Je me souviens de tout

Quand la nuit s’approche incognito
L’ombre me laisse en petits morceaux
Les ténèbres embrassent enfin ma peau
M’oignent de tendresse et de froid

J’apprends à revivre entre ombre et noirceur
Sans toi la nuit est moins belle

Je me souviens de tout
Le temps ne me porte pas
Ni loin ni ici
Tout m’entraîne et me dissout
Un par un les spectres
Les créatures éthérées
Les apparitions régurgitées par les ténèbres
Et tous les autres qui éteignent les dernières lumières
Dès que la nuit revient, je me souviens de tout
Je me souviens trop bien

Mes amis, mes doux doudous, mes doudous doux, mes moches amis
Me caressent des yeux, des mots
Moi je ne promets et je souris
Pour que je n’oublie pas
Et je prends chaque moment en cadeau

J’ai tant voyagé d’apocalypses en décombres
J’ai la mémoire aux souvenirs nets

Je me souviens de tout
Le temps ne me porte pas
Ni loin ni ici
Tout m’entraîne et me dissout
Un par un les spectres
Les monstres éthérés
Les surgissements vomis par les ténèbres
Et tous les autres qui éteignent les dernières lumières
Dès que la nuit revient, je me souviens de tout
De tout le rien
Je me souviens trop bien

Je me redécouvre tout entier
Avant je n’étais qu’une falsification de moi

Je me souviens de tout
Le temps ne me porte pas
Ni ailleurs ni là
Tout me laisse en lambeaux
Les ombres embrassent enfin ma peau
Je me souviens de tout
Des visages des parfums
Des horreurs des bonheurs
De tout ce qui a été
De tout ce qui aurait été
De tout ce qui n’est pas
De tout ce qui est malheureusement
De tout ce qui est parti
De tout ce qui ne reviendra pas
De tout ce qui reviendra
Et qui éteindra les dernières lumières

Dès que la nuit revient
Je me souviens de tout
Je me souviens trop bien

 

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