Art de la guerre

L’Art de la guerre de Sun Tzu est un grand classique (pour dire un incontournable) de la stratégie au même titre que De la guerre de Carl von Clausewitz, c’est LE livre de chevet pour ceux qui veulent comprendre comment il est possible de mener les hommes les batailles et de gagner en autorité, en puissance voire en splendeur.

Tzu a écrit une Bible remarquablement claire, concise, avec des préceptes fondamentaux d’une extraordinaire intemporalité. Cette Bible n’est pas seulement une affaire de politiques, de généraux, de leaders, de chef d’entreprises, etc., ces Écritures quasi Saintes-là sont une affaire de tous puisque dans notre quotidienneté nous nous livrons des guerres qui n’ont souvent pas grand-chose de différent que celles dans lesquelles le militaire et le mercenaire sont mobilisés.

 

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Notre quotidienneté où il est de plus en plus question de triompher de l’Autre (pour ne rien changer, si l’on adopte un regard hobbesien des relations humaines) ou de ne pas laisser l’Autre triompher de nous. Les guerres du micro-social sont aussi de sales guerres, les guerres de l’intersubjectivité de vrais carnages, et ce qui est intéressant en lisant Sun Tzu c’est que l’on voit bien comment de façon quelques fois inconsciente (une question d’instinct sans doute, d’instinct de survie ou de soif de pouvoir) nous appliquons certains de ses enseignements, à un moment ou à un autre.

Notre quotidienneté est une guerre de chacun contre tous, de tous envers tous, de tous envers chacun, parce que dans notre réalité contemporaine (déjà très ancienne) la compétition (assujettissante de l’Autre, de domination de l’Autre, du « être au-dessus » de l’Autre, du « être supérieur » « être meilleur » que l’Autre, etc.) est un des piliers selon moi de l’organisation sociale moderne.

Le contrat social hobbesien a à cet effet permis l’institutionnalisation de la guerre qui était déjà la norme dans l’état de nature, la guerre n’est plus anarchique elle est réglée selon la norme sociale (en ce sens cette dernière apporte une certaine sécurité), elle n’a pas disparu, et si nous nous sommes civilisés par cette construction de la conduite sociale de la guerre il n’en reste pas moins que nous sommes toujours un peu ces animaux dont la bestialité se manifeste chaque jour dans nos rapports et interactions mutuels.

Nous faisons la guerre tous les jours et dans tous les domaines : le sexe (compétition spermatique, compétition (de la jouissance) sexuelle, course au meilleur coup, etc., par exemple), l’amour (compétition des sentiments, course à l’idéal amoureux, par exemple), l’ascension sociale (dans une société encore comme avant très pyramidale), le mérite (incitation à un effort qui différencie en créant une distinction verticale entre les personnes, récompense de l’effort ayant triomphé des autres, valorisation du compétiteur ayant d’une façon comme d’une autre vaincu les autres, etc.), la valorisation de soi (la mise en avant de soi au détriment de la valeur des autres, la valeur de soi accordée par rapport à une dépréciation de celle des autres, la distinction du meilleur qui suggère la médiocrité des autres ou de leur commune banalité, etc.), l’enrichissement matériel (la compétition dans l’accumulation des richesses matérielles, la compétition dans l’ostentatoire, la compétition dans la possession matérielle des choses ayant une valeur symbolique de puissance, etc.), la singularisation de soi et l’individuation (la course à une signification de soi qui soit par rapport à celle des autres et donc d’un sens de soi de ce singulier qui se met soit au-dessus des autres soit en-deçà des autres, rarement sur le même plan d’égalité puisque cela socialement relèverait d’une espèce d’identité anonyme dans la masse des anonymes – ce qui de nos jours où « être » c’est d’abord sortir de cet état d’anonymat, de cette sorte d’invisibilité, c’est « être vu et connu », etc.), et même dans l’humanisme (à qui sera le plus humaniste de tous récoltera les lauriers de la presque sainteté – qui suggère l’atteinte d’une forme d’immortalité, un exemple de cette compétition acharnée et quelques fois brutale est le prix nobel de la paix et tous les autres prix prestigieux), etc.

Nous sommes ainsi des animaux de compétition, plongés dans une dynamique sociale du « triompher ou crever », les règles de la compétition sont institutionnalisées afin de rendre tout ça relativement acceptable moralement, bref d’humaniser la guerre (si jamais cette expression fait sens).

Le droit, l’éducation, la religion, les valeurs culturelles (qui élaborent ou construisent le cadre symbolique – l’univers de sens et de significations dans une communauté donnée), l’organisation politique de l’espace social avec ses normes d’échanges et de discussions par exemple, etc., ont pour objet et pour finalité d’ordonnancer nos guerres d’après des critères établis d’humanisation de notre bestialité (naturelle).

Dans cette perspective, être civilisé est simplement atteindre un degré convenable d’humanisation de cette bestialité intrinsèque à l’Homme. Le degré convenable fixé soit par la société elle-même et intériorisé comme tel par chacun, soit par les sociétés extérieures à la société à laquelle l’on appartient qui jugent et évaluent à partir de ses propres regards les autres. Ce degré convenable permet ainsi de créer des catégories particulières : le Civilisé et le Barbare, le Moderne et le Primitif, l’Humain et le Sauvage, l’Axe du Mal et l’Axe du Bien (pour dire le Mal et le Bien), les Lumières et les Obscurs, etc.

Et cette construction est le socle de justification (aussi morales que politiques) des guerres menées contre les Autres, il y a là un devoir d’humanité (sortir le Barbare de son état, mettre fin à la nature primitive des Autres, faire passer le Sauvage à l’Humanité, etc.), il y a là une mission civilisatrice. Dans l’intimité de tout un chacun l’on peut l’observer également dans les injonctions ou les commandements que nous formulons à l’égard de l’Autre (ou qu’il formule à notre égard) : « Tu dois être ceci, tu dois être cela, tu dois faire ça, tu ne dois pas faire ça… »

Des injonctions à se rendre compatible à l’idée que l’on se fait de l’être civilisé, convenable, acceptable. Des injonctions et des commandements qui s’inscrivent dans des relations en guerre (ouvertement, insidieusement, explicitement, implicitement, larvées ou plaies béates). Et tant que nous n’avons pas triomphé de l’Autre (ou qu’il n’a pas triomphé de nous), nous ne sommes pas satisfaits, nous sommes difficilement en paix, c’est ainsi que la paix sur le terrain de bataille qu’est l’intime est une capitulation (de l’Autre ou de nous) (« En aucun cas, la guerre n’est un but par elle-même. On ne se bat jamais, paradoxalement, que pour engendrer la paix, une certaine forme de paix » – Clausewitz). Cela s’entend régulièrement dans les conservations, cela se voit dans les relations, à un moment ou à un autre nous l’avons expérimenté.

Vous me direz : « Mais la paix c’est aussi le produit d’une négociation », je vous dirai « Oui », seulement la négociation est aussi une guerre (une bataille pour la préservation minimale de notre intérêt avec sa part de violence, de brutalité, de manœuvres stratégiques, de positionnements tactiques, etc., que l’on en ait conscience ou non, nous agissons ainsi). Une négociation dans notre quotidienneté, du matin dès notre réveil au soir à la nuit tombée, menée comme des généraux conduisent des campagnes, souvent nous employons des moyens lâches souvent des moyens à la limite de l’acceptable, souvent nous sommes lâches et frappons au moment où l’Autre s’y attend le moins, souvent nous sommes lâches et nous désertons le champs de bataille en laissant l’Autre gagner, souvent nous perdons parce que perdre une bataille (comme une concession faite à l’Autre) n’est pas nécessairement synonyme d’avoir perdu la guerre, ou que nous acceptons de perdre car le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Bref, la négociation est une manière de faire de la politique (qui pourrait être définie simplement comme une manière de conduire, de gérer, les relations humaines et sociales, les relations entre des entités partageant le même espace social, les relations entre des entités coexistant dans une réalité donnée), et en paraphrasant la célèbre citation de Clausewitz (« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ») je dirai : « La politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens ».

Et si selon Clausewitz la guerre est « un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté », je dirai en m’inspirant de Sun Tzu que la guerre est d’abord une volonté de conservation que nous avons naturellement tous, un besoin impérieux de conservation, qui nous pousse à entrer en compétition avec les Autres, à employer les moyens nécessaires à cette fin, les Autres sont ainsi soit des obstacles soit des menaces – d’une façon comme d’une autre ils incarnent un problème. Ils peuvent également être des alliés ou des objets facilitant l’atteinte de ce but ou contribuant à la réalisation (ou au maintien) de cette fin.

Alors, la guerre ce n’est pas seulement la violence pernicieuse dans son sens le plus dévastateur (anéantissement, éradication, par la force, les batailles livrées dans la confrontation par exemple) qui permet cette conservation, c’est souvent des artifices qui requièrent la mobilisation de stratégies beaucoup plus subtiles, le recours à des tactiques beaucoup moins cannibalesques (le recours à la séduction par exemple). C’est dans ce sens qu’il est aussi possible de comprendre le propos de Sun Tzu : « Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre ». Ou cette autre formule du général chinois : « Tout l’art de la guerre est basé sur la duperie ». Formule qu’il faudrait sans doute lire en n’oubliant pas ce conseil (crucial) : « Ne répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulières ».

 

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L’Homme, même dans la sphère privée, le micro-social, reste un animal stratégique, un animal de pouvoir, un animal en pleine survie, Sun Tzu l’a bien saisi avant Machiavel et Le Prince, avant Clausewitz et les autres. Son œuvre est donc celui d’un esprit d’une intuition analytique prodigieuse, ou d’un esprit analytique au regard observateur (empirique) hors-norme, il a saisi la substance et la raison, c’est un incroyable travail d’anatomiste de psychologue de philosophe de politologue de sociologue d’anthropologue, bref une réflexion transdisciplinaire s’appuyant sur une pluralité de perspectives pour offrir une compréhension à nulle autre pareille de la guerre.

 

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Et pour poursuivre dans cette thématique de la guerre, en partant de l’autre conseil de Sun Tzu « Il est d’une importance suprême dans la guerre d’attaquer la stratégie de l’ennemi » puisque « La pire des politiques consiste à attaquer les cités » et que « Dans tous les cas, il ne faut frapper qu’une fois qu’on est sûr de vaincre, d’un seul coup, au point que l’adversaire ne pourra pas se relever », il serait intéressant de compléter la lecture de L’Art de la guerre par deux livres : L’Art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer et L’Orateur idéal de Cicéron.

Clausewitz a dit dans De la guerre que « Le concept de guerre n’apparaît pas proprement avec l’attaque, car celle-ci n’a pas tant pour objectif absolu le combat que la prise de possession de quelque chose. Ce concept apparaît d’abord avec la défense, car celle-ci a pour objectif direct le combat, parer et combattre n’étant évidemment qu’une seule et même chose ». L’art de la guerre est donc ainsi une maîtrise des moyens de défense et des moyens d’attaque, pour dire il faut être en mesure de savoir se défendre et savoir comment attaquer. Dans notre quotidienneté, il s’agit essentiellement de maîtriser l’art (très difficile) de l’argumentation et l’art (tout aussi difficile) de communication. Combiner Schopenhauer et Cicéron, persuasion (argumentative) et rhétorique (éloquence) afin d’en arriver à l’adhésion, au ralliement. Il n’y a pas beaucoup de combats victorieux sans cette association du fond (argument) et de la forme (le discours). Une bonne cause sera vouée à l’échec sans cette association, un bon combat restera une belle intention et n’ira sans doute pas très loin sans la maîtrise de l’un et de l’autre. L’histoire en témoigne, notre vie quotidienne l’illustre.

 

« A chaque fois qu’Oscar et moi nous nous sommes revus, il est revenu sur cet épisode, il ne l’a jamais digéré. J’avais été méprisant et condescendant, digne de ces débatteurs qui n’ont pas raison, mais qui ne veulent pas avoir tort. Depuis, notre tendre enfance – qui ne fût pas toujours d’une grande tendresse – nous avions été formés à l’école pour être des matadors du débat – et beaucoup matamores. Aucune pitié, et faire gicler le sang de son objecteur. Nous avions été formés à convaincre – quitte à passer par l’insulte plus ou moins déguisée, la mauvaise foi totale, la malhonnêteté intellectuelle. Faire avancer le débat n’était pas l’objectif, les joutes oratoires n’avaient pas ce but; tout était une question de rhétorique, d’arguments, de stratagèmes,  et de mise-à-mort. La persuasion, avant tout. Et beaucoup d’orgueil, de vanité. 

Oscar et moi avions fait les mêmes études et avions eu les mêmes enseignants rhéteurs. Au secondaire, nous avions lu L’art d’avoir toujours raison de Schopenhauer, nous le récitions par cœur. Nous maîtrisions tous les retors de la Dialectique éristique. Oscar n’était donc pas un ange, si je lui avais offert la même occasion il m’aurait pulvérisé. Il n’aurait pas hésité. Tirer pour tuer. C’était la dynamique presque attendue de tout débat. Nous étions de purs sophistes et des Cicéron en devenir. Ce jour-là, j’ai tiré et tué Oscar. La foule a joui. »

 

Persuader ce n’est pas savoir dire les choses, c’est émettre une proposition de sens qui soit comprise comme le bon sens (même) – le bon sens entendu ici simplement comme un propos de raison, qui sonne juste, qui semble tenir la route. La rhétorique ce n’est pas avoir raison ou savoir parler tout court, c’est savoir parler avec raison – c’est dire de façon adéquate (convaincante) le bon sens que l’on propose (à l’Autre, à l’auditoire). Deux réalités distinctes et hautement complémentaires.

Schopenhauer dans son livre offre quelques stratagèmes inhérents à « la dialectique éristique » ou « l’art de disputer ». Ces stratagèmes feront en sorte que l’on puisse « aux yeux des personnes présentes » (de l’Autre, de l’auditoire, du public) ne pas avoir tort. C’est-à-dire que ce qu’il importe n’est pas tant d’avoir « objectivement raison quant au débat lui-même » mais de paraître plus persuasif pour l’Autre, d’avoir raison à ses yeux (même malgré le fait d’avoir objectivement tort, ou que notre argumentation ne puisse être objectivement validée, qu’il soit objectivement invalide : par exemple, persuader que nous vivons une invasion des barbares est une affirmation comme proposition de sens qui peut être invalidée factuellement, mais ce n’est pas tant cela qui importe, ce qui importe c’est que ce que l’on dit doit paraître vrai, faire sens pour l’Autre qui l’approuvera et le validera).

Schopenhauer explique notre capacité à croire des arguments qui n’ont pas souvent d’assises objectives réelles, nous laisser persuader par des affirmations très bien argumentées par le fait « De la médiocrité naturelle de l’espèce humaine ». Si nous ne l’étions pas nous chercherions à « faire surgir la vérité, sans nous soucier de savoir si elle est conforme à ce que nous avions d’abord défendue ou à celle de l’adversaire : ce qui n’aurait pas d’importance ou serait du moins tout à fait secondaire ». Mais nous n’avons pas cette disposition naturelle, l’essentiel de notre nature étant une « vanité innée » et une « malhonnêteté innée ».

Nous n’aimons pas avoir tort, nous n’avons pas toujours l’humilité d’accepter d’avoir tort et de le reconnaître, nous nous obstinons (souvent dans la plus grande mauvaise foi) « à défendre une thèse » même si elle nous semble fausse ou que nous sommes souvent trop convaincus que notre vérité est la seule vérité qui vaille, dès lors « il se forme en nous la maxime selon laquelle, même quand l’argument de l’adversaire semble juste et concluant, nous devons l’attaquer, certains que sa justesse n’est qu’apparente et qu’au cours de la controverse nous trouverons un argument qui viendra le renverser ou confirmer notre vérité d’une façon ou d’une autre ».

Ainsi, dans cette guerre des opinions, des argumentations, « Chacun cherchera donc généralement à faire triompher sa proposition, même lorsqu’elle lui paraît pour le moment fausse ou douteuse », chacun reste donc aux aguets des faiblesses ou des failles de l’Autre pour prendre le dessus. Schopenhauer donne donc à cette nature humaine particulière les « moyens pour y parvenir ».

L’art d’avoir toujours raison comme l’art de la dialectique (au-delà de la simple logique aristotélicienne – l’analytique, qui n’a pas ainsi pour but contrairement à la conception aristotélicienne la « recherche de la vérité », mais le triomphe dans la guerre qu’est la controverse), est dès lors un art de la défense pour parer aux attaques (ou pour répondre aux attaques) et un art de l’attaque (pour porter des coups à l’adversaire).

À la fois l’art de la logique de l’apparence et l’art de « connaître les stratagèmes malhonnêtes pour leur faire face ».

 

« Stratagème XXVIII
Convaincre le public et non l’adversaire

Il s’agit du genre de stratégie que l’on peut utiliser lors d’une discussion entre érudits en présence d’un public non instruit. Si vous n’avez pas d’argumentum ad rem, ni même d’ad hominem, vous pouvez en faire un ad auditores, c.-à-d. une objection invalide, mais invalide seulement pour un expert. Votre adversaire aura beau être un expert, ceux qui composent le public n’en sont pas, et à leurs yeux, vous l’aurez battu, surtout si votre objection le place sous un jour ridicule. : les gens sont prêts à rire et vous avez les rires à vos côtés. Montrer que votre objection est invalide nécessitera une explication longue faisant référence à des branches de la science dont vous débattez et le public n’est pas spécialement disposé à l’écouter.

Stratagème XII
Choisir des métaphores favorables

Si la conversation porte autour d’une conception générale qui ne porte pas de nom mais requiert une désignation métaphorique, il faut choisir une métaphore favorable à votre thèse. Par exemple, les mots serviles et liberales utilisés pour désigner les partis politiques espagnols furent manifestement choisis par ces derniers.

Le terme protestant fut choisi par les protestants, ainsi que le terme évangéliste par les évangélistes, mais les catholiques les appellent des hérétiques.

On peut agir de même pour les termes ayant des définitions plus précises, par exemple, si votre adversaire propose une altération, vous l’appellerez une « innovation » car ce terme est péjoratif. Si vous êtes celui qui fait une proposition, ce sera l’inverse. Dans le premier cas, vous vous référerez à votre adversaire comme étant « l’ordre établi », dans le second cas, comme « préjugé désuet ». Ce qu’une personne impartiale appellerait « culte » ou « pratique de la religion » serait désigné par un partisan comme « piété » ou « bénédiction divine » et par un adversaire comme « bigoterie » ou « superstition ». Au final, il s’agit là d’un petitio principii : ce qui n’a pas été démontré est utilisé comme postulat pour en tirer un jugement. Là où une personne parle de « mise en détention provisoire », une autre parlera de « mettre sous les verrous ». Un interlocuteur trahira ainsi souvent ses positions par les termes qu’il emploie. De tous les stratagèmes, celui-ci est le plus couramment utilisé et est utilisé d’instinct. L’un parlera de « prêtres » là où un autre parlera de « ratichons ». Zèle religieux = fanatisme, indiscrétion ou galanterie = adultère, équivoque = salace, embarras = banqueroute, « par l’influence et les connexions » = « par les pots-de-vin et le népotisme », « sincère gratitude » = « bon paiement », etc.

Stratagème XXX
Argument d’autorité

L’argumentum ad verecundiam. Celui-ci consiste à faire appel à une autorité plutôt qu’à la raison, et d’utiliser une autorité appropriée aux connaissances de l’adversaire.

Unusquisque mavult credere quam judicare dit Sénèque (dans De vita beata, I, 4) et il est donc facile de débattre lorsqu’on a une autorité à ses côtés que notre adversaire respecte. Plus ses capacités et connaissances sont limitées et plus le nombre d’autorités qui font impression sur lui est grand. Mais si ses capacités et connaissances sont d’un haut niveau, il y en aura peu, voire pratiquement pas. Peut-être reconnaîtra t-il l’autorité d’un professionnel versé dans une science, un art ou artisanat dont il ne connaît peu ou rien, mais il aura plus tendance à ne pas leur faire confiance.

À l’inverse, les personnes ordinaires ont un profond respect pour les professionnels de tout bord. Ils ne se rendent pas compte que quelqu’un fait carrière non pas par amour pour son sujet mais pour l’argent qu’il se fait dessus et qu’il est donc rare que celui qui enseigne un sujet le connaisse sur le bout des doigts, car le temps nécessaire pour l’étudier ne laisserait souvent que peu de place pour l’enseigner. Mais il y a beaucoup d’autorités qui ont le respect du vulgus sur tout type de sujet, donc si nous ne trouvons pas d’autorité appropriée, nous pouvons en utiliser une qui le paraît ou reprendre ce qu’à dit quelqu’un hors contexte. Les autorités que l’adversaire ne comprend pas sont généralement celles qui ont le plus d’impact. Les illettrés ont un certain respect pour les phrases grecques ou latines. On peut aussi si nécessaire non seulement déformer les paroles de l’autorité, mais carrément la falsifier ou leur faire dire quelque chose de votre invention : souvent, l’adversaire n’a pas de livre à la main ou ne peut pas en faire usage.

Le plus bel exemple réside en ce curé français, qui, pour ne pas avoir à paver la rue devant sa maison comme devaient le faire tous les autres citoyens, cita une phrase qu’il déclara biblique : paveant illi, ego non paveboqui convainquit les conseillers municipaux. En outre, un préjugé universel peut également servir comme autorité. Parce que beaucoup de personnes croient comme le disait Aristote que α μεν πολλοις δοκει ταντα γε ειναι φαμεν, il n’y a pas d’opinion, si absurde soit-elle, que les hommes ne sont pas prêts à embrasser dès qu’ils peuvent pourvu qu’on puisse les convaincre que c’est une vue généralement admise. L’exemple affecte leur pensée et leurs actions.

Ils sont comme des moutons, suivant celui qui porte le grelot où qu’il les mène : il est pour eux plus facile de mourir que de réfléchir. Il est particulièrement étrange que l’universalité d’une opinion ait autant de poids lorsque par l’expérience on sait que son acceptation n’est guère qu’un processus imitatif sans aucune réflexion. Cependant, ils ne se posent pas cette question parce qu’ils ne possèdent plus de connaissance qui leur soit propre. Seuls les élus disent avec Platon τοις πολλοις πολλα δοκει, c.-à-d. le vulgus a beaucoup de bêtises dans le crâne, et cela prendrait trop de temps que d’y remédier.

L’opinion du public n’est pas en soi une preuve, ni même une probabilité de la véracité des arguments adverses. Ceux qui le maintiennent doivent prendre en compte :

  1. que le temps ôte à une opinion universelle sa force démonstrative : autrement, les erreurs du passé que l’on tenait pour vérité devraient être toujours d’actualité. Il faudrait par exemple restaurer le système ptolémaïque ou ramener le catholicisme dans les pays protestants.
  2. que l’espace a le même effet, autrement, l’universalité respective du bouddhisme, du christianisme et de l’islam poserait une difficulté. (Cf. Bentham, Tactique des assemblées législatives, II, § 76).

Ce que l’on appelle l’opinion générale est, somme toute, l’opinion de deux ou trois personnes et il est aisé de s’en convaincre lorsque l’on comprend comment l’opinion générale se développe. C’est deux ou trois personnes qui formulent la première instance, l’acceptent et la développent ou la maintiennent et qui se sont persuadées de l’avoir suffisamment éprouvée. Puis quelques autres personnes, persuadées que ces premières personnes avaient les capacités nécessaires, ont également accepté ces opinions. Puis, là encore, acceptées par beaucoup d’autres dont la paresse a tôt fait de convaincre qu’il valait mieux y croire plutôt que de fatiguer à éprouver eux-mêmes la théorie. Ainsi, le nombre de ces adhérents paresseux et crédules grossit de jour en jour, car ceux-ci n’allaient guère au-delà du fait que les autres n’ont pu être que convaincus par la pertinence des arguments.

Le reste ne pouvait alors que prendre pour acquis ce qui était universellement accepté afin de ne pas passer pour des révoltés résistant aux opinions que tout le monde avait accepté, soit des personnes se croyant plus intelligentes que le reste du monde. Lorsque l’opinion a atteint ce stade, y adhérer devient un devoir, et le peu de personnes capables de former un jugement doivent rester silencieux : ceux qui parlent sont incapables de former leurs propres opinions et ne se font que l’écho des opinions d’autres personnes, et pourtant, sont capables de les défendre avec une ferveur et une intolérance immenses.

Ce que l’on déteste dans les personnes qui pensent différemment n’est pas leurs opinions, mais leur présomption de vouloir formuler leur propre jugement, une présomption dont eux-mêmes ne se croient pas coupables, ce dont ils ont secrètement conscience. Pour résumer, peu de personnes savent réfléchir, mais tout le monde veut avoir une opinion et que reste-t-il sinon prendre celle des autres plutôt que de se forger la sienne ? Et comme c’est ce qui arrive, quelle valeur peut-on donc donner à cette opinion, quand bien même cent millions de personnes la supportent ? C’est comme un fait historique rapporté par des centaines d’historiens qui se seraient plagié les uns les autres : au final, on remonte qu’à un seul individu. (Cf. Bayle, Pensées sur les comètes, I, § 10).

Dico ego, tu dicis, sed denique dixit et ille:
Dictaque post toties, nil nisi dicta vides.

Et pourtant, on peut utiliser l’opinion générale dans un débat avec des personnes ordinaires.

On peut se rendre compte que lorsque deux personnes débattent, c’est le genre d’arme que tous deux vont utiliser à outrance. Si quelqu’un de plus intelligent doit avoir affaire à eux, il lui est recommandé de condescendre à user de cette arme confortable et d’utiliser des autorités qui feront forte impression sur le point faible de son adversaire. Car contre cette arme, la raison est, ex hypothesi, aussi insensible qu’un Siegfried cornu, immergé dans le flot de l’incapacité et de l’incapacité de juger. »

 

 

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Pour Cicéron, prédécesseur de Schopenhauer, avoir raison c’est d’abord maîtriser « l’art de l’action du discours sur les esprits » : la rhetorica ou l’art oratoire. Cet art ne consiste pas seulement à l’elocutio (le style discursif qui met en valeur l’argument, ce qui demande un choix des mots qui relèvent le propos), il est une combinaison des arguments et des procédés qui persuadent (cf. Schopenhauer), il est une question de discipline – c’est-à-dire d’ordonnancement efficace de tels arguments, sans parler dans la situation du discours verbal de la gestuelle (les gestes de l’orateur qui doivent renforcer appuyer rendre vivant et saisissant ce qui est dit).

Sun Tzu, sur un plan qui n’est pas celui de l’art oratoire, disait ceci dans L’Art de la guerre : « Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos armes, nous ne devons jamais perdre de vue : la doctrine, le temps, l’espace, le commandement, la discipline. » La doctrine étant « l’unité de pensée », le temps comme prise en compte des deux grands principes que sont le Yin et le Yang dont l’union et le « mutuel concours » produit « du froid, du chaud, de la sérénité ou de l’intempérie de l’air », le commandement comme « équité » « amour » « courage et valeur » « rigueur » « dignité » « science des ressources », tous ces éléments nécessaires à tout leader qui veut diriger, l’espace comme « connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large comme de l’étroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer », la discipline comme « l’art de ranger les troupes » de « faire observer la rigueur », de « savoir connaître les différents chemins par où on peut arriver à un même terme ; ne pas dédaigner d’entrer dans un détail exact de toutes les choses qui peuvent servir, et se mettre au fait de chacune d’elles en particulier ». Tout ces éléments doivent faire corps ensemble.

Si l’on revient à l’art oratoire en partant de ces conseils de Sun Tzu (ou à l’art de dire), chacun de ces éléments se retrouve dans la capacité (ou la facilité) de convaincre. Quand on parle on doit nécessairement faire preuve d’une unité de pensée (c’est-à-dire que notre propos ne doit pas aller dans tous les sens et se perdre dans cette multitude). La gestion du temps n’est pas forcément une question d’horloge mais de savoir à quel moment souffler le chaud (enthousiasmer par son propos) et le froid (tempérer les ardeurs) – de mobiliser le Yin et le Yang, savoir à quel moment l’on embrase l’auditoire, l’Autre, le public, et quand il convient de rester dans une plus grande retenue. La capacité de commandement est une faculté à exercer une influence sur les émotions et les sentiments de ceux qui nous écoutent, en jouant sur le registre de l’affection, de la justice, ou même de la dignité l’orateur idéal dicte ce que son auditoire doit ressentir.

 

 

 

 

Ainsi, commander dans l’art oratoire ou discursif, c’est prendre par la main et guider, ceux qui sont guidés sont obéissants (sinon ils décrocheraient, ou dans un pire scénario rentreraient dans une sorte de mutinerie – on le voit souvent dans les sifflets qui conspuent un discours de politicien n’ayant pas su prendre par la main le public auquel il s’adresse). Un orateur idéal ne dit pas « Ressentez ! » il le suggère implicitement (et les destinataires de ce « Ressentez ! » n’en ont pas souvent conscience), l’auditoire est semblable aux troupes d’une armée et il lui obéit presque au doigt et à l’œil, prenez un discours que vous considérez comme « extraordinaire », réécoutez-le ou revoyez-le, vous constaterez à quel point toutes les fois que vous avez été envahis par une émotion, un sentiment, que vous avez vibrez, c’est parce que le locuteur vous a d’une façon comme d’une autre commandé de le faire, cela peut être prémédité ou simplement dans le feu de l’action (du discours).

L’espace quant à lui se manifeste dans l’art oratoire dans la proximité de l’orateur avec l’auditoire (l’interlocuteur, le public) ou la distance qu’il met entre lui et cet auditoire, un orateur idéal sait comment être proche de ceux qui l’écoutent, il sait comment ne pas tomber dans la promiscuité qui peut mettre mal-à-l’aise, il sait si le contexte et la situation ou le propos exige une prise de hauteur ou une posture plus populaire (dans le sens d’une accessibilité grand public), il sait pour arriver à convaincre comment être plus large dans son discours et pourquoi il faut être plus étroit (plus général et plus précis, plus global et plus singulier, etc.). Quant à la discipline c’est la capacité à structurer son propos et à veiller à ce que les « troupes » (le public, l’auditoire) soient suffisamment réceptives à ce que l’on dit – qu’elles restent dans le rang de la sensibilité dans laquelle on veut les maintenir. Se discipliner en tant qu’orateur c’est avoir et respecter une structure, discipliner le public c’est le soumettre à un cadre spécifique (tout cela en toute subtilité).

Comme le souligne Cicéron : « Les bons orateurs sont si différents les uns des autres ! » Mais aussi que l’orateur parfait « n’a peut-être jamais existé », l’on peut être un bon orateur même si l’on n’a pas été frappé par la « puissance du génie » ce qui importe c’est « d’aller le plus loin que possible » – donc la pratique et l’exercice.

 

 

L’orateur idéal doit pouvoir s’assurer de maîtriser la grandiloquence somme toute impétueuse (exprimer « des pensées très profondes avec majesté, véhémence », « abondance et gravité », « sachant ébranler et retourner les cœurs »), la finesse qui rend le propos pénétrant (des paroles « qui instruisent et éclaircissent tout sans rien amplifier », « parlant avec subtilité, précision et sobriété »), être à même de faire preuve d’une certaine habilité (ajoutant à leur propos « cette simplicité davantage d’harmonie » rendant leur style « agréable, fleuri même, avec de légers ornements »).

Ainsi, pour Cicéron, un orateur parfait n’est pas forcément un « déclamateur d’école » ou un « braillard du barreau », c’est une personne qui sache « choisir » des « lieux bien précis » qui « sont pertinents » et qu’elle adopte « un point de vue général ». De tels lieux « communs » elle les mobilisera après réflexion : en les pesant chacun car ils n’ont pas tous la même valeur d’arguments et « ne peuvent servir de preuves pour toutes les causes » – parce que ces « lieux communs engendrent parfois des pensées creuses, inutiles et étrangères à la cause ». Les arguments doivent être choisis avec discernement et l’orateur « ne se contentera pas de » les trouver « il devra aussi les soupeser ». Une « sélection draconienne ».

 

 

Dès lors, un orateur idéal doit pouvoir savoir quand la grandiloquence est pertinente, la finesse est nécessaire, l’habilité est impérative, savoir comment et à quelle fin mobiliser l’une ou l’autre (voire toutes ensemble) – comme le dirait Cicéron « Les orateurs ont toujours parlé en fonction des dispositions de leur auditoire. Car lorsqu’on désire convaincre, on considère les auditeurs ; on se conforme et on s’adapte entièrement à leurs attentes, à leur volonté et à leur bon plaisir ». Un orateur idéal est en mesure d’avoir un « style orné et puissant, simple et fin à la fois ». Pour Cicéron, s’il est un personnage se rapprochant le plus de cette perfection c’était Démosthène, « loin devant tous les autres », « Sublime, simple ou tempéré, il était insurpassable ». Et son discours « Pour Ctésiphon » son « chef-d’œuvre ».

Savoir manier l’art oratoire c’est comme je l’ai mentionné plus haut être capable de conjuguer « l’éloquence du corps » (« la voix et le geste », « la voix comporte autant d’inflexions qu’il y a de sentiments, et c’est elle, surtout, qui les éveille », le geste « indissociable des expressions du visage », sont essentiels pour l’orateur) et l’éloquence de l’esprit. Comme le note Cicéron les gestes doivent être les « plus sobres possibles », « La voix est secondée par la force d’expression du visage qui ajoute au discours tellement de dignité, tellement de charme ! Mais rien d’affecté, de grimaçant ne doit y paraître. » Et « Il faut aussi maîtriser les mouvements des yeux ; Car si le visage est le miroir de l’âme, les yeux en sont les interprètes. »

 

 

 

En fait de compte, le style oratoire ou discursif parfait est celui qui s’allie « la beauté des figures de mots, isolés ou insérés dans la phrase » et l’orateur « ne fera un tel usage qu’il n’aura à la bouche que des expressions nobles ou élégantes. Son discours abondera en métaphores de toutes sortes. » « Les figures nées de l’arrangement des mots donnent aussi beaucoup de charme au discours », ces métaphores permettant de faire « passer l’esprit d’une idée à une autre dans un mouvement de va-et-vient rapide et agréable ». L’orateur idéal « rapprochera des termes qui s’opposent, procédera par gradation, supprimera les conjonctions en juxtaposant les propositions, il taira certaines choses en montrant pourquoi », bref il doit maîtriser les figures de mots. Mais pour Cicéron, il est aussi essentiel pour lui de maîtriser les « figures de pensée » qui « sont plus importantes ».

La maîtrise des figures de pensée donnent indéniablement « un tour brillant à ses pensées » – et c’est selon Cicéron la définition même de l’éloquence. L’orateur idéal doit pouvoir savoir « présenter un même point sous ses divers aspects, insister sur une même idée et s’attarder sur la même pensée, déprécier quelque chose ou s’en moquer, s’écarter du sujet, annoncer ce qu’il va dire, conclure après un développement, revenir lui-même au sujet, répéter ce qu’il a dit, arriver à des conclusions logiques, presser les autres de questions et se répondre à lui-même comme si on l’interrogeait, laisser entendre le contraire de ce qu’il dit, sembler hésiter sur ce qu’il faut dire ou sur la manière de le dire, établir des divisions, omettre ou négliger certaines choses, prévenir des attaques, rejeter sur l’adversaire le reproche qu’on lui adresse ».

Cet orateur « feindra de délibérer avec l’auditoire et parfois même avec la partie adverse, il décrira les propos et le caractère des gens, il fera parler les êtres inanimés, il détournera l’attention des auditeurs, fera rire ou sourire, devancera les objections, il fera des rapprochements et citera des précédents, il accordera à chacun ce qui lui est dû », « il s’abandonnera même à la colère, aux reproches, il implorera, suppliera et se justifiera, il se détournera un peu de son sujet, il fera des vœux, lancera des imprécations, et cherchera à établir un commerce plus intime avec son auditoire ». « C’est dans ce genre où la matière abonde » « que doit éclater toute la grandeur de l’éloquence ».

 

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En somme, l’art de la guerre dans nos existences en guerre est non seulement une capacité à maîtriser certains préceptes stratégiques fondamentaux mais aussi celle à connaître et à utiliser à bon escient l’art de l’argumentation et l’art de dire.  

Dans nos vies de compétition, de rivalités, de courses au sommet de la pyramide, dans nos existences de combats pour nos causes, de batailles propres à la dynamique de la chaîne alimentaire, que ce soit dans l’espace social que dans la sphère privée ou dans l’intimité, nous restons dans un état de guerre permanente.

En errant dans la pensée de Sun Tzu, de Clausewitz, de Schopenhauer, de Cicéron, il est possible de se trouver des armes qui nous fassent triompher des Autres, qui nous permettent de nous hisser au sommet de la pyramide, de devenir puissants et dieux. Immortels et légendaires. Grands et sublimes.

Mais comme Yoda le dirait : « Personne par la guerre ne devient grand. » A quoi vous me répondrez sûrement : « On s’en fout ! »

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