Drôle de choix, drôle de France


Il y a 3 mois, puis écrit il y a quelques semaines, je faisais le pari audacieux de prédire la victoire de Mélenchon à l’élection présidentielle française de cette année 2017. J’ai perdu ce pari. L’électeur français en a décidé autrement. 

Il faut le reconnaître la dernière semaine de campagne électorale fût des plus particulières, l’attentat sur les Champs-Elysées la clôturant d’une bien triste manière. 

Dans les jours prochains, les analystes et autres politologues tenteront d’expliquer la qualification d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen au second tour de cette présidentielle, les premiers résultats étant assez serrés entre les quatre principaux candidats, chacun y va de son expertise. Il y aura, cela a déjà commencé, des commentaires assez curieux et d’autres d’une certaine lucidité.

Le mien se résume en trois points : 

  1. La France qui a voté, est celle de la peur, et non de la colère. Les derniers jours de campagne électorale ont été ceux de la montée de la peur. Le Venezuela, le bolchevisme, le terrorisme. Une large partie des indécis a fait le choix de la stabilité, l’autre de la sécurité. 
  2. Emmanuel Macron s’est révélé pour de nombreux électeurs, sans doute cette dernière semaine, le candidat de la stabilité. L’appui de grands ténors politiques d’un bord comme de l’autre de l’échiquier politique, lui a permis de convaincre les hésitants, les sympathisants de la gauche dite « moderne et mondialiste », les amis de la droite dite sociale, ceux dite républicaine, les jeunes cosmopolites de la génération Uber, qu’il incarne la « nouveauté qui rassure ». 
  3. Marine Le Pen a su maintenir soudée sa base, elle a su attirer les déçus de la droite qui lui avaient fait des infidélités lorsque Sarkozy plagiait – à outrance – sa rhétorique. Marine Le Pen a su ramener les « brebis égarées » à l’étable. Et avec les Champs-Elysées, le Bataclan et le reste, rappeler à la France que l’ennemi est à l’intérieur et/ou aux frontières, qu’elle seule avait la capacité de les stopper, les traquer et de les mettre hors d’état de nuire. Marine Le Pen est la candidate de la sécurité. 

Ce constat me permet de dire qu’en fin de compte, le grand gagnant de cette élection est le néolibéralisme. Personnifié en cet establishment qui démontre encore une fois que la démocratie contemporaine est son casino où quoique l’on fasse, en bout de ligne, il ne perd jamais. Comme ce fût le cas aux Etats-Unis avec Trump.

Au-delà, des apparences, le second tour prochain de l’élection présidentielle française est sans conteste le choix entre la peste et le choléra. Un drôle de choix. Ce n’est pas la France de la liberté, de l’égalité, de la fraternité qui gagnera. C’est une autre France. Une drôle de France. 

cover-r4x3w1000-58f8a094a5be9-000-nj8s5

Publicités

Alors?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s