergès!

-Je veux juste être « Fucking rich » et avoir toutes les plus belles femmes du monde!

– Mais Yannick tu les as déjà!

– Mouais, elles me coûtent pas mal cher!

– Tu veux dire qu’elles nous coûtent pas mal cher!

Éclats de rire. Les top-models et les autres se regardent.  Ils sont cons, ces mecs. Encore une autre bouteille. Du champagne. Eboa Lotin. Oh Eboa Lotin. Quel viveur.

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Et moi, moi, et mon instinct de prédateur, chassant toutes les lumières vêtues de séduction, de tentation, belles à corrompre un juge, je les chasse pour rendre plus impure mon âme Jésuite. Insatiable de curiosité.

Nous avons bu la nuit jusqu’à la dernière goutte, subi toute sa furie, nous avons uriné sur l’aube, nous étions invincibles, nous étions immenses. Eboa Lotin, toujours en fond sonore.

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