Inferno des Anniversaires


 

J’ai reçu comme cadeau d’anniversaire Inferno de Dan Brown. Délicate attention de ma femme, et comme l’autre dirait c’est l’intention qui compte. Elle l’a acheté il y a quelques semaines. Et elle a hésité à me l’offrir. Le vin était tiré, il fallait le boire. J’ai apprécié. Pas le livre. Le vin.

Je n’aime pas fêter mes anniversaires. Je déteste vraiment ça. Les « joyeux anniversaires » qui me tombent dessus comme des claques sur la tronche, les « meilleurs vœux » effervescents et les beaux sentiments d’un ennui terrible. Les confettis et le reste. Je déteste. Vraiment.

Je ne sais pas ce qu’il y a à célébrer dans le fait d’être venu au monde sans avoir été préalablement consulté. D’être le fruit de l’égoïsme de deux personnes, ou pire, un accident, une faute.

Je ne vois pas ce qu’il y a de si joyeux d’être victime du temps qui passe, et de se dire qu’un jour il faudra bien partir, laisser ce que l’on a construit, quitter ceux que l’on aime, sans jamais pouvoir influer le cours des choses, ni suspendre cette marche à l’inéluctable issue.

On m’a souvent dit que j’étais castrateur de la bonne humeur. Casse-couille. Casse-noisette. Cela me convient. J’aime le ballet.

 

Mon anniversaire est toujours un moment difficile à passer. L’enthousiasme des autres à vouloir faire ce qui est bien contrastant avec mon besoin de rien, voire du rien.

J’ai appris à faire des compromis, donner un peu de ce normal avec ses grands sourires, ses merci polis et lisses. Contre un peu de foutez-moi-la-paix. C’est un deal qui arrange tout le monde. Du moins, je l’espère. Si non, en vérité je vous le dis, je m’en fiche. Contrefiche.

Quelques fois, il faut savoir tracer des lignes, même si ça déplaît, même si ça peut être très impopulaire, moins friendly, pour tenir les autres hors de sa bulle. Je ne suis pas aimable, cela nécessite beaucoup de se laisser casser les burnes tout en gardant le sourire. Ce n’est pas pour moi. Si je dois me faire castrer, cela doit impérativement me faire jouir, on ne sourit pas quand on jouit. Sauf sur Youporn.

 

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J’ai traversé mon anniversaire sans accroches, un jour ordinaire, dépouillé de tout tintamarre, des hurlements « happy birthday » qui me font toujours sursauter et pour lesquels j’ai dû souscrire à une police d’assurance-vie. S’ils me tuent un de ses quatre que cela soit profitable à quelqu’un.

Je n’ai pas eu le réflexe de me mettre en retrospection, regarder dans le rétroviseur et voir les rides au coin des yeux. Je ne suis pas un passéiste. Il y a encore beaucoup de route à faire, la contemplation de ce qui a été n’a pas sa place pour celui ne sachant qu’avancer.

Je n’ai pas été dans la projection, j’ai préféré prendre le présent avec sa fugacité et un peu de cette incertitude qui le rend excitant.

Et ma femme son Inferno emballé comme il faut a glissé: « de toutes les façons, j’ai lu que tu as détesté ce Dan Brown, alors ne te sens pas obligé de faire semblant d’aimer ».

Je l’ai prise dans mes bras, et je l’ai embrassée.

 

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« C’est l’intention qui compte. Et lorsque l’on aime, on apprend à s’oublier, un peu. »

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