Gosses

Bande sonore : Thievery Corporation – Until the Morning

La première fois qu’un mec a joué avec mes gosses j’ai trouvé ça bizarre. Non pas que je sois particulièrement susceptible, encore moins que j’éprouve de la misère à voir un mâle comme moi prendre du plaisir en s’extasiant devant mes précieux, seulement il faut l’avouer c’était une drôle de sensation. Le temps passant, c’est-à-dire le temps que Barack Obama cède son fauteuil à Donald « Hurricane » Trump, avec le recul, quand j’y repense, ce n’était pas si désagréable.

Le mec ressemblait à une version efféminée du trappeur lambda que l’on croise dans les bars exigus et rustiques de Montréal. Petit, filiforme, métrosexuel branché Vogue, vague à l’âme et vague tout court, il parodiait bien la parfaite pimbêche des soirées saturnales où l’on n’attend pas d’être ivre mort pour se vider dans un réceptacle vaginal généreusement offert dans des toilettes absolument dégueulasses. Il était aussi caricatural qu’une Une de Charlie Hebdo avant et après la connerie sanglante. Pour dire sans humour. Comme Charlie, il se trouvait plutôt amusant, sympa, intellectuel, engagé, intéressant. En même temps qui lui en voudrait, vaut mieux de nos jours être un fatiguant rodomont hâbleur et péteux dans la soie qu’une couille molle et fatiguée. Cela se nomme avoir de l’assurance, du charisme, de la présence, etc. Nous en sommes rendus-là.

Au bout de trois quatre six verres, j’ai senti qu’il se passait quelque chose. Sans comprendre comment et pourquoi, j’étais aux toilettes, le réceptacle qui accueillait religieusement mon ithyphalle n’avait rien de vaginal. Vous me direz dans cet état d’ébriété peut-on vraiment être certain de pouvoir faire la différence – et avec certitude – entre être dans un vagin et être dans un trou quelconque, à bien y penser c’est possible que la chose qui astiquait mon moine avec la ferveur dévote d’un dalaï-lama en procession fusse un cul de vache. Mais je n’ai jamais vraiment rencontré de cul de vache avec un piercing sur la langue, vous vous y connaissez mieux que moi en biologie et anthropologie animales, je vous le concède. On prendra donc cette histoire ainsi que sa suite avec toutes les précautions nécessaires.

Bon, pour revenir à notre conte totalement bukowskien, vous et moi allons tomber d’accord sur le fait que le réceptacle était un orifice buccal, et que ce dernier cirait la peau de mon troisième pied avec une telle diligence que j’aurais pu me la faire voler par des détrousseurs de diligences tellement elle brillait comme un lingot d’or. Bon, si nous sommes « Oki » là-dessus, on peut avancer jusqu’au moment où j’ai fini par venir sur son postérieur doux comme un plumage de caneton et on sautera la partie s’attardant sur le massage de mes gosses par sa bouche plus experte que les mains arnaqueuses des Spa pseudo scandinaves du Québec. Bon, la cassette est calée, arrêt sur image : des fesses souillées par mon liquide séminal, excellent.

La suite, c’est un mec qui nettoie tout le bordel dégoulinant, et moi qui remonte difficilement mon jeans pourri en tentant de ne pas laisser le crucifix entre mes jambes se faire accrocher par la braguette. La scène suivante, je suis assis à droite du Christ que les intimes du bar surnomment « Hendrix » et en partant de la gauche de la Cène juste près de Marie Madeleine que les habitués apostrophent « Hey ! Foufoune électrique ! Comment vont les affaires ?! ». Je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé il y a deux secondes à peine, je reprends une autre bière pour me rafraîchir la mémoire, pour en finir avec cette histoire, et ça ne marche pas.

Bon, bref, mes gosses ont baisé un mec.

Bande sonore : Gramatik – Just jamming

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