Xtoires


A Mireille M., une Planète Bleue, dans la nuit.

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Je quête l’inspiration comme ces itinérants dans le métro. Je supplie les regards les paroles les gestes et les silences névrosés pour qu’ils provoquent en moi la transe extatique qui me mènera vers les paradis artificiels.

Et, comme pour les itinérants dans le métro, les autres passent sans un regard, une parole, un geste. Comme si. Ils n’existent pas. 

Alors, je me tourne vers la nature, je quémande aux choses mortes un peu de cette matière inerte qui prendrait vie sous ma pulsion créatrice. Je fixe les objets autour de moi dans les yeux, je me dis que par cette façon ils finiraient bien par se dévoiler et se donner à moi. Que mes yeux noirs, miroirs de mon âme grise, exprimant l’intensité de mon désarroi, toucheraient quelque chose en eux. J’insiste et je harcèle, je m’impatiente et j’abandonne, je reviens à la charge et je prends place au fond de moi, une décharge. Et rien.  

L’hiver fût une garce, mars une farce. Avril est un arrosoir, les rues font office de pissoir. Que de trombes et de douches froides. Que d’espérances avortées qui me satisfont bien. J’aime les déceptions. Les crises d’hystérie collective qui virent en groupe de soutien pour dépressifs foutus. Mais surtout, j’apprécie les stupidités qui prennent des antidépresseurs, c’est un must. Ma définition favorite de mort-vivant.

Malgré tout ça, je n’ai pas écrit un mot. A croire que même ça ne m’inspire plus. La connerie ne me fait plus bander. Mon viagra n’est plus ce qu’il était. Je crois que je vieillis mal.

Du moins, pas comme j’eus espéré, c’est-à-dire un bon et vieux salaud comme il s’en faisait dans le temps. Avant que les vieux refusent de vieillir, que les jeunes deviennent des enfants, que les adultes croupissent dans une mentalité adolescente, que les enfants se transforment tous en TDA, TDH, TDWhatthefuck. Des enfants tous malades dans leur tête qu’il faut bourrer de drogues médicamenteuses jusqu’à leur parfaite zombification. 

Dans un monde d’excités où tout est à coup sûr une maladie mentale, cachée, latente, à la mode, la dépression est désormais une cause nationale. Les gens sont mal dans leur peau. Ils consomment des cochonneries, sont connectés aux cochonneries, font des cochonneries, et sont surpris que leur esprit soit à ce point boudin. 

Ce soir, j’ai écouté s’inventer des histoires. Des aventures écrites sur du papier q.  Lues au journal avec des images hautes en couleurs. Lues à la radio avec la même cacophonie que l’on trouve dans un service de garderie. Des auditeurs s’étant soustraits à la vigilance de leur éducatrice s’amusaient à se faire délire, ou débiles, rejoints dans une ambiance bon enfant par des animateurs tout aussi de bas-âge. Partagées sur les réseaux sociaux habités par tous ces êtres d’une tristesse sans nom. 

Et je me suis dit comment font ces autres pour être aussi inspirés. Comment font-ils pour être si féconds, d’où viennent ces histoires de nuage qui rêvait d’être grand, de nains de jardin voleurs et marcheurs dans la nuit, des histoires de blonde avec un cœur qui saigne, une inondation, une blessure, le tout mixé au psychédélisme.

Moi, je n’ai que des xtoires qui ont des formes de poire, appliquées là où il faut pour soulager la constipation chronique d’un esprit trop anal. Je n’ai que des mots qui ne sortent que la nuit, à l’heure où être fou n’est pas acceptable, où les aliens peuvent bronzer en toute tranquillité, sous un ciel dont la clémence se comprend par son éloignement. Et au bout du compte, des xtoires comme un voyage au bout de la nuit, A l’aube du rien. 

Alors?

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