Istar, Variations symphoniques Op. 42

Bande sonore : Going home – Leonard Cohen.

Cela fait des nuits que je me demande comment écrire cette histoire de la façon à rendre honneur à son personnage principal. Cela fait plusieurs nuits que je commence cette histoire, je la supprime, je recommence, je supprime, je m’en veux d’être si nul, je déprime, j’abandonne; et sans marijuana, sans fellation, sans cunnilingus, sans alcool, sans être dans un état second comme après avoir lu les actualités nationales et internationales, je recommence. Freud me dirait que cela doit avoir un truc anal. Freud a toujours eu un problème avec l’anus, la bouche et le pénis.

 

Le stade anal (28 ans à 30 ou 40 ans) selon Freud :

Vers 28 ans, l’adulte prend conscience de la défécation. La zone érogène est la muqueuse anorectale et, par extension, tout l’intérieur du corps. L’objet de la pulsion est le boudin fécal. C’est un objet d’échange car le but pulsionnel n’est pas seulement l’expulsion mais le jeu ambivalent d’expulser et de retenir. Cette expérience est fondamentale ; l’adulte est très intrigué par ces sensations et ce produit qui était lui, qui sort de lui, et qu’il peut offrir à sa mère.

Au début du stade anal, l’adulte n’éprouve aucun dégoût pour ses excréments. Il joue avec, y met les mains et peut en souiller les murs. Ce plaisir pris à « retenir-évacuer » explique les longues et interminables séances de pot-marijuana ou d’alcool, si fréquentes à cet âge. Freud estime que c’est à cet âge qu’apparaissent les sentiments agressifs de l’adulte avec les notions de propriété privée, de pouvoir, de contrôle, de maîtrise et de possession. Toute possession d’objet est finalement assimilée à la possession la plus primitive : celle des matières fécales.

En même temps, s’installe le but passif d’accession au plaisir par des expériences douloureuses : le masochisme. Les perturbations à ce stade peuvent avoir des conséquences ultérieures graves :

L’excès de liberté serait à l’origine d’un laisser-aller moral ;

L’excès de zèle ou l’excès de rigueur entraînerait le fanatisme, le culte excessif de l’ordre, le mépris des « êtres inférieurs ».

Ce stade libidinal correspond à l’acquisition de la marche et au « négativisme » (âge du « non »). L’adulte entre dans la phase d’accession à l’autonomie qui s’accompagne d’agressivité : il peut refuser de donner ce qu’on lui demande au bon moment ou expulser et souiller lorsqu’on le lui interdit.

 

Contrairement à l’incestueux Freud, je n’ai aucun problème avec l’anus, la bouche et le pénis. Vraiment. Aucun du tout. J’ai besoin de l’anus. Pour des raisons que vous et moi partageons, je veux dire un truc d’expulsion, on se comprend. Mais plus encore, j’ai besoin de l’anus parce que c’est un orifice méprisé qui très souvent à caque évocation fait lever le cœur, et quand le cœur se lève l’humanité garde espoir. J’ai besoin donc de l’anus. De sa face si renfrognée qui me donne toujours envie de le faire sourire. On se comprend. Tout le monde a eu envie de faire sourire son anus. Un anus, nous sommes tous passés par ce stade. « Allez anus, un p’tit sourire s’il te pleuh ». Cela s’est entendu comme un déferlement presque apocalyptique. L’apocalypse sortant direct des tripes est un véritable bonheur. Après la constipation, les ballonnements, etc. Le sourire de l’anus qui ouvre grand ses lèvres et qui laisse tout sortir est un très grand bonheur. On se comprend. Vous comme moi au fond n’avons aucun problème avec l’anus. Donc, comme la question est réglée, passons à la suivante.

 

Le stade oral (de l’adolescence à 22-28 ans) selon Freud : 

Au cours des premières années de l’adolescence, la bouche est le lieu essentiel des sensations de plaisir de l’ado. L’ado éprouve le plaisir de téter le sein ou tout ce qui a la forme d’un biberon. Puis, il commence à sucer le pénis ou lécher le clitoris. En fait, la zone érogène est constituée du carrefour aéro-digestif et par extension, des organes sensoriels de la peau. L’objet original du désir, le téton, provoque « la satisfaction libidinale étayée sur le besoin physiologique d’être nourri ».

Vers 18-20 ans, l’activité orale devient plus vigoureuse et plus agressive. En effet, à cette époque, peut se manifester chez le jeune adulte une certaine agressivité (refus de la nourriture) qui peut être aggravée par celle de l’hédonisme (gavage intensif). C’est l’âge aussi où le jeune adulte mord ses parents ou d’autres jeunes adultes. C’est par la bouche que le jeune adulte entre en contact avec le monde extérieur.

 

La bouche. Tout le monde aime la bouche. Je veux dire il n’existe pas un orifice dont nous ayons presque à chaque instant conscience, nous gloutons et gargantuesques de nature contemporaine. Nous aimons notre bouche, nous aimons la bouche des autres : lèvres, dents, langue, salive, jeux de langue, morsures de dents, de beaux gros becs, etc.

La bouche c’est avant le dévoilement de la chatte et du pénis, de la déception ou du soulagement d’un tel dévoilement. Une bouche précède tout le reste. La bouche gomme et efface tout le reste. Comme dirait l’autre personnage de Laferrière dans son Comment se faire enculer par un Nègre et ne pas crever : « Un beau cul, c’est dans ta tête vieux, il n’existe pas quand tu l’embrasses, c’est sa bouche qui est la beauté du cul que tu t’es imaginé ».

Vu comme ça, cela change toute la perspective du baiser. Changement de perspective confirmée par l’Académie française qui a redéfini récemment le baiser : presser délicatement ses lèvres sur un cul. Dans le dernier La Rousse, paru il y a quoi deux semaines, il est défini le baiser de la façon suivante : déguster un cul, dévorer du cul. L’Académie française, pas qu’une bande d’immortels anulingues. Le French Me prend un tout autre sens. 

En même temps, avec une telle définition du baiser, lorsque l’on regarde la célèbre photographie de Robert Doisneau, vous savez Le baiser de l’hôtel de ville, on ne voit plus la même chose. On se demande simplement quelles lèvres pressent le cul de l’Autre.  Je veux dire : est-ce les lèvres de la femelle qui pressent délicatement le cul du mâle, ou le contraire.

J’ai regardé le cliché et je puis vous dire que c’est le mec qui s’y colle. Je sais. J’ai une interprétation des choses corrompue par la montée en puissance du féminisme qui montre ses seins pour être libre (du patriarcat) ce qui fait jouir le mâle (« Come on baby, let me see your boobs. Let me see them titties »), s’habille pour faire bander le mâle (pardon je veux dire pour se sentir bêle belle), prend des selfies très porn star independent women ce qui fait re-jouir le mâle, attend tout de même d’être validé comme beauté par le mâle (pardon par son public), et en jouissant fait re-re-jouir le mâle (pardon par accident). Je suis corrompu. J’en suis désolé. C’est le mec qui déguste ou dévore l’anus de la femelle dans Le baiser de l’hôtel de villeSorry

Contrairement à François-Xavier je n’ai aucun problème à dire « Sorry » pour un rien. Je ne me demande pas si c’est vraiment moi le problème ou les Autres, je dis « Sorry ». Ce qui en fait est souvent une façon pour moi de tirer la chasse d’eau afin que la merde expulsée d’un orifice souriant puisse simplement disparaître.

« Sorry » comme « Disappear ». Si possible dans un rythme Never Forget de Michelle Pfeiffer déposant sa voix douce comme la soie sur la bande originale du remarquable Murder on the Orient Express. Mais généralement ce n’est pas possible. La chiasse d’eau fait un bruit digne d’Igloo-Fesse, le festival québécois version hivernale et trappeur du sous-bois habillé en cosmonaute un mois de janvier castrateur ou gelant la vulve.

Igloo glou-glou Fesse, c’est beaucoup de bruit dans le froid. Beaucoup trop de bing bang boum sur la banquise montréalaise, un truc qui non seulement contribue au réchauffement climatique mais réveille les ours en pleine hibernation. Ces putains d’ours que sont tous les usagers des transports en commun. Ce n’est pas forcément une bonne idée de les sortir du coma. Ils gueulent, ouvrent la gueule qui pue de la gueule, ne respectent rien, impolis zombies, ont toujours de bonnes raisons pour faire n’importe quoi, et se prennent chacun tellement pas pour n’importe qui. Ours-zombies convaincus d’être si sexy qu’ils dès leur réveil se pressent de se connecter à la rubrique « Métro Flirt » du journal Poubelle pour espérer constater qu’ils ont fait mouiller ou bander un autre zombie-ours. 

 

 

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Je dis « Sorry » plus vite que l’ombre de Lucky Luke, je n’aime pas beaucoup m’attarder sur la merde. C’est comme ça. Je sais qu’il y en a tellement qui adore ça la merde, qui sont des obsédés de la merde, qui en font une fixation, une obsession, un truc presque masturbatoire. Beaucoup vont à Igloo-Fesse. Certains s’inscrivent sur FuckMeTender qui en anglais new yorkais Les Hamptons se prononce T(i)nder. T(i)nder, à ne pas confondre avec l’application de zombies cherchant le coup d’un soir pour se sentir vivant ou pour enfin ressentir pour une fois quelque chose de plus que le mort-vivant en eux.

 

Love me tender, love me sweet

Never let me go

You have made my life complete

And I love you so

Love me tender, love me true

All my dreams fulfill

For my darling I love you

And I always will

Love me tender, love me long

Take me to your heart

For it’s there that I belong

And will never part

 

FuckMeTender ou T(i)nder est beaucoup plus chic, d’un type de South Fork, on se fait sucer à travers sa photo de profil (sans risque de choper une maladie sexuellement transmissible), on se fait dévorer amouracher l’anus à travers un selfie (sans risque de humer une odeur fécale), on se fait embrasser à travers un filtre (sans risque de se faire bouffer la langue ou d’être asphyxié par une langue trop trop aventureuse comme un spéléologue plongeant dans une grotte presque insondable – en l’occurrence l’œsophage). FuckMeTender ou T(i)nder. Cela a un truc très littérature.

A bien y réfléchir FuckMeTender c’est comme lire un livre, pas un livre à la con comme tous ces bouquins qui sont écrits par des postdoctorants en lettres classiques et modernes plagiant les plus grands et finalement pour un résultat de p’tites crottes. Pas ces bouquins écrits par des ex-étudiants en machin-truc littérature classique qui écrivent avec leurs pieds des histoires qui donnent tant sur la forme que sur le fond envie de se suicider.

Pas ces bouquins écrits par des auteurs en pleine carrière littéraire et qui espèrent gagner autant de fric que possible et qui rêvent d’être élus pour l’immortalité – c’est-à-dire à l’Académie française, anulingue, frenchme, anglaise, joual, pidgin, ou que sais-je encore, et qui pondent des horreurs si insultantes qu’elles font la Une des magazines de littérature. A cause d’eux le La Rousse de cette année a redéfini « Littérature » en l’adaptant à la contemporanéité du monde des livres : « Littérature : enculage de mouches. Expression souvent associée : bouse de vache ». Bon voilà. Encore de l’anus, de l’anal, Freud est partout, bordel.

« Littérature : enculage de mouches ». Pas besoin de faire une thèse à Paris Sorbonne pour comprendre le truc. Comprendre l’inspiration très Bukowski du de La Rousse de cette année qui ayant résisté pendant longtemps a finalement dû accepter la réalité. La réalité, c’est quand tu vas dans une librairie à Montréal il est plus que possible de voir dans les « Œuvres à lire ! » « Nos coups de cœur ! » un truc d’un anal merdique. Tu as dépensé beaucoup de fric pour un bruit de chasse d’eau. Ce mois de janvier, quelques fois je me suis dit : « Merde quoi, tu aurais pu aller à Igloo Fesse avec un tel fric passé par le bidet, tu aurais pu te choper un rencard FuckMeTender en plein hype Coachella qui n’a pas viré en bordel Fyre ! »

 

 

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Il y a quelques jours, en sortant d’une librairie, après être sorti des transports en commun, je me suis posé cette simple question : L’enculage de mouches est-il la réalité post-hobbesienne de notre contemporanéité à la fois du désenchantement wébérien que de l’anomie durkheimienne, le tout dans une ère du vide lipovetskyenne saturée du tout comme totalité levinasienne et du rien comme une infinité de la même nature, ou tout le contraire?

Cette question m’a obsédé, au point que je n’ai pas pu faire sourire mon anus, aucun anus d’ailleurs, j’ai passé des nuits déjà trop insomnieuses cognant l’obscurité comme d’autres baisent un mur de lamentation. J’ai été à presque ça (je ne parle évidemment pas du Ça freudien) de m’offrir une (très) longue séance de sadomasochisme de recherche doctorale ou postdoctorale en enculage-de-mouches que je rêvais dirigée par un prof’ sentant fort le formol. Le formol c’est conservateur. Ou le conservateur est formol. Cela dépend d’où on se place pour regarder les choses. Le formol c’est antiseptique, et je suis un sceptique, avec beaucoup trop de microbes. J’ai toujours eu besoin d’un état contraire au mien. 

 

Le scepticisme (du grec σκεπτικός, skeptikos, « qui examine ») est une méthode d’examen et une école philosophique selon laquelle il semble que rien n’est vrai, pas même cette expression (car elle se réfute d’elle-même).

« Le scepticisme est une faculté ou une méthode d’examiner qui compare et oppose, de toutes les manières possibles, les choses apparentes, ou sensibles, et celles qui s’aperçoivent par l’entendement; par le moyen de laquelle faculté nous parvenons (à cause du poids égal qui se trouve dans des choses ou dans des raisons opposées) premièrement à I’épochè, c’est-à-dire à la suspension de l’assentiment, et ensuite à l’ataraxie, c’est-à-dire à l’exemption de trouble, à la tranquillité de l’âme. » (Esquisses pyrrhoniennes, Livre 1 [8], Sextus Empiricus)

Le scepticisme est un mouvement philosophique qui érige le doute en système de pensée et ne croit pas en la possibilité d’atteindre avec certitude la connaissance et la vérité. Il n’affirme rien et garde sur chaque chose la « suspension du jugement ». Pyrrhon d’Elis (360-270 av. J.-C.) est considéré comme le fondateur de cette philosophie.

Le terme scepticisme désigne l’attitude, la propension de personnes au doute et à la défiance […]

 

Puis, j’ai pensé à ma santé mentale et toutes mes hypothèques, à l’école privée que je dois offrir à ma fille parce que l’éducation nationale publique québécoise à cause d’une action totalement délibérée des pouvoirs publics est un anus qui ne sourit pas – ce qui produit de vraies flatulences pourries de chez pourri, je me suis abstenu. Pas con le mec. Pas de risque à prendre. A la question posée, j’ai fait pfffff comme un pet silencieux et nauséeux. Pour dire, j’ai accepté de baiser comme redéfini par l’Académie française la littérature enculage-de-mouches, notre littérature contemporaine.  Même si elle pue du cul. Pas grave. On finit par s’habituer à tout. Sur ce point aussi Karlita est d’accord

Comme le dirait Odezenne « Tu pu du cu », Pfff. Ce n’est pas bien grave. Moi perso je suis ouvert d’esprit, les culs qui puent je suis preneur parce que tout cul pue et cela est un principe normatif, ne faut juste pas laisser voir sa merde, je veux dire un peu de savoir-vivre.

Donc, tant que c’est propre, ça me va. Je veux dire d’une apparence qui ne dégoûte pas. Comme un pénis noir. Un pénis africain. Semblable à un baobab ou à un boa, qu’importe. Le dégoût causé par les pénis noirs, africains, haïtiens, afro-américains, etc. est quasi universel.

Tu prends un pénis blanc tu le beurres de noir et la bouche ouverte qui voulait prendre le truc blanc au fond de son œsophage vomit ses tripes. Mais quand je dis vomit ses tripes, je te parle d’un truc du genre une merde expulsée par un anus qui sourit trop  : ce qui s’appelle une diarrhée. Ou un sourire-diarrhée. Cela dépend d’où tu te places pour voir le truc. Il y a quelques jours, Lucie dans une soirée Saturnales montréalaise croyait avoir le pénis de la bonne couleur dans la bouche, celui de Christopher. I faisait sombre tout le monde dans un au-delà de l’état second, elle s’est trompée de pénis. Quand Christopher a débarqué dans la chambre en ouvrant la lumière, Lucie a compris son erreur. C’était la bite de Dave. Lucie a vomi ses tripes. Le tout recouvrant les draps ressemblait à une toile de Pollock, j’ai adoré l’oeuvre. 

Daphnée me l’a dit dernièrement : « Je suis incapable d’avoir un pénis noir dans la bouche ». Effectivement, Daphnée ne m’a pas pris dans sa bouche. Perso, moi ça m’allait, jouir sur sa tronche en expulsion névrotique pollockienne d’un type Dripping s’entremêlant au Pouring dans l’esprit All-Over me suffisait amplement. Daphnée était parcourue de spasmes indicibles.  Elle adore Pollock, l’art. Daphnée pue du cul, comme les 99% qui ne prennent pas leur douche avant de baiser.

Je veux dire que toutes les baises ne sont pas nécessairement un truc qui l’on planifie dans son agenda Outbook. Il y a des jours comme ça, certaines baises vous tombent dessus, vous n’aviez pas forcement prévus de prendre une douche, surtout en ces temps hivernaux de grands froids montréalais. Une baise vous tombe comme ça dessus comme la manne tombe du ciel vous n’avez pas le temps d’aller sous la douche, le truc urge, c’est pressant, vous baiser, alea jacta est. Je comprenais tout à fait. Daphnée la manne lui est tombée dessus, pas le temps de prendre une douche, par contre il a neigé sur elle comme en novembre

Daphnée « Ne mets pas ta bite noire dans ma bouche« . Daphnée est une norme. « Ok ». Daphnée m’a expliqué un truc d’une vérité que je l’ai trouvée tellement génial que l’on a re-baisé. Elle m’a dit : « En doggystyle, je ne vois pas ta bite, d’ailleurs tu me tires tout le temps les cheveux, c’est impossible à voir. En missionnaire, j’ai tout le temps les yeux fermés comme tu l’as remarqué. Dans les autres positions aussi. Ce n’est pas le cas quand je taille une pipe, je vois la bite, et ne le prends pas mal ta bite noire ça m’écoeure, pas capable. » « Ok, Daph’, c’est ben correct » accompagné d’un 🙂 

Daph’ me baise régulièrement cet hiver. Pas le choix, toutes les bites blanches dans son entourage se sont trouvées des chattes pareilles pour passer l’hiver. Alors, Daph’ me regarde souvent comme une manne tombant du ciel, pour dire qui tombe à poil.

Son entourage est un intéressant cas d’étude sociologique voire anthropologique. Les bites et les chattes après l’été se mettent en couple en automne en prévision des longs mois d’hiver, un truc pour se tenir chaud et au chaud. Au printemps, tout ce beau monde se sépare en prévision de l’été. Le printemps est la saison de la reconquête de sa liberté, et de la remise en forme physique. L’été, saison montréalaise de la baise en mode swipe left, exige au préalable un certain détachement, une fréquentation des salles de sport, un régime diététique drastique. A la fin de l’été, les meilleurs coups sont classés sur une liste, au début de l’automne on commence la sélection, vers la fin de l’automne l’heureux ou l’heureuse élu(e) (ou simplement celui/celle qui reste sur la liste, possiblement le dernier choix) est officialisé(e) sur les réseaux médias sociaux, au printemps il/elle est désofficialisé(e). « Liberé(e), délivré(e) c’est décidé je m’en vais » comme chanterait l’autre. Le printemps, la saison du next.  Next vulve, next phallus.  Pas encore vue, pas encore connu. 

 

 

Le stade phallique selon Freud

Vers 40 ou 50 ans, les pulsions se fixent sur l’appareil génital. L’adulte fait la découverte de son sexe. Il commence par découvrir le plaisir cutané qu’il obtient grâce aux attouchements : c’est la période de la masturbation à maturité, obtenue en se caressant devant le public par exemple. Du genre, j’en ai une grosse dans le pantalon ou une belle épaisse sexy dans la p’tite culotte. L’adulte se frotte l’appareil génital en public ou devant un miroir.

L’adulte remarque à cet âge l’absence de pénis chez les Autres qu’ils arrivent souvent à confondre à sa mère. Il commence d’abord par nier l’évidence et puis lorsqu’il accepte cette idée, il a peur de perdre le sien : c’est l' »angoisse de castration ».

Cette angoisse est d’autant plus grande que les institutions les hypothèques les dettes à rembourser les obligations de carrière la pensée d’une retraite à venir, etc., ne manquent pas de lui interdire de manipuler sa verge ou du moins de l’en dissuader. Il doit se tenir tranquille, rester dans la norme ou rentrer dans la norme. L’adulte a peur d’une punition qui consisterait à lui couper son pénis.

La femme adulte, elle, n’a pas peur de perdre son sexe mais elle est jalouse. Elle aurait aimé avoir un pénis : c’est l' »envie du pénis ». Elle cherche auprès des Autres, qu’elle confond à son père, à l’acquérir ou du moins à obtenir ce qu’elle ressent comme un équivalent : un enfant.

C’est le stade de la découverte de la différence qui s’accompagne d’une plus grande curiosité sexuelle et d’un plus grand intérêt pour les mystérieuses activités du boudoir. L’adulte imagine les rapports sexuels d’un autre genre comme une activité rajeunissante. Activité souvent agressive, sadique, dans un rapport de dominé-dominant : c’est le « fantasme de la scène primitive ».

 

 

Donc, dans le « Mets ta langue dans ma bouche » il n’y a pas de pénis noir, juste une langue rose. C’est Freud qui m’a fait la remarque l’autre jour. Toutes les langues sont roses. Le baiser en ce sens est un universel, la rencontre d’une langue rose avec une langue rose, rien de dégoûtant. Sauf si on se force un peu.

Du genre une langue blanchâtre qui dit toute la crasse que l’on y a laissé déposer. Une langue blanchâtre est comme un anus avec des traces de merde. C’est un manque de savoir-vivre doublé d’un manque d’hygiène. Très souvent, j’ai rencontré des personnes ultra sexy qui avaient une langue blanchâtre, et je me suis dit : « Ma langue n’ira pas dans ta bouche ». Encore moins mon pénis noir. Et même dans le noir. Par contre, je suis partant pour un doggystyle. Si on est en hiver. 

Une langue blanchâtre signifie une bouche non-baisable. Et même un corps non-fuckable. Je me suis toujours demandé : « Si tu négliges ta langue, qu’est-ce que tu négliges d’autre ? » Une langue, c’est important. Une langue, c’est sexy. Si tu la négliges, t’es pas sexy, et le reste comme Daph’ avec mon pénis noir m’écoeure.

Une langue blanchâtre c’est pire que des dents jaunies. Je veux dire des dents de sans-dents, pauvrards finis foutus, esthétiquement comme un papier-peint ayant subi les ravages du temps qui passe, c’est un attendu, une norme, c’est de l’usage. Des dents trop blanches, me donne toujours l’impression qu’un truc cloche, une impression d’artificielle, ou d’artificialité. Je veux dire si t’as des dents qui brillent dans le noir, c’est un peu intense ton affaire. Pas bouffer beaucoup d’anus toi.

Par contre, une langue blanchâtre comme un linceul c’est juste un truc de cadavre. Même Freud n’irait pas jusqu’à baiser un cadavre. Et je suis loin d’être freudien.

 

 

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En fond sonore, de cette nuit à écrire une histoire sans récit qui a eu du mal à s’écrire et dont le personnage principal est Anus, Freud de son prénom, Analité de nationalité, en fond sonore Les échardes de Charlotte Cardin. Charlotte a du fun, j’ai presque des spasmes.

Charlotte, ô grand dieu Charlotte, je te pisserai volontiers dans la bouche, sur la tronche en cascade golden shower, jamais très chère brune sublimissime prendre une douche ne t’aura fait un si grand bien. Et je te laisserai me filer des claques dans la gueule Like It Doesn’t Hurt. Hurt moi hard, pliz. Charlotte, ma Main Girl, soyons Dirty dirty et crevons ensemble. P’tites morts, échange de bons procédés, demain qui ne meurt jamais on le tranche ce soir. Pas de pitié quand l’on jouit. Tout le monde le sait, c’est le moment qui compte. Charlotte, dans la bouche? 

 

I know who you are
I know you are
So lovely it’s absurd

 

Demain crève ce soir, c’est le moment qui importe. T’as une belle langue rose Charlotte, tu pousses des hurlements qui ringardisent Le Cri munchien. Juste ça, cela me va. Alors, pissons nous les uns sur les autres, dans la bouche, Charlotte ayons du fun, c’est le moment qui compte.

Le moment où comme Gaël Faille l’a chanté dans Tôt le matin tu respires les effluves et les parfums d’Orifice, « Si ta vie est tracée, dévie ! Et presse délicatement un cul ». C’est comme défier dieu comme un fou.

Le moment, tu défies dieu, tu es fou, tu es libre. Et tu espères seulement que dieu n’ait aucun problème avec l’anus, la bouche et le pénis. Ce que tu sais au fond de toi n’arrivera pas, tu sais que ce tu espères serait comme assister à un festival de Jazz à l’Igloo-glou-glou-Fesse. Pour dire, comme vivre l’instant où Daphnée taillera ma pipe noire. Tu sais que dieu passé par le divan freudien aura un problème avec l’anus, la bouche et le pénis. Le moment sera ta p’tite mort. En variations symphoniques Istar d’Indy. Une p’tite mort golden shower

Bande sonore : Tôt le matin – Gaël Faye.

 

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