Tu veux mon zizi?

Bande sonore : These words – Natasha Bedingfield.

François, dans la soixantaine, troubadour des cœurs, séducteur infatigable, d’une simplicité toute étudiée, d’un laisser-aller minutieusement pensé. Pas le type de mec qui ferait se retourner une donzelle dans la vingtaine aux allures d’adolescente au début de la crise hormonale et fringuée comme sa crise hormonale. Le type de mec qui ne ferait pas mouiller la donzelle dans la trentaine aux allures d’adolescente ayant à peine fêter ses dix-huit ans et fringuée comme une adolescente au milieu de sa crise hormonale. Le type de mec qu’est François est inénarrable. Point.

Il est de cette catégorie de personnes qui s’en savoir trop comment et pourquoi vous plaisent, vous en tombez bonnement bêtement en amour. Quelque chose dans la présence, les manières, la façon d’être, de voir les choses, de les présenter, de les dire, de rire, de sourire, d’être subliment cons. Il est des personnes comme ça. On ne sait pas trop pourquoi, comment, elles nous plaisent. Point.

Hier, François était dans le quartier chinois de la Ville-Monde, il avait envie de séjourner à Pékin, à défaut de prendre un long vol pour le pays de Mao bossant désormais à Wall Street, il a décidé de faire court, le Chinois d’à côté. Et François est le type de mec qui n’aime pas bouffer seul, c’est son esprit partageons-le-dernier-repas-du christ. La Cène se déroulait dans un restaurant pékinois dont le menu faisait une large place à la pizza. C’est ce que l’on appelle la glocalisation. « Pizza won-ton », écrit en mandarin sous-titré en anglais, François se lèche les babines.

François aime les explorations culinaires exotiques, voyages en terres inconnues tant que la Pizza n’est pas très loin, faut quand même pas déconner. La pizza, c’est sacré, symbole culturel gastronomique de la nation de Cowboys, piqué aux Mamma mia ! trop occupés à se mâter dans le miroir et à se faire métrosexuels. Les Cowboys ont fait des guerres pour préserver ce symbole désormais composante de leur adn. Ils ont appelé ça « guerres justes ». Le truc avec les guerres de cette nature c’est que ceux qui reçoivent des tomawaks sur la tronche au nom du juste ont après envie de faire goûter à l’arroseur leur propre idée du juste. Ce qui n’est pas toujours joli joli. En fin de compte, quand on assiste spectateur stupéfait aux effets des carnages au nom du juste, l’on se dit ce qu’une matante pour une fois pas très chiante crierait : « Ostie de tabanark, t’avais qu’à lui laisser cette maudite pizza ! »

 

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François lui partage, pas de souci là-dessus, chacun autour de la table reçoit son bout, et ce n’est pas un bout ridicule comme certains d’entre nous ont tendance à balancer aux autres en se convaincant d’être des personnes si généreuses. François n’est pas de ce type. Le mec donne. « T’en veux encore ? Tiens ! » Vous n’avez même pas entamé la moitié de votre tranche que François en rajoute. À la fin de la soirée, vous sentez que votre fessier est sur le bord d’exploser, fessier-kamikaze, l’effet François. À la fin de la soirée, vous sentez que vos bourrelets sont officiellement autour de vous comme des bouées de sauvetage. Gros cul + bouée de sauvetage, même dieu miséricordieux ne peut plus rien pour vous. Cela est aussi sentencieux que de recevoir des tomawaks sur la tronche.

À Pékin, la pizza est au menu, Mao est assis et dévore le truc Cowboy. François aussi.  Sur le fronton du restaurant est écrit : « Venez comme vous êtes », comme l’a dit Uncle McDo. Les clients touristes en quête d’exotisme en ce mois arctique de décembre ne se font pas prier, la promesse d’exotisme est séduisante : « Vous boufferez vos goûts culinaires à ma sauce ». Pas de prise de risque, les clients prennent place, ils raconteront à leur entourage comment Pékin fût formidable. Il y avait de la pizza.

François ne se fait pas prier, attablé, le regard de gourmet à la panse exigeante, il bave. François est charmant quand le désir se lit sur son visage, d’où aussi son succès auprès de la gente féminine et autres. Un visage qui vous dit à quel point il veut vous déguster ne laisse personne insensible. Chacun veut se faire bouffer, si possiblement goulûment. La chatte, le (micro) pénis, le trou de balle, les couilles, et tous les restes. Tout le monde veut bien être le menu, la pizza, de quelqu’un. Même les moines, et je ne vous parle des prêtres, il y a des gamins qui en attesteraient.

 

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À Pékin, tout le monde est invité à venir comme il est. Pékin s’est arrangé que tout le monde bouffe ce qu’il aime déjà. Pékin a été formé dans un restaurant de l’Uncle McDo, il a appris deux trois trucs. Alors, à Pékin, tout le monde y va comme il est, bouffe comme il boufferait chez lui, prend quelques photos pour les fakebook insta-nombril et autres, tout ceci sous le regard-crevard de l’itinérant agonisant de l’autre côté de la vitre – l’autre monde, à part. Non, François ne bouffe pas seul, cela pour lui n’a aucun sens, c’est froid, c’est vide, c’est d’un ennui comme le visage de cette minette que j’ai eue le plaisir indicible de rencontrer dernièrement. Minette à la tronche constipée qui se prend trop la tête alors qu’elle a tellement besoin que l’on la voie et que l’on l’aime.

Minette brune, le regard comme une île désertée par tout le monde, même par Robinson Crusoé. Le regard pathétique d’arrogance et de snobisme. Une île vide de tout et sans intérêt qui snobe, il fallait quand même y penser. Think different, il y a là du Steve Jobs. Du coup, je la trouve intéressante. Elle doit être créative, avoir l’âme créative, pour réussir ce tour de force. En plus, elle a de petits seins. C’est dingue les petits seins, tout en délicatesse, tout en finesse, raffinement sur une poitrine qui me met en joue et tire, je crève. En fond sonore, il y a du Marc Lavoine, la poitrine a remplacé les yeux revolver, la scène est un western spaghetti avec beaucoup de ketchup, et beaucoup de mayonnaise. Ça gicle, c’est délicieux, j’en redemande. Killing me softly, en fond sonore il y a Frank Sinatra et Fugees réunis dans un requiem rivalisant avec ce qu’il ait été donné à Mozart de composer. La poitrine revolver tire, ça gicle, je crève, western spaghetti ketchup mayo, la Cène est magnifique.

 

Elle a le regard qui tue

Elle a tiré la première

Elle m’a touché, c’est foutu

Un peu larguée, un peu seule sur la terre

Les mains tendues, les cheveux en arrière

Et j’aime ça

À faire l’amour sur des malentendus

On vit toujours des moments défendus

C’est comme ça

 

François est accompagné de la femme qu’il aime, sa p’tite poulette, lui c’est son p’tit coq, les deux m’ont toujours attendri, c’est beau l’amour des vieux. Cela change de l’amour des jeunes, trop mélodrame, trop hystérique, trop anthropophage, trop dans le cute, l’obsession de l’autre, la maladie mentale, et trop trop souvent dans la connerie. L’amour des vieux, c’est d’un type c’est foutu, rien ne tient plus débout, tout pendouille, même quand ça bande, même quand ça mouille, tout est blanc ou grisâtre, rien de vraiment croustillant à dévorer, juste un truc qui relève du substantiel, l’âme l’esprit, la beauté quoi.

Chaque fois que je regarde l’amour des vieux, j’ai le cœur bouleversé. J’arrête de penser aux chattes de mes nocturnes chopiniens, qui miaulent dans mes draps comme la numéro deux opus neuf mi bémol majeur de chopinitos – mon pote mexicain refoulé à la frontière du New World comme un malpropre par l’Uncle Sam qui ces derniers temps a viré mononcle. Lorsque je vois l’amour des vieux, je me rends compte à quel point je n’ai rien compris à la vie. Aimer malgré le dentier, la couche, l’appareil auditif, le rikiki rangé dans une cour à scrap, la vulve flétrie, les corps usagés, et autres trucs qui feraient débander ou dé-mouiller n’importe qui, c’est une vraie leçon de vie. L’amour des vieux est un coup de poing dans ma gueule.

T’sé quand tu vois les p’tits culs trimballés leurs maladies vénériennes en legging, en string, en gros caleçons léninistes-marxistes, en #nobra, en #wonderbra, les p’tis culs en jeans (ultra)slim montrer le résultat escort-boy des heures intensives passées au gym et qui sont passés maîtres dans l’art de cultiver des champs de morpions, tu te dis en observant l’amour des vieux que ta vie est simplement une connerie. Eux en ont eu des maladies vénériennes, eux en ont bouffé des morpions, et ils ont compris que cela ne mène nulle part.

Alors, tu te dis : « Shit. » Et tu te jures de changer tout ton foutoir, d’adopter une nouvelle philosophie de vie. Substantielisme. Proche du minimalisme. Jusqu’à ce que Marie-Ève t’envoie un sexto accompagné d’une image d’elle portant son nouveau string acheté à Sexça – la célèbre boutique de lingerie cheap de la Ville-Monde. Marie-Ève, nom de dios, tu te dis que c’est la dernière fois que tu succombes à la tentation, à cette vie de poésie stringée, que c’est la dernière fois que tu fasses ta pute nymphomane et ton junkie. Et bien évidemment tu replonges. Junkie.

Tu fais de Marie-Ève ta pizza, et tu t’en fous des guerres justes qui te tomberont sur la gueule. Et l’amour des vieux, attendra. Le temps que tu jouisses. Sur les seins, le visage, la tronche de Marie-Ève. Heureuse, extatique, comme un lauréat du Prix Nobel. Nom de dios, Marie-Ève. Et quand la tentatrice qui a fait de toi son jouet sexuel se barre après t’avoir narré les détails de sa nouvelle relation amoureuse, tu es seul, et tu penses à l’amour des vieux. Face à ton reflet dans le miroir, tu dégueules ta vie. Ce n’est pas joli joli.

Et cette fois, tu te jures que « Ça suffit ! » Tu es affirmatif, sûr de toi. Jusqu’à ce que Marie-Pier t’envoie une photo de ses lèvres remplies de botox, puis de ses boules passées sur le billard, enfin de son nouveau string acheté à FantasyShop – la célèbre boutique de l’érotisme de la Ville-Monde. Et tu te dis « Merde. » Bien naturellement, tu replonges. Junkie. Foutu. Pute nymphomane. Et l’amour des vieux attendra. Que tu jouisses.

À Pékin, François et sa p’tite poule sont passés à une autre chose que la pizza, c’est karaoké time. Le patron du restaurant offre la bouffe gratos à qui dans la salle chantera mon beau sapin en mandarin. C’est comme demander à des membres de fakebook de partager sa publication en brandissant l’espoir de l’ordre du foutage de gueule qu’ils gagneraient un séjour tout payé et cinq étoiles dans un paradis fiscal. Les gens ne sont pas cons. Ils partagent. Et ne gagnent jamais le putain de voyage au pays très caraïbéen Bill Portails connu sous le nom de Gates, c’est la maîtresse du boss qui y va à la place de ceux qui ne sont moindrement cons. Dans le restaurant, personne n’est con, tout le monde monte sur scène et balance son beau sapin en plastique dans un micro blasé qui aura tout entendu.

A la fin, c’est François qui gagne. Toujours. Les p’tits jeunes sont en criss. Un vieux dans la soixantaine, calvitie décomplexée ou comme le Macro(n) derrière sa muraille de bodyguards dirait : « J’assume ! » qui non seulement parle mandarin mais chante bien, ça rend micropénis le rikiki, et leur blonde n’ont pas assez de sexto pour les consoler. François, heureux de les avoir tous niquer – « Hein ! » – a le sourire comme un doigt d’honneur. Sa p’tite poule est émue aux larmes, « Quel homme ! » se dit-elle, elle ne l’échangerait pour rien au monde. Même pas un sexto de mon pénis. « Nada ! » François est plus jouissif. C’est une leçon que je reçois en pleine tronche. Il y a plus important, essentiel, dans la vie. Chanter mon beau sapin en mandarin et faire jouir sa p’tite poule. Ce qui est au fond pour le Junkie que je suis « Mission : Impossible » version « Fallout ». Pas la tête à apprendre le mandarin ou le cantonais, la tête entre les cuisses d’une p’tite poule ça je sais faire, cunnilingue certifié, c’est accessible.  

 

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La minette est en face de moi, elle m’effleure de son regard. Je n’ai pas vraiment envie d’explorer son île que tout le monde a déserté. Mais, je ne sais pas pourquoi, sa poitrine sans doute, je me dis qu’avoir la curiosité d’aller au-delà de ses préjugés ça peut faire du bien à la bite. Jenny, Me Jenny Doe me l’a balancé l’autre jour : « T’sé, t’es Noir, pas vraiment fuckable, mais j’ai catché une chose faut toujours suivre son instinct ! » Me Jenny Doe par instinct voulait dire l’injonction de sa p’tite culotte, pour dire de son « miaou ». J’ai enregistré.

Alors, je regarde la minette à mon tour. Elle me fait penser à ces ex-collègues d’un séminaire que j’ai suivi récemment, qui zieutaient les autres du coin de l’œil, trop fières, trop fiers, trop je-ne-sais-pas-quoi, pour faire les choses franchement. Quelques fois, je les ai regardées droit dans les yeux, du genre : « Tu veux quoi toi ? Ma tronche est une merde je sais merci, alors à part ça tu veux quoi ? Parler, ok, parlons, discutons, voyons-nous. Non ? Tu veux quoi ? Juste mâter comme on mâte un porno ? Mâte le mur alors, avec un peu d’imagination tu jouiras comme une femme fontaine. » Elles faisaient ensuite semblant de mâter le mur derrière moi. Sans couilles, va. J’ignore si elles ont joui.

La minette elle en a de grosses. Elle est une « Gibson J-200 acoustique, la guitare la plus sexy de l’univers » et si c’est mon frère Luc qui le dit c’est nécessairement vrai. Elle a catché que je ne la lâcherai plus du regard, que tout son cinéma je-te-zieute-mais-je-fais-comme-si avait fait chier son public, moi. « Look at me. » Elle ne m’effleure plus du regard, on est au-delà de la pizza, du karaoké, c’est un face-à-face western spaghetti, celui qui cligne des yeux éjacule sur l’autre. Elle a joui sur moi, sur ma poitrine, sur mon visage, dans ma gueule. J’ai tout avalé. Ma mère m’a toujours dit qu’il était impoli de ne pas vider son assiette. Faut toujours écouter sa mère. Mamma mia. J’ai tout vidé.

François n’a rien sorti de sa poche pour le repas, le patron Pékinois a tout offert au crooner au beau sapin en plastique. Sa p’tite poulette est au-delà du septième ciel, dans l’Olympe, ce soir qu’importe ce que ça prendra tout ce qui pendouille reprendra vie. François assis, moi le fessier en pleine explosion, me demande si je veux reprendre une autre tranche de la pizza Cowboy wo-ton. Je lui dis « Nan, je vais exploser. » François se marre comme un mec ordinaire, et il y a dans ce rire quelque chose de rare. Je regarde François et je suis en amour.

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré Glawdys, alien de souche, dans un séminaire extraordinaire, elle m’a plu par sa solitude sans qu’elle ne me le dise et me le montre. Elle m’a déplu par son personnage, personnage voulant montrer le meilleur aspect de sa personne, ce qui était d’une facticité épouvantable. Je n’ai pas besoin d’autant de théâtralisation de soi, juste être soi, voilà, tu pues de la gueule, t’es moche, t’es conne, m’en fous, « Just be yourself ». Glawdys n’a pas compris. L’autre jour, elle disait à quel point elle faisait tout pour établir une relation avec l’Autre culturellement différent, et qu’elle ne pouvait rien face à l’absence de regard de cet Autre. J’ai reçu le message, et j’ai voulu lui dire : « Glawdys, arrête ton cinéma, sors de ton rôle, et montre-moi vraiment qui tu es. » Je n’ai rien dit. Je ne verrai plus Glawdys, le séminaire est terminé. Une occasion manquée.

François m’écoute, il ne dit rien, sa p’tite poulette est allée se rafraîchir le truc old school pour le préparer à la nuit aux nocturnes chopiniens avec son coq. Glawdys est retournée dans son village gaulois, la minette ne me lâche plus du regard et j’ai l’impression que ce qui va suivre sera un truc pas vraiment amour de vieux. François prend la parole et s’adresse à moi devant sa poulette revenue des toilettes : « T’sé, un jour je suis allé dans un bar, il y avait une serveuse à l’entrée, elle fumait une cigarette, elle s’est mise devant la porte et m’a demandé le mot de passe pour y entrer. C’était une joke, je le savais, alors je lui ai répondu : est-ce que c’est une réponse ou une question le mot de passe ? » Elle a souri, et répondu : « Une question ». J’ai dit : « Okay ». Elle a fait : « Alors ???? ». Je l’ai regardée et j’ai dit le mot de passe est : « Tu veux mon zizi ? » »

Je ne vous dis pas l’effet. L’effet François.

Bande sonore : Old man – Redlight King.

 

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