Spectre


 

Je ne suis rien que la larme mouillant le visage austère de l’ombre exilée, captive volontaire de l’autre côté du néant.

Si peu de choses, comme une brise qui caresse par son souffle affreux, ses frissons qui brûlent, e temple charnel des hommes. Je suis le je qui n’en vaut pas la chandelle, observant chaque moment de l’existence avec le sourire du désespoir.

J’ai enfoncé des portes ouvertes qui donnaient l’illusion d’être hermétiques, cru qu’il suffirait d’avoir la foi pour voir se réaliser le miracle tant souhaité.

La foi n’est qu’un mythe qui asservit l’âme et la laisse enchaînée dans un coin du crépuscule.

Il n’y a point d’aurore pour celui qui croit, seulement la longue nuit et les pénibles tourments infligés par ses propres démons, échappés de la cage.

Ce soir, je suis le diffus qui s’estompe, un spectre – un de plus – sifflant dans les arbres la ballade des pendus.

N’ayez point contre moi le cœur endurci

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