Sucer ce n’est pas tromper

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Dans une galaxie pas si lointaine de la nôtre, la fellation était inconcevable. Les moins de trente ans ne l’ont pas connue. Dans cet ailleurs qui semble de nos jours tellement moyenâgeux ,sucer était une « horrible perversion ». Une époque terrible. Aujourd’hui, les choses sont de retour à la normale.

L’ héritage de Cléopâtre – cette légendaire « grande bouche » luxurieuse (Thierry Leguay, La fabuleuse histoire de la fellation) – est sauf. Sucer, c’est maintenant comme donner une bise.  Jacques André dans La sexualité masculine le confirme :  la fellation est à l’heure actuelle « une figure imposée de la vie sexuelle – au même titre que le cunnilingus ». Pour dire, un incontournable.

Quelques fois, sucer remplace la bise. Surtout s’il y a risque d’un baiser; or le baiser, vous le savez est une infidélité quasi impardonnable.

 

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« Émotionnellement, le baiser sur la bouche est très impliquant. Souvent plus que la relation sexuelle ». Embrasser, avec ou sans la langue, c’est de l’amour, de la tendresse, c’est intime. Dans la norme sociale et la convention des mœurs, en couple on n’embrasse qu’une bouche. Au cinéma, dans les livres, dans la culture, embrasser c’est la communion des cœurs, l’accord de sentiments. La bouche signe au bas du parchemin. Avec ou sans langue.

Dans la vie quotidienne, embrasser la bouche d’une personne est le rituel réservé et exclusif à ceux qui s’aiment (dans sa réflexion intitulée Le baiser : Le corps au bord des lèvres (2005) Alain Montandon y consacre tout un ouvrage, dans lequel on apprend d’ailleurs qu’il est une construction culturelle – occidentale – et que chez certains peuples il pouvait être associé au cannibalisme). Ainsi le matin quand vous vous levez, vous déposez vos lèvres désireuses sur celles de votre tendre moitié en suivant une « tradition » séculaire, et vous ne comptez pas le nombre de fois que vous le répétez dans la journée.

Il y a dans ce simple geste une confiance une complicité un attachement une affection un « instantané de bonheur ». On donne, offre, une part de soi. On prend, reçoit, une part de l’autre. L’échange. Une affirmation, une promesse. Une déclaration. Un engagement. Le contexte est intérieur, un jardin, un huis-clos. La bouche est le medium, le medium est le message, comme dirait l’autre. Des paroliers inspirés l’ont écrit avec beaucoup plus de finesse poétique que tout mon charabia indigeste :

 

Des milliers de baisers, des milliers de milliers

Un à un de mes lèvres à tes lèvres déposées

Des millions de secondes, instantanés de bonheur 

Des milliers de baisers, des milliers de milliers

Un à un de nos lèvres sur des peaux déposées

Des milliers de pensées, de moments d’éternité

– « Des milliers de baisers », texte de Jean-Jacques Goldman et Erick Benzi.

 

Goldman l’a résumé en un titre génial : Sache que je.

« Le baiser amoureux et érotique, déjà esquissé dans le modèle de l’amour courtois (Nelli, 1963) occupe une place centrale dans la structuration des rapports amoureux contemporains en Occident, devenant le signe d’une relation privilégiée, essentiellement intime » – Denise Medico et Joseph Josy Lévy, « Le premier baiser », revue Adolescence, mars 2005, numéro 53, p. 709-716.

 

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Le baiser est sacré, ou a été sacralisé, au fil des âges (Gerald Cahen dans Le baiser, premières leçons d’amour. (1997), le mémoire de Denise Medico Pratiques et représentations contemporaines du baiser amoureux (1999) et Le baiser (1999) toujours de Denise Medico et Joseph Josy Lévy observent l’évolution à travers le temps de ce geste pas aussi vieux comme le monde).

Voilà sans doute pourquoi, embrasser quelqu’un d’autre que son cocontractant dans la relation dite amoureuse est pour certains une véritable trahison. On trompe en laissant une bouche étrangère s’introduire dans le huis-clos intimiste, on partage avec une autre bouche ce qui devrait être un « Je t’aime » exclusif ; c’est donc beaucoup plus inacceptable que le sexe oral. Sucer n’est pas tromper.

« La fellation n’est en rien une application parmi d’autres du « principe » : « Un trou est un trou » – ce n’est probablement qu’aux confins de la schizophrénie que cette formule sonne psychiquement juste […]. Une version rassurante fait de la fellation la réinterprétation par la sexualité adulte de la scène de l’allaitement, sexualisant ce qui ne l’était pas. » –  Jacques André, La sexualité masculine (2013)

 

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Une pipe, ce n’est pas si offensant, on l’entend quelques fois cela ne veut pas dire ce que ça pourrait signifier. Les circonstances les motivations peuvent atténuer ou relativiser l’acte, « Une fellation, ça ne compte pas ! » affirment plusieurs hommes et femmes. Tout ce beau monde a ses raisons, sa conception et son acceptation de ce qui est infidélité.

On ne reprochera jamais à une bouche de s’empiffrer – faut bien se nourrir – en essayant d’autres saveurs, mais on lui en voudra de partager les sentiments les plus intimes qu’elle a choisis de ressentir pour nous avec d’autres.

On lui en voudra de les offrir à autre que soi, puisqu’elle nous a implicitement promis l’exclusivité. Il est là le pacte tacite passé par le baiser. C’est fortement sentimental. Embrasser une autre bouche, c’est briser ce pacte et provoquer le grand drame des sentiments trahis.

« Les dauphins pratiquent parfois la fellation, les écureuils se masturbent, il existe des canards homosexuels ainsi que de la zoophilie : on a vu des éléphants monter des rhinocéros. La nature est souvent exubérante, parfois même libertine. » – Jean-François Dortier, « La sexualité, des tomates aux Étrusques » in Le sexe en 69 questions, Sciences humaines, vol. 284, numéro 8, 2016

 

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En fait, à ce moment de votre lecture, vous vous posez sans doute la question de savoir ce qu’est l’infidélité. Vous avez sans aucun doute une idée fixe sur le sujet. Elle est – et j’en fais le pari – tributaire de la norme sociale et culturelle façonnée de toutes pièces. Jacques Arènes dans La fabrique de l’intime : Le couple, le sexe et l’enfant reprenant les études scientifiques et philosophiques sur la monogamie analyse l’impossibilité de cette construction sociale et ce choix politico-culturel.

La fidélité est un concept foncièrement artificiel, elle n’existe nulle part ailleurs dans la nature. Les êtres vivants par essence sont polygynes. Les sentiments amoureux ne sont pas permanents et éternels, le désir sexuel ne peut pas être constamment être provoqué par une seule personne – des recherches en neurobiologie l’attestent dans un couple « au bout de quelques années, perd notablement de son intensité ». L’être humain est une entité de mouvements et en mouvement, de découvertes et en découverte. Il ne peut être figé, ni dans une définition fermée ni un réel immuable.

Le « couple » fabriqué autour de la relation d’exclusivité (sexuelle, sentimentale, juridique) est à cet effet un produit civilisationnel. Un tel produit permettant de réguler un certain nombre de situations bien plus qu’un élan ou une disposition naturels. Cette réalité factice du couple imposée aux personnes prend ses racines dans une multitude d’intentions, pour ne citer que quelques-unes on pourrait penser au modèle de société égalitariste qui voit au couple un moyen de limiter le pouvoir « despotique » de certains individus qui s’accaparent toutes les « bonnes ressources » disponibles ou prétendant y avoir des « droits ». On songe à la constitution des harems. Le couple est dès lors sur cet aspect une manifestation de l’organisation sociale égalitariste, chacun a le droit à une personne à la fois. Cela a aussi l’avantage d’assurer un minimum de paix sociale (l’élimination de la « compétition spermatique » par exemple), de stabilité (l’équilibre « complexe » dans les rapports entre les différents groupes sociaux), de sécurité (matérialiste).

 

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De l’autre côté, la monogamie consacre le christianisme, le couple et la fidélité conjugale devenant l’une des assisses de l’emprise du religieux (l’infidélité associée à une rupture de l’alliance sacrée du mariage, mais également de Dieu). Les sociétés prétendues modernes ont sorti le religieux du corps social à grands coups de laïcité tout en transformant des principes moraux essentiellement religieux en règles athéistes universalisables. Elles ont changé l’habit, le moine est demeuré.

Nous avons culpabilisé l’infidélité. L’infidélité est devenue mal, la polygamie inacceptable (sans parler de la polyandrie), grâce à la seule volonté des hommes. Des hommes, pas des femmes.

Vous me direz le féminisme y est aussi pour quelque chose. Vous aurez raison. Mais la question que je vous poserai alors est de savoir s’il est possible que les arguments féministes n’aient pas renforcés la mainmise de l’homme sur la femme dans le sens que la fidélité est restée d’abord de facto et trop longtemps de jure une obligation concernant la femme bien plus que l’homme. Et que consacrer la fidélité du couple fût l’acte brillant du patriarcat afin de s’assurer du contrôle et de la soustraction de la femme.

La femme sexuellement assujettie à « un » homme, enlevée du harem-baisodrome pour une chambre à coucher-prison. Le « Tu m’appartiens » restant l’expression mâle d’une chosification totale et d’un usage exclusif de la femme. Peut-on regarder les gains apparents du féminisme dans ce champs précis qu’est le couple hétérosexuel comme le maintien d’un statu quo.

De nos jours, l’impitoyable condamnation sociale des infidélités féminines comparativement à celles des hommes démontrent qu’au fond l’évolution claironnée partout est discutable. La femme infidèle est encore la salope, personne n’oubliera la pute qu’elle est, elle est foutue. L’homme infidèle est un salaud qui peut se faire réélire, avoir une promotion professionnelle, mener une belle carrière à la Bill Clinton et consorts, être un « connard » fini en étant tout de même perçu comme un « vrai mâle », il est loin d’être foutu. La charge de fidélité n’a pas un poids pareil si on a un pénis ou un vagin ; de telle sorte qu’en reprenant de façon inversée et en la modifiant la formule de Michel Onfray dans sa Théorie du corps amoureux, la fidélité est un égalitarisme misogyne.

 

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Si l’infidélité est naturelle chez l’être humain et que la fidélité est contre-nature, il n’en reste pas moins que dans la vraie vie nous pensons différemment. Ainsi, nous décidons de ce qui est considéré ou non comme une infidélité en l’inscrivant souvent dans une intensité dramaturgique.

En couple, le corps de l’autre devient une espèce de copropriété indivise, nous nous sentons investis (par la société et par autrui lui-même) de l’autorité d’y exercer les droits inhérents, « nos » droits. Nous ne nous arrêtons pas au corps en tant que matière, les pensées dans lesquels libidos et désirs sont refugiés n’y échappent pas. Autrui notre amoureux cocontractant doit nous avoir pour fantasme, nous devons être « sa » source d’excitation et de jouissance.

La fidélité au-delà des fondements de sa fabrique se manifeste aussi comme une exigence égoïste et égocentrique de nos propres besoins psychologiques, et ils sont nombreux. La fidélité est une idée narcissique. C’est une idée intenable, puisque tout le monde finit par tromper tout le monde, par la pensée ou la chair, à un moment donné ou à un autre. Inévitablement. Naturellement. 

Nous sommes des personnes libres, nous ne pouvons accepter de perpétuer une tradition qui n’a aucun bon sens. Le couple ne devrait pas être un enfermement, l’autre ne devrait pas devenir une forme d’objet exclusif. Ce n’est pas sain. Nous devrions pouvoir définir un cadre relationnel amoureux personnalisé, répondant à la spécificité de chaque couple, au lieu de nous contenter de celui que nous avons hérité et de nous l’appliquer indifféremment de nos attentes, de nos satisfactions. La personnalisation, l’adéquation, la fin de la morale bourgeoise, devraient être le maître-mot. La norme. Le choix de ses propres règles du jeu (amoureux) sans en subir le courroux social. Libres. 

 

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« Imprégnés de valeurs individualistes, unis par les liens affectifs, les couples d’aujourd’hui n’en aspirent pas moins à la stabilité et la fidélité. Seraient-ils plus conformistes que le laissent paraître les apparences ?

Emmanuelle est une femme qui vit de façon très libertaire avec son époux, Jean. Dans l’avion qui la conduit à Bangkok pour rejoindre son mari, la belle croise le chemin de deux hommes, avec qui elle partage fugacement quelques plaisirs. À Bangkok, elle s’entiche de deux jeunes filles. Jean, pour sa part, souhaite pousser sa femme dans les bras d’un sexagénaire pervers…

On reconnaît là le synopsis du film éponyme Emmanuelle. Sorti en 1974, non sans un léger parfum de scandale, le long-métrage illustrait de manière subversive un nouvel idéal de relations conjugales.

Loin, bien loin de la formule romantique du couple traditionnel des années 1950, il affirmait le plaisir sexuel comme l’un des buts de l’union conjugale : plébiscite de l’indépendance et de l’épanouissement des conjoints en somme, quitte à rechercher le plaisir à l’extérieur de l’union.

Toute la génération des années 1970 n’a pas eu le destin d’Emmanuelle, loin s’en faut. Mais ces quelques années ont marqué une rupture sans précédent dans la petite histoire du couple. L’œil de la sociologie actuelle permet d’analyser avec recul cette transformation, dont les ramifications n’ont pas fini de nourrir les rapports hommes/femmes d’aujourd’hui.

« Être libres ensemble », voilà comment François de Singly formule le défi du couple moderne, celui issu des années 1970.

Dans le modèle de la modernité, chacun préserve son jardin intérieur, les partenaires sont « deux sans se confondre ».

La rupture est envisagée comme possible dès le début.

Quand l’union n’est plus synonyme d’épanouissement personnel pour les deux parties, elle cesse. Elle ne se poursuit qu’en raison des bilans positifs tirés régulièrement par les deux partenaires.

Pour Anthony Giddens, la pureté a pris à ce moment la place du romantisme, pureté signifiant ici authenticité. Mais, paradoxalement, c’est à l’avantage des femmes,

le romantisme reposant au final sur une inégalité entre les genres et sur une demande d’exclusivité sexuelle.

Pour le sociologue, en effet, le modèle de fusion romantique ne fonctionne que si l’un des conjoints accepte de réduire sa subjectivité à celle de l’autre.

Or historiquement, rappelle-t-il, ce sont les femmes qui étaient destinées à « disparaître » dans le couple. Ti-Grace Atkinson, à ce propos, nous gratifiait d’une joyeuse formule en affirmant

les femmes victimes, via le mariage, de « cannibalisme métaphysique » (les femmes faisant de l’amour davantage que les hommes l’essentiel de leur vie).

Serge Chaumier, pour sa part, appelle « amour fissionnel » ce nouveau type de rapport entre partenaires.

Pour lui, même si l’idéal romantique demeure prégnant,

la fusion est en recul dans les pratiques quotidiennes. Le temps est à l’émergence du ternaire : 1 + 1 = 3.

La relation est la réunion de deux histoires, qui ouvre sur une troisième histoire.

Il est loin le temps où faire couple signifiait tout partager, du programme télévisé aux sorties entre amis.

  • Le couple n’est plus la confusion de deux destins…

L’individu moderne rêve d’une union tout en tenant à son autonomie et à son indépendance personnelle.

Particulièrement les femmes qui ont le désir maintenant d’exister pour elles-mêmes.

Cette transformation de l’intimité se révèle dans les nouveaux modes de vie en commun. Les unions sont non seulement plus tardives (laissant à chacun, homme comme femme, le soin de se réaliser, dans les études par exemple, et d’accumuler des expériences sentimentales) mais, par ailleurs, n’impliquent plus automatiquement la cohabitation. Ainsi, un même individu peut affirmer conjointement qu’il vit en couple et que chacun a conservé sa résidence personnelle. Pour Jean-Claude Kaufmann,

faire couple aujourd’hui, ce n’est plus nécessairement partager un quotidien, c’est se « déclarer un couple ».

[…]

La fidélité, madeleine de Proust du couple moderne?!

De nouveaux modes de mise en couple certes, mais, on le voit, l’attirance pour le mariage traditionnel et la vie de famille reste manifeste, jusqu’à toucher les couples gays en mal de reconnaissance. Passer à la mairie reste le moyen d’officialiser l’union vis-à-vis à l’extérieur. Si le nombre de pacs augmente chaque année, il n’en reste pas moins nettement inférieur au nombre de mariages célébrés. En 2006, on célébrait trois fois plus de mariages que de pacs.

  • Le nouveau couple serait-il en somme plus traditionnel que les représentations actuelles le laisseraient penser ?

Finalement, le couple moderne a-t-il redéfini les rapports homme/femme ? Si les filles sont plus libérées, il semble qu’une fois les couples formés, les attributions classiques des hommes et des femmes se retrouvent (entretien p. 32).

Exemple frappant : la paternité a très peu d’impact sur la vie professionnelle des hommes vivant en couple. Parallèlement, si les mères ont globalement gagné leur indépendance au travail, il n’en demeure pas moins que 20 % d’entre elles ne travaillent pas, contre respectivement 3 % des femmes sans enfants.

Interroger le nouveau couple signifie également aller voir du côté des jeunes comment les représentations de l’union conjugale ont évolué. Dans le cadre d’une étude très large réalisée sur une période de douze ans à l’université de Liège des individus de plus de 18 ans ont été interrogés sur leur vie intime.

  • On a observé une prise de distance nette avec les valeurs véhiculées pendant les années de libération des mœurs.
    • Dans les années 1970, il était fréquent d’avoir plusieurs partenaires, d’aimer plusieurs individus à la fois.
    • En 2002, date de l’enquête, ils ne sont plus que 3 % des 30-35 ans à plébisciter ce type d’unions, qui ne recueille guère davantage de suffrages chez les plus jeunes.
    • À l’inverse, 62 % des moins de 20 ans s’estiment d’accord avec l’affirmation selon laquelle la fidélité est essentielle au bonheur du couple, presque autant que les individus de plus de 45 ans.

L’amour sans sentiments est condamné, non par respect de soi, mais parce que, analyse la sociologue Bernadette Bawin-Legros, « les hommes et les femmes postmodernes désirent de la tendresse et une intensité affective ».

Pour la sociologue,

rester fidèle le temps de l’amour est une absolue nécessité, même si ce dernier ne requiert plus le sérieux de la durée.

En clair, on se sépare plus facilement, le cadre législatif donne une certaine souplesse en ce sens, mais l’on cherche une communion de sentiments le temps de l’union.

Les jeunes ne défendent plus le droit à la jouissance, ils sont désormais plus soucieux d’un couple stable que de consommation sexuelle sans amour.

Enterrement de vie de garçon, de vie de jeune fille, retour en force des fiançailles, le regain de ces anciens rituels observés chez les nouvelles générations ne serait-il pas le témoignage d’un retour de balancier ?

Le fait qu’à présent tous les comportements en la matière sont permis a, selon la sociologue, démystifié le sexe.

Par ailleurs, beaucoup d’enfants de la génération 1970, marqués par la séparation ou le divorce de leurs parents, cherchent en contrepoint une sécurité affective.

Déclarer la « fidélité » valeur centrale du couple n’est pas synonyme de respecter un régime de monogamie strict à l’intérieur de l’union conjugale (article p. 36).

Loin s’en faut. L’enquête réalisée à Liège a cependant le mérite d’interroger les « représentations » du couple chez les jeunes. Savoir ce qui « fait » le couple dans l’esprit de la génération nouvelle est aussi détaillé dans l’étude.

  • On s’y attendait, les jeunes sont moins nombreux que leurs aînés à considérer la cohabitation comme le signe incontournable de la vie conjugale.
  • Seuls 8 % des moins de 20 ans affirment que c’est « cohabiter sous le même toit » qui fonde l’union.

Avoir des enfants n’est pas plus considéré comme le marqueur de la conjugalité :

  • à peine 5 % des moins de 20 ans estiment que la progéniture donne aux partenaires une identité de couple.

En revanche,

ils sont 55 % à percevoir le « partage d’idées et de sentiments » comme l’essence de la vie à deux.

Rien d’étonnant, affirme la sociologue :

la nouvelle jeunesse voit dans l’épanouissement personnel un Graal à atteindre, épanouissement qui passe par le couple, mais aussi par le travail et les activités de loisir.

Dans une époque symbolisée par la montée de l’individualisme, le développement personnel prend de l’importance.

  • Au nom du « bien-être », il promeut conjointement les notions de réussite, de performance, et la recherche d’une vie intérieure enrichie.

Le nouveau couple est à l’image de ces injonctions. Tout à la fois exigeant en qualité de sentiments, donc limité dans le temps (on n’hésite pas à se séparer quand le sentiment n’est plus au rendez-vous), il n’en demeure pas moins traditionnel dans ses valeurs.

La génération moderne reste porteuse d’idéaux réconfortants de réalisation de soi, qu’elle applique le temps que l’union dure :

  • authenticité,
  • sincérité et
  • stabilité.

« La spirale de l’individualisme n’équivaut pas à la débauche des corps, mais à la recherche de rapports constructifs », résume B. Bawin-Legros.

Au sein du nouveau couple,

  • revendiquer son individualité ne signifie pas forcément oser toutes les libertés. »

– « Libres et fidèles ! », Sciences Humaines, 2007/12 (N°188), p. 7.

 

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« La monogamie est-elle naturelle ? Constitue-t-elle dans le monde vivant la règle ou l’exception ? La monogamie animale peut-elle être invoquée pour justifier ou dénoncer la monogamie humaine ? C’est à ces questions que répond cette histoire naturelle d’un nouveau genre, fondée sur une analyse critique des travaux publiés en écologie comportementale et en neurobiologie, mais aussi en anthropologie et en sociologie, des plus anciens aux plus récents. Sont tour à tour exposés les multiples facettes de la monogamie, son caractère paradoxal du point de vue de la logique d’évolution du vivant, et les raisons profondes du découplage entre fidélité sexuelle et lien social. Le tout servi par de multiples exemples et des descriptions variées qui témoignent de la formidable diversité des conduites animales et humaines.
En ressort l’image d’une monogamie plurielle, riche de ses contrastes, à l’opposé d’un régime d’appariement monolithique. Rédigé dans un style engageant et agrémenté de nombreuses notes explicatives ainsi que d’une bibliographie très complète, cet ouvrage ravira le lecteur profane en même temps qu’il constituera une référence essentielle et unique pour les chercheurs et les étudiants. »

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« […] Il est certain que dans la nature,

le régime le plus fréquent est la polygynie, c’est-à-dire l’association d’un seul mâle avec plusieurs femelles.

Depuis les années 1960, les tenants de l’écologie comportementale analysent l’organisation sociale de la reproduction en partant de l’asymétrie fondamentale entre le potentiel reproducteur des mâles et celui des femelles.

Du fait qu’un seul spermatozoïde est nécessaire pour féconder un ovule, chaque mâle est a priori capable de féconder un grand nombre de femelles.

À l’inverse, une femelle ne gagne rien à multiplier les partenaires sexuels puisqu’un seul et unique mâle peut suffire à fertiliser les ovules qu’elle produit à chaque épisode de reproduction.

  • Comment expliquer cependant que la monogamie soit présente, certes en moindre proportion, chez une large gamme d’espèces, des invertébrés aux vertébrés ?

Chez les termites par exemple, les colonies sont fondées par un unique couple de reproducteurs. Pourquoi la polygynie ne constitue-t-elle pas le seul modèle d’association ?

En fait, chez plusieurs espèces, les mâles sont assujettis à la monogamie pour des raisons d’ordre économique, les ressources essentielles à la survie n’étant pas réparties de façon à permettre le regroupement des femelles. Lorsque les ressources sont rares dans l’environnement, les femelles sont conduites à se disperser pour pouvoir les exploiter. Il devient alors impossible pour un mâle de contrôler, face à ses rivaux, un espace suffisamment riche en ressources pour accueillir l’ensemble des femelles et les progénitures à venir. Les mâles ne peuvent donc être polygynes que si les conditions environnementales l’autorisent.

D’autre part,

  • certaines contraintes anatomiques peuvent canaliser la monogamie au cours de l’évolution. C’est ainsi que 95 % des oiseaux sont socialement monogames, contre environ 5 % des mammifères.

Cette différence s’explique facilement :

  • chez les mammifères, la gestation dans le ventre de la mère et l’allaitement allègent les mâles de leur contribution aux soins parentaux. Pour les oiseaux, il en est tout autrement : si le mâle ne participe pas à l’incubation des oeufs, il y a toutes les chances pour que la couvée échoue, par exemple lorsque la femelle devra l’abandonner pour aller se nourrir. C’est le succès de la reproduction qui est alors en jeu.

Tous les couples sont dans la nature. Il existe des associations polygynes ou monogames, comme il existe différents types de monogamie : monogamie avec soins des parents envers les petits ou non, monogamie avec fidélité ou infidélité…

L’association entre monogamie et soins des deux parents, tout en étant un grand classique, particulièrement chez les oiseaux, ne s’érige pas en règle absolue, loin s’en faut. Certaines espèces pratiquent une véritable monogamie sans autant délivrer de soins à leur progéniture. C’est par exemple le cas de certains poissons dont les jeunes, nés sous la forme de larves planctoniques, sont autonomes dès la naissance.

Dans certains cas, la monogamie peut même s’accompagner d’une prise en charge totale des soins par les mâles. Ce cas s’observe chez l’hippocampe qui n’est pas sans poser question chez les biologistes, tant il illustre un cas paradoxal du point de vue évolutif. […]

 

À la recherche d’une monogamie humaine…

  • La monogamie animale peut-elle être un élément de référence pour justifier ou invoquer la monogamie humaine ?

Le questionnement à propos des origines naturelles de la monogamie chez l’homme n’est pas nouveau. Au xixe siècle, Rémy de Gourmont doutait de trouver une espèce animale se conformant à la monogamie idéale, pour justifier la monogamie des humains :

« Il n’y a d’animaux monogames que ceux faisant une seule fois l’amour dans leur vie. (…)

Il y a des monogamies de fait ; il n’y en a pas de nécessaires, dès que l’existence de l’animal est assez longue pour lui permettre de se reproduire plusieurs fois »,

n’hésitait pas à affirmer l’écrivain.

La question de la monogamie chez les animaux est tangible dès le siècle des Lumières. Il s’agit de justifier par la « nature » le modèle de conjugalité des humains imposé jusqu’ici par l’Église.

Au xviiie siècle, le naturaliste Buffon vantait les mérites de l’union monogame chez les oiseaux en qui il reconnaissait « plus de tendresse, plus d’attachement, plus de morale en amour » que chez la majorité des quadrupèdes.

Peut-on chercher des raisons « naturelles » à la monogamie humaine, capables de trancher le débat d’un Homme naturellement monogame ou pas ?

Tout ce qui précède contribue à établir que la monogamie animale ne découle pas nécessairement d’un déterminisme naturel.

Elle peut être le fruit d’une adaptation d’ordre économique.

En conséquence, toute référence à un caractère naturel ou pas de la monogamie humaine semble une démarche peu pertinente. Par ailleurs, la plupart des espèces de singes proches de l’homme ne sont pas monogames.

L’absence d’une référence « naturelle » nous interdit-elle pour autant de développer une analyse scientifique de la monogamie humaine ? Certainement pas, à condition de ne pas tomber dans la caricature de l’homme volage et de la femme chaste.

Les psychologues évolutionnistes avancent des enquêtes censées révéler l’invariance du tempérament de chaque sexe au travers du temps et des cultures.

C’est ainsi que la consommation de matériel pornographique bien inférieure chez les femmes que chez les hommes, quel que soit le pays considéré, est brandie comme une preuve irréfutable que la sélection naturelle a façonné les filles pour être foncièrement monogames, alors que les hommes sont essentiellement polygynes.

Triste argumentation qui feint d’ignorer que la sexualité hédoniste des humains s’est depuis longtemps affranchie de toute finalité reproductive, et oublie de mentionner que l’attrait des femmes pour la pornographie (généralement élaborée à l’intention des hommes) varie largement dans l’espace et dans le temps, en relation directe avec le degré d’émancipation sociale des femmes.

À la vision d’une espèce humaine génétiquement engoncée dans des rigidités,

  • il convient de substituer la réalité d’une plasticité du système nerveux humain qui autorise un très large ajustement des conduites et des états mentaux aux variations de l’environnement.

L’identité sexuelle de l’Homme se construit dans un référentiel culturel et économique.

En quelques années, les femmes norvégiennes prenaient leur indépendance économique, dans le même temps, elles devenaient plus proches des hommes dans leur comportement sexuel et leur jugement sur la sexualité.

Par ailleurs,

l’éducation a un impact significatif sur le comportement sexuel des individus.

Une enquête réalisée au milieu des années 1970 aux États-Unis a montré que plus les garçons et plus encore les filles avaient reçu un niveau d’éducation élevé plus ils commençaient tardivement leur sexualité.

La question de savoir si l’espèce humaine est monogame ou polygyne ne se pose ainsi pas en des termes naturalistes.

À ce titre, l’amélioration, plus ou moins constante, de la condition économique des femmes au sein des sociétés occidentales les rend irrémédiablement autonomes. Elle en fait, à part égale avec les hommes, les acteurs de la vie en couple.

Déculpabilisées vis-à-vis du plaisir sexuel, elles se révèlent autant capables que les hommes de privilégier la fidélité ou la diversité dans les rapports amoureux.

Ce qui installe progressivement

  • l’espèce humaine dans une monogamie sérielle, ponctuée d’unions et de séparations initiées équitablement par chaque sexe, sorte de compromis entre l’avantage économique d’une vie à deux et la tentation, plus ou moins forte selon les individus, d’exacerber son plaisir dans la nouveauté… »

– Cézilly, F. (2007). La monogamie est-elle naturelle ?. Sciences Humaines, 188(12), 10.

 

 

 

 

 

 

« Le couple semble triompher partout, quoique d’un putatif triomphe à la Pyrrhus tant, a priori, un couple, on ne sait pas très bien ni ce que c’est, ni à quoi ça sert, et encore moins comment ça marche. Chaque couple semble toujours ouvert à la double possibilité d’une tragédie et d’une comédie : la tragédie de la trahison, de la séparation, de la douleur, de la honte, et la comédie de la rencontre, de la parade amoureuse, de la réconciliation perpétuelle, du remariage. The Winter’s Tale (Le Conte d’hiver), la tragicomédie de Shakespeare qui commence si tristement avec la jalousie de Léonte, la brouille avec l’ami fidèle Polixène et la mort d’Hermione et finit si gaiement avec le mariage de leurs enfants, en est peut-être le plus parfait modèle. À moins que ce ne soit l’inverse, plutôt On ne badine pas avec l’amour de Musset qui commence en comédie et en jeu badin avant de finir en tragédie avec la mort de Camille. Dans les deux cas, le couple apparaît comme une union pour le meilleur et pour le pire, dans laquelle il faut entendre « pour » non en tant que « face à » mais en tant que « en vue de », en tant que finalité – s’accoupler est peut-être le plus sage et le plus fol des actes qui vise autant à souffrir qu’à se réjouir, autant à fuir la solitude qu’à se lasser de la promiscuité, autant à s’étranger de ses petites habitudes qu’à s’en inventer de nouvelles.

Un peu comme en amour, sauf que le couple est presque à tous égards le contraire de l’amour : en amour on peut rêver de l’autre sans fin, dans le couple il faut vivre avec ; l’amour est d’abord une élection, le couple une condition ; l’amour pousse à la folie, le couple est plutôt là afin de s’en protéger ; l’amour est idéal, le couple une suite infinie d’emmerdements matériels, y compris quand on est riche. Et en vérité, c’est même encore plus compliqué tant, au moins à un frêle et mince égard, le couple reste malgré tout bel et bien l’amour : aimer, n’est-ce pas le plus souvent rêver de se coucher tous les soirs avec elle ou lui, de se réveiller chaque matin avec elle ou lui, de tout partager avec elle ou lui, bref de vivre en couple ?

D’où la cascade d’apories et de contradictions qui nous tombent dessus dès que nous cherchons à le définir en première instance. Est-ce la première expression de l’amour, son horizon indépassable ou déjà son affaissement, sa maladie ? Est-ce un jeu qui se joue à deux ou à trois (avec le rival, la maman, la putain, l’enfant, le chat…) ou à beaucoup plus que trois ? Est-ce un signe de maturité et de civilisation (accepter l’ordre social, ne plus penser qu’à soi) ou plutôt de barbarie (« L’amour d’un seul est chose barbare parce qu’il s’exerce au détriment de tous les autres.

L’amour de Dieu aussi », disait Nietzsche) ? Une conquête, une lente construction ou déjà la terreur d’une perte ? Une lâcheté ou un orgueil ? Une nouvelle puissance ou de nouvelles chaînes conjugales remplaçant les anciennes chaînes parentales ou les anciens rituels obsessionnels de la vie de célibataire ? Un libre choix, l’élection réciproque des amants, ou une duperie : de nos gènes, de nos déterminations sociales, de nos déterminations inconscientes ? Et à quoi sert-il de vivre en couple ? À se protéger ou à se mettre en danger ? À s’ouvrir ou à se clore ? À se reproduire ou à se conserver, les deux étant effectivement antinomiques si l’on admet avec Hegel que les enfants sont la mort des parents ?

Mais il y a bien plus énigmatique encore, le problème de son fonctionnement. Le couple, comment ça marche ? Il y a tant de couples qui ont tout pour s’aimer et qui se brisent à la première vague et tant d’autres couples, si mal assortis, si tristes, si dysfonctionnels, et qui tiennent toute une vie. Est-ce donc un art de la fusion (se composer à deux un corps et une âme plus puissants) ou au contraire un art du compromis et de la bonne distance ? Est-ce un numéro d’équilibriste dans lequel il s’agit toujours de trouver le juste milieu entre deux excès (la fusion et l’indifférence) ou un art dialectique de la mise au travail des contraires dans lequel il faudrait tout donner, puis tout perdre pour ensuite tout retrouver ? Est-ce un art de la négociation perpétuelle (des désirs, des tâches, des projets), au risque de transformer l’alcôve amoureuse en chambre notariale, ou un art de la dissimulation visant à préserver à tout prix la cristallisation initiale, au risque de figer toute vie en une image morte du passé ? Est-ce un art de la synthèse (2 = 1), apprendre à parler d’une seule voix et à regarder dans la même direction, ou au contraire un art de l’analyse (1 = 2), l’art de savoir éclaircir les motifs de conflit en les ramenant aux désirs et aux intérêts individuels discordants qui les constituent ? Nul ne peut savoir d’avance : le couple est d’abord une cascade de questions sans réponse, une constance sans boussole.

Une famille, un clan, une dynastie ou encore une meute, on savait à peu près ce que c’était – une institution politique, l’affirmation d’une puissance – et à quoi ça servait – assurer la pérennité du groupe à travers ses deux grandes exigences éthologiques et anthropologiques : l’alliance et la filiation, l’élargissement de ses forces horizontalement par l’exogamie et verticalement par la transmission lignagère. Mais un couple est bien plus étrange, comme si ce processus presque « naturel » d’agrégation sociale semblait s’être arrêté à mi-parcours. Un couple, c’est certes la reconnaissance de cette vérité anthropologico-politique qu’aucun humain ne peut vivre seul dans les jungles immenses, même pas y survivre, mais c’est aussi bien sa négation puisque l’on s’arrête à deux, c’est-à-dire presque dès le départ – on s’y allie, on s’y reproduit même parfois, mais sans instituer cette alliance et cette filiation, donc sans vraiment faire société ou communauté. Étrange demi-vouloir, étrange état stable loin de l’équilibre, étrange formation de compromis apparent entre les exigences de l’espèce ou de la société et celles de l’individu, formation qui fait de l’homme générique, suivant le terme un peu barbare d’Aristote, un être « syndiastique », c’est-à-dire destiné à vivre à deux, dont presque tout le monde prend acte mais sans parvenir vraiment à l’expliquer.

Étrange condition donc, qu’on peut autant qualifier de contre-nature (s’émanciper des grandes structures millénaires de parenté et donc se constituer contre la société qui est la vraie nature de l’homme : Roméo et Juliette, c’est-à-dire une solution qui ne marche pas) que d’hyper-naturelle (se rapprocher de la diversité des formes d’accouplement animal qu’étudie l’éthologie depuis plus d’un siècle : Émile et Sophie de Rousseau, c’est-à-dire une solution qui marche encore moins), autant de libérale (les progrès du couple suivent comme leur ombre le développement du libéralisme) que d’intrinsèquement illibérale (un couple a été formé, une chaîne a été forgée), autant d’hyper-normative (le couple serait l’ultime norme de nos sociétés anomiques) que d’hypo-normative (combien de couples différents ! fidèles, infidèles, fusionnels, à bonne distance, ouverts, clos, homogènes, hétérogènes, féconds, stériles, harmonieux, échangistes, conformistes, excentriques, affreux…). »

Zaoui, P. (2020). Théorie du couple. Revue du Crieur, 16(2), 6-29.

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