Dieu, ce grand enfant


« Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ». Il regarda le vide céleste de son royaume, confronté à l’insoutenable ennui d’une obscurité infinie où il était à la fois tout et si peu de choses, décida pour agrémenter cette éternité qu’est son règne, qu’il fut venu le temps de s’offrir un terrain de jeu.

La terre naquit dans un tourbillon de violences, un affrontement d’éléments, une cohabitation d’incompatibilités, un mélange de paradoxes d’où jaillit un équilibre presque parfait dont la plus étonnante expression fut le « Paradis ». Cet enfer faussement apaisé.

Dieu observa cette création particulière non sans en éprouver une fière satisfaction, modela avec une certaine habileté l’Homme à qui Il confia la responsabilité de régenter l’imposante nature.

Le problème vint de cette confiance absolue d’un créateur envers sa créature, trop frêle trop indécise, tourmentée par des passions nouvelles et moins armée pour une charge si importante, la création chancela et chuta. Le reste de l’Histoire est connue ; ce fut une longue, sanglante, triste et terrible déchéance.

Le terrain de jeux se transforma en terrain d’enjeux sur lequel des batailles d’ordre divers furent menées et continuent de l’être. Ainsi la violence à l’origine du monde resta le fil conducteur de l’aventure humaine, des boucheries innommables aux injustices effroyables, il apprit avec une grande assiduité à dominer sans savoir protéger. Et le créateur a sans nul doute obtenu, au-delà même de ses propres espérances, un divertissement unique.

« Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ». Il devait sérieusement s’emmerder pour se convaincre de la nécessité d’un tel amusement. Comme un enfant gâté Il a voulu joué au pyromane, aujourd’hui avec une religion opportuniste se nourrissant des peurs d’une humanité égoïste Il est interpellé dans chaque prière pour remplir une fonction qui Lui sied à merveille, celle du sapeur-pompier.

Mais qui est-Il donc ce Dieu, Maître de l’univers, l’Architecte de ce désastre, pour être capable de déclencher sur un caprice un tel enfer ?

En lui attribuant la régence de l’Infini, ses parents ont cruellement manqué à leur devoir, un peu comme tout un chacun, ils n’ont pas su ou pu imposer à leur progéniture des limites à l’absolutisme.

Dieu est un grand enfant qui n’a pas voulu grandir, étant de par sa naissance au-dessus de tout, de toute obligation, de toute contrainte, Il est resté dans une immaturité qui s’est avérée dramatique pour cet univers de mondes formant son empire. Dieu est un baby boomer, l’enfant-roi lâché comme un hystérique totalement incontrôlable au milieu du tout. Et la planète bleue dans laquelle l’Homme ce pion misérable tente de survivre est un cercueil suspendu dans le vide sidéral, une pierre tombale dans le vaste cimetière qu’est l’espace. Ce qui satisfait et amuse Dieu.

 

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