Tina

Bande sonore : Mulata – Raul Paz.

Hier, j’étais à chicago, invité à la soirée de célébration du divorce de vanessa, un moment de réjouissance, vanessa martyrisée par le mariage, vanessa esclavagée par le mariage, vanessa désormais libérée, cela méritait du champagne des confettis de la bonne bouffe et toutes les jouissances dont elle s’est privées durant de courtes mais si longues années de dépendances à l’autre et d’astreintes pour l’autre. J’étais à chicago, invité à jouir de sa liberté retrouvée.

Faut dire, chicago est la ville du barackus obamatus, l’animal connu pour son cri particulier : « yes we cum ». Jouir, (re)jouir, comme une liberté émancipatrice de soi, une liberté un peu beaucoup « lâcher de fauves ! » comme s’écrirait louis vauxcelles visitant le salon d’automne de 1905, au Grand Palais, en plein milieu de la salle VII.

Louis vauxcelles ajouterait : « le yes we cum, c’est donatello chez les fauves ! » Ce qui se traduirait par gicler avec du génie, gicler tout un art, toute une coloration d’une vigueur absolument exquise. « Gicler rend libre » l’inscription historique à l’entrée du camp de concentration – que d’ailleurs l’on peut encore visiter en prenant part à l’esprit fauviste du truc – dirigé par sade et bukowski n’aura jamais été aussi vraie.

Le « yes we cum » vient de ce camp de concentration, le barackus obamatus en a fait son cri particulier, et politiquement parlant ça a giclé de partout, dans la foule, dans les votes, dans la société puritaine, à la maison d’une si parfaite blancheur spermatique, et même le prix nobel de la paix s’y est mis. Un lâcher de fauves, planétaire. « Yes we cum ».

Aucun lieu que chicago n’aurait ainsi été meilleur endroit au monde pour fêter célébrer un divorce, une liberté retrouvée. Vanessa a toujours eu ce sens symbolique des choses, rien chez elle n’a jamais été le fruit du hasard.

J’étais donc à chicago, la ville de cette espèce d’animal politique qui a su par je ne sais quel tour de passe-passe fait croire à tout le monde qu’il avait pu réussir politiquement à gravir les échelons dans une ville de corrompus sans se salir les mains et sans avoir l’âme souillée (d’une façon comme d’une autre). Le barackus obamatus est un spécimen rare, un saint parmi les animaux politiques, porcs et cochons, dinosaures et mammouths, ce n’est pas tous les jours que cela arrive.

J’étais donc à chicago, dans la ville du barackus obamatus, j’en ai profité pour aller le voir au musée d’histoire naturelle – the field museum, empaillé bien plus que momifié, il m’a laissé une forte impression.

J’en ai parlée à vanessa, elle m’a dit « Yep, y fait ça à tout le monde », vanessa se préparait pour la soirée de (re)jouissance durant laquelle son futur ex et elle feraient des blagues un peu salaces (et donc si drolatiques) sur leur ancienne (terrible) vie de couple. Le public rirait car il s’y reconnaîtrait. Le public étant bien entendu exclusivement constitué de divorcés et de séparés, pas de célibataires n’ayant jamais vécu l’expérience sadomasochiste du mariage – ils ne comprendraient non seulement pas mais surtout jugeraient impitoyablement.

 

« C’est l’histoire d’un poil.
Avant il était bien.
Maintenant il est pubien. »

« Un homme est en train de dépoussiérer son grenier, quand il tombe sur une lampe à huile. Il l’astique et fait soudainement apparaître un nuage de fumée. Au milieu du nuage, un génie sort de la lampe en prononçant les mots suivants :
– Je suis le génie de la lampe et j’exauce votre souhait le plus cher.
L’homme, surpris, exprime spontanément son voeu :
– Je souhaite avoir un sexe tellement long qu’il puisse traîner par terre…
– Que votre voeu soit exaucé !
Et POUF ! Le gars se retrouve avec des jambes de 10 cm ! »

« C’est un mec en train de limer (euh pardon, faire l’amour) comme une bête et pendant ce temps là, la jeune fille lui demande
« – Chéri, comment veux-tu appeler notre enfant ? »
Le garçon qui a fini son affaire prend la capote, la jette dans les chiottes, et en tirant la chasse dit: « S’il s’en sort, on l’appelle MacGyver … » »

« 2 putes discutent:
– Je suis enceinte !
– Tu sais qui est le père ?
– Quand tu manges 1 boîte de haricots tu sais lequel te fais péter ?! »

« Un homme rentre chez lui après sa journée de travail, il voit un mot sur le lave vaisselle où est écrit : Propre mais pas vidé ! L’homme se met à table, mange, lave son assiette, vide le lave vaisselle, range, puis s’en va prendre sa douche et va se coucher. Un peu plus tard, sa femme arrive et voit son mari … couché avec un post-it sur le sexe, sur lequel il est écrit : Propre mais pas vidé! »

 

Les blagues salaces seraient aussi pour eux des épisodes d’american horror story – il ne s’agit pas seulement des épisodes ordinaires de la vie politique chez l’uncle sam. Ils n’en riraient pas, du tout.  Ils n’y verraient pas tout l’aspect jouissif du truc, cette poésie de l’horreur, ce romantisme de l’épouvante, cette nature surréaliste du réel vécu au quotidien par des êtres clair-obscurs partageant autant des sentiments d’un certain fauvisme que des émotions d’une noirceur sublimée.

Nan, ils seraient dégoûtés traumatisés chiant dans leur froc et se jurant que jamais au/ô grand jamais ils ne se mettraient dans de telles situations, ne vivraient de telles situations parce qu’eux ils sauraient mieux que tous ces malades dans la salle comment faire du couple le meilleur moment de la connerie heureuse. Alors comme il ne faudrait pas bousiller leurs illusions, vanessa ne les a pas invités, elle voulait être entourée de ceux qui sauraient rire des épisodes d’american horror story – des histoires de couple quoi.

J’ai donc été invité. Chicago sent encore un peu la mort des itinérants qui ont crevé ces derniers jours à cause de l’inattendu froid polaire ayant traversé la région, une puanteur qui n’empêche pas les passants de respirer, ils y sont habitués. Les cadavres ont été rapidement dégagés pour ne pas salir l’image de la ville, l’odeur est restée, les autorités n’ont pas trouvé de solutions efficaces afin de masquer le parfum de l’horreur, le barackus obamatus étant désormais au musée personne ne semble plus savoir comment avant on faisait.

Chicago pue donc la mort des pauvres et autres misérables, cela me change de new york city qui non seulement pue la mort des rien-du-tout mais aussi pue fort le croque-mort – ce parfum si naturel des riches.

New york city : parfum de rats qui crèvent (dans la rue, à la tâche comme des tâches, génocide des rats à chaque coin de rue et souvent sous les feux brûlant de times square, raticides à chaque coin de rue, banalités quotidiennes) et parfum de qui enterrent les rats.

New york city, cela ne se sent pas toujours sur les selfies que l’on y prend, ni sur les photos publiées sur les réseaux médias sociaux, l’œil ne sentant rien new york city est donc si magnifique. Pourtant, new york city, la ville qui ne dort jamais (comment le pourrait-elle d’ailleurs il y a tant de rats à enterrer et beaucoup de rats qui veulent devenir râ), new york city pue.

 

I want to wake up, in a city that doesn’t sleep
And find I’m king of the hill
Top of the heap

 

À chicago au moins on n’essaie pas de me raconter des histoires, de me vendre ce « amazing » presque « grace » afin qu’extatique (le nez bouché donc) j’en oublie l’odeur, le parfum. Chicago pue, cela s’assume, parce que pas vraiment le choix, et ce n’est pas seulement à cause du « cum » du « Yes we cum ». Vanessa m’a dit « Ouais, c’est vrai que ça ne sent pas toujours la rose », vanessa parlait autant du « cum » que de chicago.

 

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Vanessa est une de mes « ex », nous avons été « en couple » il y a quelques milliers d’années de cela, dans une galaxie très lointaine. « Ex » est un bien grand mot, « en couple » aussi. Nous avions à peine plus de vingt ans, pour dire à cet âge-là on n’est pas « en couple » c’est le truc pour baiser, tranquille, sans passer pour pute salope et salaud cochon porc, le « couple » sert à « ça ». De plus, être « en couple » permet d’avoir à sa disposition une bite ou un vagin sans devoir pour bouffer être contraint d’aller tout le temps à la chasse.

T’as faim, le truc est déjà là, dispo accessible, dans le garde-manger – bien en place, surtout grâce à cette notion bien trouvée qu’est la fidélité : je veux dire, la fidélité t’assure l’immobilité de la bite ou du vagin. Bien rangé(e) dans le garde-manger. Dispo et accessible. 

Tu meurs de faim, le truc est à portée de main – je veux dire, du phallus ou de la chatte. Pas besoin d’aller faire les courses ou faire ton chasseur/ta chasseuse comme un/une fauve affamé(e). T’es « en couple » à cet âge-là pour avoir le manger – comme on dit au québec – qui attend tranquillou que tu le dévores. A vingt ans ou dans la vingtaine, être « en couple » c’est une question de ne pas trop se compliquer la vie. Ce n’est donc pas « être un couple ».

« Être un couple », ça commence à partir de la trentaine, là on passe aux choses sérieuses. Il ne s’agit pas seulement du manger, de la disponibilité l’immédiateté l’accessibilité de la baise facile, l’on a d’autres préoccupations.

Des préoccupations du genre : est-ce que cette bite/ce vagin a une belle job, au-delà de la blowjob et du cunnilingus ? Est-ce que cette bite/ce vagin peut être (éventuellement) un bon père/une bonne mère ? Est-ce que cette bite/ce vagin est capable de m’assurer une certaine sécurité (sociale et financière) ? Est-ce que cette bite/ce vagin est susceptible de m’appuyer, de me soutenir, dans ma réalisation de soi, dans ma carrière professionnelle, dans mes ambitions ? Est-ce que cette bite/ce vagin peut me permettre d’aller plus loin dans la vie ? Est-ce que cette bite/ce vagin m’ouvre d’autres horizons qui m’enrichiront ? Est-ce que cette bite/ce vagin va être un atout ou un handicap pour ma vie ? Etc.

Consciemment ou inconsciemment, à cet âge-là avant d’être un couple tu te poses ce type de questions, la bite/le vagin n’est pas/plus fondamental(e), certains appellent ça mûrir et grandir, certains dans la trentaine n’ont pas mûri et grandi, certains sont restés coincés à vingt ans ou dans la vingtaine, t’en as sans doute autour de toi – si ce n’est pas toi. 

Bref, « être un couple » prend-là tout son sens. Il est question de rencontre d’intérêts particuliers au-delà de la bouffe charnelle assurée, le « couple » est une alliance permettant de conquérir la vie ou tout au moins d’y survivre, « être un couple » se fait après une analyse des risques et des opportunités, des forces et des faiblesses, de ce qui constitue des atouts pour soi et des menaces pour soi, une réflexion sur ce qui peut devenir un problème dans le long terme.

« Être un couple » est ainsi travailler en binôme, il n’est pas toujours question seulement de plaisir, il y a souvent (peut-être trop souvent) du déplaisir, et la question de savoir si l’on est heureux ne s’évalue pas nécessairement ou exclusivement au nombre de fois que l’on a joui ou que l’on a bien joui.

La réponse à cette question se fait d’après d’autres critères, comme par exemple celui du degré de dépression quand l’on vit en présence de l’autre, le niveau d’envie de se suicider quand on l’attend parler ou agir, le nombre de fois que l’on le/la traite de con ou de conne sans que cela ne se termine en guerre nucléaire, le nombre de fois que l’on lui dit « Dégage ! » ou « Fous le camp/Criss ton camp ! » sans que l’autre ne dégage vraiment ou ne foute vraiment le camp/ne crisse vraiment son camp car vous avez (quelques fois viscéralement) besoin l’un de l’autre (comme des junkies ou parce qu’il y a trop d’intérêts en jeu, trop d’enjeux en jeu), le nombre de fois que l’on est invisible ou transparent chacun pour l’autre sans que l’on ne soit vraiment morts aux yeux de l’un et de l’autre, le nombre de fois que l’on baise sans penser à une autre bite ou une autre chatte (ce qui peut avec le temps devenir une chose rare), le nombre de jours dans l’année pendant lesquels on ne baise pas sans que cela ne vire au drame (« T’sé on n’a pas fourré au moins quatre fois cette semaine! » – comme si baiser était une prescription médicale), etc.

La question du bonheur quand on « est un couple » à cet âge-là est une évaluation générale et très rationnelle selon un ensemble très précis très concret de critères que l’on n’a pas à vingt ans ou dans la vingtaine.

On n’est donc pas un couple à vingt ans, ou dans la vingtaine, on est en couple. La baise ou le manger est un critère central ou primordial (voire souvent le seul véritable) de l’évaluation du bonheur (auquel on ajoute des sous-critères assez mignons comme : le nombre de fois que l’on a ri avec l’autre, si on est compatibles au lit et le nombre de fois que l’autre nous a fait jouir ou non, le nombre de fois que l’autre nous a écrit dans la journée et combien de je t’aime l’autre nous a balancé comme des envois automatiques et programmés à l’avance, le nombre de fois qu’il nous a invité au resto etc., et surtout cet importantissime question : suis-je bien avec ? Quelques fois qui signifie est-ce que je jouis comme et autant qu’il faut avec ? etc.). Quand l’on grandit et mûrit tout ça est secondaire, pour ne pas dire dérisoire. 

« Être en couple » c’est donc dessiner beaucoup de licornes roses dans des cieux mauves, on s’offre des niaiseries à la st-valentin (pour mieux baiser ou introduire des requêtes de pratiques sexuelles particulières que l’autre n’est pas dans un jour ordinaire disposé(e) à subir ou à exécuter, etc.), on le fait savoir sur les réseaux médias sociaux comme on s’écrirait : « This is mon manger ! » et des selfies pour que cela soit bien vu (le manger je veux dire), la bite est belle – faut que tout le monde le sache : cette belle bite rentre dans mon vagin / dans mes fesses / dans ma bouche / etc., le vagin est magnifique – faut que tous les autres vagins que l’on a niqués ou qui nous ont dit « Pas faim de toé ! » le sache, etc. Etc. Bref, on est « en » et donc on n’« est » pas « un ». Il y a là toute une différence. Une mentalité, une maturité. 

Dans le « être un couple », ce n’est pas simplement un « en » (relation), il y a « un » tout court. 1+1=1, d’une façon comme d’autre. Des êtres qui savent que l’essentiel est ailleurs et qui sont animés par la volonté de se réaliser pleinement effectivement autant psychologiquement que matériellement.

« Être un couple » est ainsi un contrat entre deux volontés bien conscientes que le cute le sexy le cul et les histoires de fesses ne sont pas l’alpha et l’omega de la vie (contrairement à ce que l’on croit quand on a vingt ans, ou lorsque l’on est dans la vingtaine). Un contrat d’épanouissement mutuel, l’objet étant d’une toute autre jouissance. Surtout qu’à cet âge-là, dans la trentaine, l’on sait qu’il ne faut pas se manquer dans le choix de son partenaire/sa partenaire, cela peut avoir des conséquences très directes très concrètes très immédiates sur notre vie sociale professionnelle matérielle ou celle à laquelle on aspire. On n’oublie un peu le « Yes we cum » comme on troque la liberté pour la responsabilité, la liberté pour la lucidité, on est dans une toute autre dynamique, loin des licornes roses volant dans des cieux mauves, on rêve de façon très pragmatique. Les yeux ouverts. Les love story adolescents et adulescents n’ont aucun intérêt.  C’est d’un autre âge. 

Dès lors, vanessa et moi n’étions pas un couple, nous étions en couple, et lorsque hier on s’est revus à chicago nous étions deux ex-histoires de cul prêts à célébrer comme il faut son divorce.

D’ailleurs, sans lui demander d’abord si elle se portait bien, ma première question a été : « Vaney, dis-moi, très chère, fais-tu toujours des fellations de si grande qualité ? »

Vanessa m’a regardé, souriante, et a lâché : « C’est triste quand même, malgré toutes ces années, malgré la vieillesse, tu n’as pas du tout changé, toujours aussi con et moche. »

Avec le sourire, j’ai encaissé le missile intercontinental dans la tronche. Nous nous sommes pris dans les bras, et l’on s’est rendus compte à quel point nous nous étions manqués. Mais aussi à quel point nous nous étions ennuyés l’un de l’autre.

« Ce soir, je veux de la joie, de la vie, du plaisir, okay ? » J’ai fait « Oui, bien entendu Vaney. » Vanessa a insisté plusieurs fois là-dessus, je n’ai pas vraiment compris jusqu’à ce qu’elle m’informe que Tina serait l’officiante du divorce. Là tout est devenu limpide, j’ai décodé le message.

 

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Tina. Une ex-histoire de cul qui a viré chez elle en une haine indescriptible de ma personne, ou je dirais en une colère non-apaisée contre ma personne, et cela date de notre adolescence.

Tina ne m’a jamais pardonné, n’a jamais oublié, le con et le salaud que j’étais et que je suis resté. Tina à chaque fois qu’elle et moi on s’est croisés au hasard des jours, des lieux, des circonstances, elle m’a envoyé systématiquement et sans arrêt des missiles intercontinentaux sur la tronche, m’a traité comme une sous-merde, et m’a demandé d’aller griller en enfer. Avec Tina, il n’y a pas d’alternative, « There Is No Alternative » comme elle l’a avoué une fois à Vanessa – pour dire, le scénario est écrit, le scénario est connu d’avance, pas d’autre issue possible. Et c’est toujours un déferlement.

Tina est la première fille hyper et ultra belle qui m’a fait aimer les laides. C’est grâce à elle que j’aime tant les moches, vous savez ces imperfections épouvantables qui humanisent les barbie et leur donnent ce truc authentique absolument charmant, jouissif.

 

« «Un beau visage rapporte 8% de salaire en plus» »

 

Les laides ont toujours quelque chose qui cloche, soit c’est simplement la gueule portraiturée par picasso (Dora Maar ou Jacqueline Roque) sur un corps quasi idéal, soit c’est le physique ingrat avec une gueule qui tente de rendre bien que mal récupérable l’ensemble, soit c’est tout est physiquement irrécupérable mais avec un sourire ou des yeux ou une voix qui sauve in extremis le truc, soit c’est physiquement « Out of this world » comme un top model dans un défilé angels de victoria’s secret mais avec une mentalité merdique qui la désenchante, soit c’est très très loin de victoria’s secret avec une mentalité d’ange.

Les laides sont des belles qui ont des imperfections qui les rendent au fond réelles ordinaires, des imperfections qui font et sont ce qu’elles ont de singulier et donc qui ont l’effet sur moi d’un charme irrésistible. L’imperfection me séduit, l’imperfection me fait jouir. Tina était parfaite, hyper et ultra belle, victoria’s secret angel avec une mentalité d’ange, et je me suis si emmerdé en baisant avec elle.

Tina l’a appris par D’Almavida, un de mes meilleurs amis d’enfance qui l’avait lu dans un poème écrit durant un cours au collège jésuite. Je m’emmerdais pendant le cours, faisant semblant de prendre des notes d’un enseignement à donner des envies de suicide au plus grand des optimistes, j’écrivais un poème. Tina n’était pas mentionnée dans le poème, mais D’Almavida – voisin de banc zieutant avec une curiosité de commère le bout de papier – a rapidement compris que la description en vers libres de mes errances ô combien chiantes entre les cuisses d’une déesse portée aux nues par dieux et mortels était celle de Tina. D’Almavida a toujours été un surdoué, vraiment. Aujourd’hui, à berlin, il tutoie les sommets du succès professionnel et matériel, avec la sœur de Tina. Alors D’Almavida a fait ce qu’il avait à faire pour « être en couple » avec la sœur de Tina et que ça finisse un jour en « être un couple » avec la sœur de la déesse qui était de la même substance. Tina l’a su, D’Almavida avait dérobé le poème et le lui avait fait lire.

 

« Éducation jésuite: 

Elle insiste sur le soin et l’attention à donner à chaque élève, l’incitant à être proactif dans son milieu et l’encourageant à l’ouverture à tous, au respect de la vie, et à un progrès qui soit au service de l’humanité.

Elle est orientée vers l’adoption de valeurs sures, encourageant une connaissance, un amour et une acceptation réaliste de soi-même, et assure une connaissance tout autant réaliste du monde dans lequel nous vivons.

Elle insiste sur la collaboration entre tous ceux qui sont engagés dans une œuvre commune d’éducation, et repose sur un esprit de communauté, respectueuse des identités, au sein de chaque institution, y engageant les jésuites, les enseignants laïcs et le cadre administratif, comme les parents, élèves, divers ‘conseils’, anciens élèves et bienfaiteurs. Tout ne repose pas sur le maître, cette collaboration ou coopération caractérise l’enseignement mutuel. »

 

« En résumé, plus on voudra former des hommes, plus on aimera dans l’éducation la franchise, dans l’instruction l’étendue et la profondeur ; plus on recherchera la fermeté de la volonté, l’indépendance de l’esprit, la droiture du cœur, et plus l’enseignement des jésuites perdra de son crédit et de son autorité »

 

« Nul monarque de la terre, dit un historien, n’est aussi bien renseigné que le général des jésuites. »

 

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Tina a gardé le poème et D’Almavida le surdoué a fini par obtenir les faveurs qu’il espérait. Aujourd’hui ce poème justifie les missiles intercontinentaux que je reçois dans la tronche de sa part, la crucifixion, la colère.

Faut dire, les vers de ce poème étaient tout ce qu’il y a de libres, et vous qui me lisez souvent imaginer à quoi cela peut ressembler un poème en vers libres de dave – ce salaud.

Pour le coup, ça parlait d’une baise avec un cadavre aussi froid que les itinérants morts dans les rues polaires de chicago, ça parlait d’un corps inanimé comme un crucifix allongé dans un lit, le crucifix qui fixe le plafond avec des yeux sans expression pour ne pas choquer ce Père (un peu fouettard) qui est aux cieux, ça parlait d’une bouche muette comme une tombe ou silencieuse comme un cimetière, d’une déesse olympienne qui malgré tous ses efforts ne rendaient pas possible la montée au septième ciel.

Avec Tina, j’ai appris pour la première fois de ma vie une chose très essentielle : la perfection est un mauvais coup. Un très mauvais coup. Après elle, j’ai fui comme la peste la perfection que sont les belles filles, les belles femmes. Et quand il m’arrivait de faire la connerie de replonger ou de refaire l’expérience (parce que « who knows, things can change »), j’écrivais toujours après des poèmes en vers libres.

 

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« A un moment, il faut passer à autre chose ! Vous n’avez plus quinze ans ! », vanessa avant le début de la soirée, de la cérémonie, nous a fait la leçon. Tina est devenue pasteure, moi dealer de cock, c’est à partir de nos différents mondes que l’on se regardent sans vraiment chercher à se voir, vanessa le sait, elle ne veut simplement pas que nous foutions la merde. « Je t’ai pardonné, mon cœur est rempli de l’amour du seigneur, je baigne dans la lumière de l’eternel notre dieu, je ne te hais point davy », Tina me sort toujours le même truc à chaque fois avant d’envoyer les missiles. Je lui réponds à chaque fois : « Okay ».

Durant la cérémonie, Tina a fait tomber les missiles sur ma tronche avec tout l’amour du seigneur et la lumière de l’éternel notre dieu. J’ai fait mon Bouddha, vanessa méritait de jouir de son divorce dans toute son entièreté, sans merde et sous-merde.

Champagne et confettis, blagues salaces échangées par les deux ex comme des épisodes d’american horror story, public mort de rire et pissant dans son froc ; puis vanessa aux toilettes en train de faire une fellation de si grande qualité à un mec qu’elle a toujours eu envie de baiser pendant toute sa mise en cage et aux fers qu’est le mariage et le « couple », la liberté retrouvée de vanessa s’entendait par ces bruits particuliers que fait une bouche qui suce avec passion.

Tina s’est barrée à l’aéroport pour rentrer à londres, elle ne voulait pas assister à l’orgie de débauches d’après-minuit qui est une tradition « Yes we cum » de telle célébration.

Et moi, ce matin, assis dans une chambre d’hôtel, regardant chicago sortir de son sommeil, préservé de sa puanteur, j’écris un poème en vers libres. Hier soir, après-minuit, j’ai rencontré une perfection.

Bande sonore : Big city life – Mattafix.

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