Au commencement, le verbe était silence


Le verbe n’est pas le commencement. C’est la fin.

Le commencement débute dans la confusion, silencieuse. Dans le fatras des pensées qui n’ont pas encore été structurées, dans le bouillonnement des émotions qui cherchent encore comment être ressenties, habitées. Dans le renversement de ce qui a été établi bien avant que l’acte qui en découle ne le matérialise définitivement, au vu et su de tous.
Le commencement est indicible. Le verbe exprime ce qui déjà est engagé, est en mouvement, vers la fin. Comme une mémoire qui immortalise. Le verbe, c’est cela.

Au commencement était le silence. D’un imprononçable chaos. Le verbe en jaillit pour tenter d’ordonnancer ce qui fuse, tourbillonne, éclate. Il y a du contrôle dans le verbe, la volonté de soumettre, de donner sens, de réduire à un saisissable, de rendre conforme au système, formaté. Ceci pour assouvir le besoin d’avoir, même en apparence, l’emprise sur ce qui ne saurait dans sa nature être maîtrisé. Assujetti. Conforme. Esclavagé. Le verbe est une arme, celle qui rationnalise pour mieux tuer. Le verbe est une destruction. La mort.

Au commencement était l’imprononçable qui émane du tumulte. Celui sans signification particulière, mais de toutes les significations possibles. Le tumulte des sens pluriels, irréductibles, dilatés. Le verbe surgit et orchestre dans une symphonie malhabile le rythme haché de sonorités désaccordées. Le verbe systémique, saisissable, prononçable, babylonien.

Au commencement, le verbe s’est tu.

 

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