White Friday

31 juillet 1834 – Quatre mille esclaves Blancs sont entassés sur la place du marché à Montréal ; femmes enfants jeunes adultes vigoureux enchaînés comme des bêtes, moins que des bêtes, sont présents en ce grand jour de solde et de braderie ; les grands marchands et autres quidams aux poches non crevées aux poches non trouées sont au rendez-vous depuis les premières lueurs du jour ; aujourd’hui est un bon jour, White Friday, il fait froid comme dans un congélateur inventé quelques siècles plus tard, mais cela n’empêche pas de faire de bonnes affaires ; les femmes les enfants les jeunes adultes ont l’air d’être assez bien portants, il y a là un bénéfice ou une jouissance à en tirer. Le bétail sera vendu aux propriétaires Nègres, Asiatiques, Arabes, Sud-Américains, à un prix minable. Sur les quatre milles esclaves les trois quarts crèveront à la tâche, leurs cadavres seront bouffés par des chiens, et dans la mémoire collective il n’en restera plus rien. Que dalle.

23 novembre 2018 – Quatre mille esclaves Blancs s’entassent devant les magasins du centre-ville ; femmes hommes jeunes adultes vigoureux et enfants bien nourris attendent que les rideaux de fer et quelques fois vitrés soient levés pour s’engouffrer à l’intérieur des bâtisses où d’autres Blancs sont exhibés et en solde. Les magasins sont des zoo humains, sauf que ceux qui sont exhibés et en solde ne sont pas humains. La foule se précipite dans les magasins, s’arrachent ces objets-choses, il y a des bousculades, de l’hystérie, de la folie, et beaucoup d’objets vendus à vil prix. Les esclaves Blancs ont une face joyeuse, ils viennent de faire une belle affaire, les femmes se sont procurées des bites toutes blanches et grosses comme celles des Nègres, les hommes se sont procurés des chattes aux courbes généreuses comme celles des Négresses, femmes et hommes sont extatiques ils ont l’avantage de l’attirail sans son épouvantable couleur qui fait débander et ne fait pas mouiller la p’tite culotte, la couleur quelques fois est un anti-aphrodisiaque, femmes et hommes hétéros bi’s gays lesbos xyz-etc. sont satisfaits de leurs emplettes : chattes et bites à volonté, du chocolat lactescent sans défauts et à son image, c’est Noël avant l’heure. Les enfants eux dévalisent les magasins de super-héros à la gueule blafarde, les très rares super-héros colorés sont méprisés, pour les enfants ils ne valent que dalle.

1er août 1834 – Quatre mille esclaves Blancs croient comprendre dans la déclaration d’Émancipation du peuple Blanc qu’ils sont désormais libres. On rit on prie on boit dans le port de Montréal, selon la mémoire archivée de la ville. Dans les réjouissances, les quatre milles esclaves se rendent compte qu’ils sont en fait huit cent mille rien-du-tout. Cela fait beaucoup de monde pour des réjouissances. La mairie s’en inquiète, en réfère à la métropole qui après concertation et discussion entre Noirs Asiatiques Arabes Sud-Américains décident que toute cette populace jouissant de sa libération des fers est un risque pour la majorité – qui a ceci de particulier qu’elle est la seule humanité concevable et acceptable. Les Blancs sont des sauvages, des sous-humains, des primitifs, des singes, irrécupérables. Alors dans le conciliabule des réunions importantes que des siècles plus tard reproduiront les G20 et les autres rencontres au sommet – c’est-à-dire dans les cimes, les cieux, l’olympe, si loin des peuples – il est décidé d’agir. Le même soir, les quatre mille Blancs et les huit cent mille autres sont parqués dans des ghettos, des lois sont édictées afin de s’assurer qu’ils resteront à leur place de sauvages. Le système mis en place est connu dans l’histoire de l’inhumanité comme celui de Jimmy De Crown ou Jimmy de Croque-mort – marquis de Macabre-des-Landes, petit territoire insignifiant qui a inventé la pendaison de la chair blanche comme nouvelle guillotine, un symbole et un emblème quasi national. Chaque année, les Noirs les Asiatiques les Arabes les Sud-Américains célèbrent ce jour mémoriel du glorieux passé, et exigent des Blancs ghettoïsés pauvrards méprisés et absolument rien qu’ils montrent non seulement de l’enthousiasme mais aussi du respect pour ce grand moment de « Notre histoire » – ce grand moment « Républicain » et « National ». A ceux d’entre eux qui rouspètent, du fouet du bagne et du lynchage – faut bien les éduquer et leur inculquer les valeurs de la Civilisation.

24 novembre 2018 – les Quatre mille esclaves Blancs avec leurs poupées gonflables, leurs sex toys, leurs super-heroes, se branlent devant la télé qui les informe qu’ils sont des criminels des ignorants des plaies pour la société. Les huit cent mille débarquant de nulle part fuyant je-ne-sais-quoi sont accueillis dans un stade pourri par une population aux envies de meurtre – ou plus précisément des envies et autres besoins de leur déféquer dessus: merde pour merde. Il est décidé en haut lieu qu’il faudrait solutionner ce problème : « Trop de Blancs dans le décor, le peuple – « Nous » – ne se sent plus chez lui, il est urgent de préserver notre identité de souche, alors mesdames messieurs je propose un retour au marché aux esclaves ! » dixit le maire, le premier sinistre ministre, les crevards du peuple d’en bas du peuple de l’abîme et sauvagement abîmé, les patrons de l’économie privatisée, etc. Tout ce beau monde en chœur vote « Pour ». Les Blancs sont saisis en pleine branlette devant la télé, enchaînés, fouettés, humiliés, réduits à rien-du-tout, les Barbares venant de nulle part se trouvant dans le stade pourri aussi, et tous comme du bétail conduits sur la grande place du marché. C’est White Friday pour ceux qui n’ont ni poches crevées ni aucune humanité. Les enfants et les femmes sont bradés en premier, ces eux autres seront copieusement violés par leurs propriétaires, ces eux autres serviront de chair blanche dans les festins orgiaques des saturnales où leurs maîtres jouiront comme jamais; les résistants recevront une balle dans le crâne, les moins chanceux verront leur cou tranché par la nouvelle guillotine, et leur dépouille sera exposée sur la place de la mairie enfin que tous sachent le sort réservé aux réfractaires. Des siècles plus tard, les musées – ces nouveaux zoo humains d’une époque qui aura tout oublié de ses horreurs – exposeront les clichés du macabre pour que tous et chacun comprennent les sacrifices de la Civilisation pour maintenir l’ordre la pureté soucharde la paix la modernité le merveilleux monde de l’avenir, les files de descendants d’esclaves Blancs et des autres séparés par un mur infranchissable regarderont ces clichés comme jadis les autres devant leur télé et ils se branleront. Mais pour le moment, en ce jour de White Friday, après la braderie des femmes et des enfants, les hommes sont envoyés dans les caniveaux de la survie, et plusieurs par milliers vont crever à la tâche ou se feront tuer. En ce jour de White Friday, l’économie se porte à merveille.

Dans quelques semaines, le père Noël débarquera par la cheminée de ceux qui sont assez riches pour en avoir, il leur offrira des cadeaux (fiscaux, et autres). Les restes des Blancs encore en solde dans les magasins seront mis aux vidanges et broyés calcinés dans un centre de récupération. La place du marché aux esclaves Blancs sera nettoyée de sa merde, on y présentera un plug anal en forme de sapin de Noël, le plug anal célébrera la sodomie des rien-du-tout, du peuple de l’abîme abîmé comme des esclaves Blancs, la sodomie sans vaseline, à sec, comme un doigt d’honneur de ceux qui n’ont ni les poches crevées ni aucune humanité. Les rien-du-tout, le peuple d’en bas, les esclaves Blancs, y verront la magie de Noël, ils auront le sourire, feront la file devant les magasins, s’offriront des poupées gonflables toute d’albâtre modélisées à partir de la Négresse, des bites toutes blanches moulées dans du Nègre, les enfants feront des crises de folie pour des super-heroes – esclaves plastiques produisant un « pognon de dingue » à ceux qui n’ont pas les poches crevées par des trous immenses. Et la télé allumée informera la Civilisation barbare de sa superbe. L’économie se portera à merveille. 

 

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