Sex by night


Concerto de soupirs qui s’étirent à l’infini entrecoupés de soubresauts, je suis le Chevalier d’Aquitaine qui traverse mille fois votre Achéron, liqueur etherienne s’échappant de vos lèvres gonflées de plaisir.

Je m’appelle le Ténébreux, dévalant chaque pente de votre instrument, les mains serrant à l’oppression vos monticules figées, j’éperonne votre courbe callipyge en écoutant votre souffle rythmé le silence. Voyez-vous les ténèbres qui nous acclament. De votre langue qui s’empare de mon caducée, et des flocons de neige prêtent à tomber en plein été. Sur votre visage virginal.

Je suis la fureur dans vos yeux éclatants qui ont foudroyé tant de néophytes égarés. Mes griffes sont des clous qui s’enfoncent en profondeur dans cette peau débarrassée du superflu, cette crucifixion christique pour le salut de nos âmes enfiévrées, mordant la pomme du jouissif, nous met face à nous mêmes, les masques tombent, comme la rose jadis. Et je me mets en prière entre ces Andes que sont vos jambes, je récite la langue dévote l’oraison à la Divine Mère –  Ô Aset, toi qui êtes la source de tout pouvoir cosmique, Attise le feu sacré pour que s’éveille ma conscience – elle s’élève jusqu’au mont de Venus dépouillé de végétation luxuriante. Je vous happe jusqu’à moi, le temple prends feu, Rome se meure, et nous jouons de la harpe.

Il s’orage dans mon esprit, les flots qui se déversent de votre sanctus tombent dans ma bouche, la rose est tombée pour mieux s’enraciner dans mon être chancelant. Le batteur claque, le tempo bat la mesure, un binôme comme seul orchestre, un plus un n’égale plus deux. Que votre temple charnel ouvre ses immenses portails. Que vos mains enchanteresses guident mes pas à l’intérieur de ce pomérium où votre âme est déposée. Je veux y venir. Je veux y voir. Je veux y être vaincu.  

L’éternité ne suffirait pas.

En cette nuit sans étoiles, en cette obscurité aux lunes dédoublées, que vos chaleurs soient solaires, qu’ils incendient l’univers trop étroit pour contenir vos explosions. Seules vos brûlures ont de sens pour mes sens, rendez-moi encore plus sensé, libérez-moi, faites de moi l’offrande sacrificielle afin de vous rendre davantage céleste, je suis l’agneau sur votre autel. Jouissez de me voir mourir. Tel est votre malédiction. Tel est ma destinée.

Hyperboréen. C’est donc cela l’au-delà qui succède à la petite mort. Magnifique, dites-vous.

 

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