Cello, Suite No. 1 en G Major BWV1007 – Mov. 1-3/6

A Johann Sebastian Bach

J’ai du vide dans le creux des mots, du néant dans le ventre des phrases, et l’anarchie incendie brûle réduit en cendres les sens de mes mots de mes phrases de mon vide de mon néant. J’écris ce soir un texte qui part de nulle part, sans destination, une errance en pilotage automatique, dans les ténèbres silencieuses, d’un espace sans temps, d’un temps sans espace, un texte qui erre dans la nuit comme un nomade sans boussole. J’écris comme un art de l’errance, un art qui se perd, part et ne revient jamais, disparaît, dans les ténèbres silencieuses. L’art de se dissoudre dans le néant, l’art de se laisser avaler par le vide, l’art de mettre le feu dans les temples et de raser les palais comme autrefois comme aujourd’hui on rase des crânes.

Texte chauve, sans chauvinisme, juste rien sur le coco, sans chéri(e) coco, juste une odeur d’omelette pour crevard, celle qui est dans la tête, dans le souvenir, celle qui rappelle la dernière fois que la panse vide à goûter au soulagement de ne pas crever de faim. Pas ce soir. La mort vient du ventre, la mort prend par les tripes. Pas ce soir. Texte odeur d’omelette aux champignons, hallucinogènes. Tout est dans la tête, chauve. Les rêves, d’hier comme d’aujourd’hui, n’ont jamais nourri son homme. Le crevard foutu va crever, comme un pneu. Mort flasque. Mort avec souvenir d’odeur d’omelette, comme un raticide, le génocide de la nuit, des bestioles passées sous silence, sous le feu froid du silence, crèvent en dévorant des rêves. La mort vient du ventre, la mort prend par les tripes. Mort solide pour société liquide. Mort cadavérique pour zombies. Rêves-omelettes avec champignons, hallucinogènes. Raticide. Génocide de la nuit. Je traverse le mouroir dans les ténèbres silencieuses.

Texte capillaire, l’air de rien, dans l’air du temps, broussaille hirsute sur le coco, toujours sans chéri(e) coco, juste une odeur de putréfaction d’âmes dans le caniveau. Beaucoup trop de poils sur le texte, revêtement pileux de mots creux, villosité excessive de phrases en saillies filiformes, des sens primitifs sculptés par un homo neandertalensis errant dans la postmodernité. Texte du genre, fossile. Texte antédiluvien remontant jusqu’à la grande nuit polaire où le crevard a crevé sous le feu froid du silence. Un art qui n’est pas perdu, ne part jamais et revient toujours. Texte capillaire, l’air du rien, dans l’ère du vide, broussaille en bataille et livrant des batailles avec les ombres de la nuit. Plus rien sur le coco, batailles perdues, texte chauve, la nuit désormais mauve, prend le crevard au creux de ses bras, l’art de dissoudre dans le néant, plus rien mon coco. Raser comme les palais, plus d’odeur d’omelette, génocide la nuit. Rien du tout. Ou peut-être, pour les restes, juste des cheveux dans la soupe, populaire.

J’ai du creux dans le vide des mots, des phrases sans bedaine que le quelque chose a fui, phrase affamée n’a point de silence, mots affamés n’ont point de maître(s), rats trucidés n’ont point de justice. Le néant creuse le ventre des phrases, l’anarchie incendie les cieux étoilés des rois mages, joyeux feu de joie comme une aube nouvelle, tôt le matin le soleil aura une face bronzée. J’écris cette nuit un texte qui part et ne reviendra pas, une errance en pilotage automatique, dans les ténèbres silencieuses, d’un espace sans temps, d’un temps sans espace, un texte qui erre dans la nuit comme un nomade sans boussole. Un texte qui n’a pas l’effet d’une pommade, avec des vers aux pieds brisés, des mots qui voient le sol se dérober sous leurs pieds, des sens primitifs sculptés dans la noirceur d’une nuit génocidaire.

J’ai des errances qui viennent de nulle part, sans destination, sans boussole, en pilotage automatique, l’art de se laisser avaler par le vide. Le texte aux champignons hallucinogènes n’a pas l’odeur d’une omelette. Il pue. La fosse à purin. Pot-pue-l’air. Parfum du crevard crevé dissout dans le creux des bras de la nuit mauve. Oraison funèbre pour rat. Incantation et prière païenne pour résurrection du rat. Rat-mener à la vie. Peste miraculeuse de la nuit. La peste noire décrète la mort au(x) Râ. Mort au(x) Râ dans les temples en flammes, palais rat-sés, crânes couronnées rat-sées, royautés chauves comme le texte chauve avalées par le vide. Râ-ticide. Génocide de la nuit. Je traverse le mouroir dans les ténèbres silencieuses.

« Rêve-toi toi-même » et « Rêvons-lution ». Le souffle froid de la nuit a un murmure de grand soir. Le texte venant de nulle part, au milieu de nulle part, s’arrête là.

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