La complainte du phoque en Alaska


Un homme a quitté une femme. Classique et ordinaire. Sauf que là il n’y a pas d’avocats et le seul juge est une conscience qui est incorruptible.

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En deux mots ou trois, c’est la complainte d’un phoque en Alaska. Sauf que c’est son amoureuse qui se languit de son mâle séduit par le rêve américain. Et l’histoire de sa banquise sur laquelle elle dérive, et qui fond comme comme peau de chagrin.

C’est la complainte d’un phoque en Alaska qui est désormais la nouvelle Floride avec ses cocotiers et ses eaux quasi méditerranéennes. Sauf que les migrants dans leurs cercueils flottant – à peine – ne sont pas vomis sur des plages barbelées, sous le feu des projeteurs dont l’œil-caméra sait si bien filmé le macabre. L’Alaska est la nouvelle Floride, et les glaciers sont Seychelles.

Elle chante les maux de son cœur délaissé avec des mots repris en chœur par le vent et le vide polaires. Il est loin son phoque d’amour qui lui a lancé bercé par l’illusion de l’ailleurs : Fuck l’amour! Je veux être troubadour à Hollywood!

Et il s’est barré le sourire aux lèvres, les mains dans ses poches rimbaldiennes, crevées, le sifflotement du cowboy et le regard tourné vers l’horizon. Là-bas, tout est neuf et tout est sauvage, libre et sans grillage.

Le phoque en a eu les larmes aux yeux, une tristesse à faire pâlir un ours blanc, presque un beau dommage.

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En deux mots ou trois, c’est la complainte d’une souffrance allongée sur une banquise sablonneuse que viennent léchées des eaux surchauffées par l’océan-bouilloire. 

Un homme a quitté une femme. Classique et ordinaire. Sauf que là il n’y a pas d’avocats et le seul juge est une conscience qui est incorruptible.

Un homme est parti pour ce drôle de là-bas goldmanienobnubilé par la légende. Celle de la méritocratie, l’ascenseur social qui monte et descend de façon régulière, acceptant tout le monde, ceux qui ont envie, ceux qui font l’effort, ceux qui savent où ils vont, ceux qui bougent.

Celle d’un espace sans barrières ni murs, visibles et invisibles. Et celle qui raconte que le succès, la reconnaissance, s’indifférent de la couleur, de l’identité sociale, du genre, des particularismes, du handicap. Une légende telle un dessin animé Walt Disney.

Le phoque dérive sur son radeau de la Méduse, affronte les courants tumultueux, espère et croit, s’éteint, se libère, à bout de force, à bout de vie, à bout de rien. Coule. 

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Il reste la complainte en Alaska, le vent et le vide polaires. Il n’y a plus de phoque. Palm Beach est sous les eaux surchauffées. Le phoque fait la plonge à Hollywood. La légende disait vrai. Comme tous les Walt Disney. 

Alors?

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