Le soleil de minuit..

Je suis à la recherche de la lumière dans l’ombre du monde.. Du moindre rayon qui nourrira mon espérance.. J’ai l’âme marquée au fer noir, les yeux enflés par la douleur d’une quête éternelle..

J’ai cherché dans les ténèbres, serpenté les chemins de Dante, je n’y ai trouvé que des feux éteints.. Tel un pèlerin, je grimpe les montagnes de souffrances, puisant dans une foi écartelée entre abandon et continuation, l’énergie presque christique d’un homme conscient de la misérabilité de sa destinée..

J’avance droit devant le monde, les yeux rivés sur le néant béant qui s’offre à moi généreusement, goulûment.. Les mots portent ma colère.. Oui je suis un esprit en colère, tristement furieux, furieusement silencieux, silencieusement inconsolé.. Ils crient mon désarroi, je m’appuie sur eux comme on laisserait des béquilles supporter le lourd fardeau..

J’ai la faiblesse de croire qu’ils survivront à l’indifférence, et qu’ils pourront parler aux hommes qui viendront, car ceux d’aujourd’hui n’existent plus – ils ont fait le choix de la non-existence – de la vie que l’on a soldée en ce présent.. J’aimerais tellement en quelques lignes témoigner de ce présent là avec ses pétales flétries, de cette hantise devant le spectacle toujours sanguinolent écœurant de mon époque, de cette obsession terrifiante de permanemment vivre le déchaînement des enfers, la célébration du pathétique, veau d’or de la contemporanéité..

Vous qui viendrez après moi ayez pour moi le cœur endurci, l’apocalypse de vos jours si lointains a des relents de ma lâcheté.. J’ai la psychose des recommencements sanglants, des navrants au rabais qui relativisent les agonies noyées dans le sang des autres, et d’abord le mien..

J’avance péniblement dans ce désert blanc où je creuse de longs sillons, de petites phrases cahoteuses, par lesquels s’écouleront longtemps encore après mon extinction des feux une violence boueuse comme seul sait en vomir l’anonyme en dessous du seuil de la médiocrité..

Je suis à la recherche de l’éclat éphémère du soleil de minuit pour y déposer un moment d’éternité mon âme salement amochée par tant de tempêtes de sable.. Je vous donne ma paix..

 

2000..

2 réflexions sur “Le soleil de minuit..

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