S’il suffisait de s’embrasser

Je vois ton visage, je m’imagine tes mondes
Et puis je te devine dans l’ombre
Je veux tant t’avouer tout ce que je n’ai pas pu te dire
Tous ces mots dans ma tête qui ne sont sortis
Te parler des mots du cœur avec mes yeux
Comment te les faire lire deviner
Comment te l’avouer

Mais que font tous ces autres à qui s’aimer
Se dit avec les lèvres avec des éclats de lumière
Comment font-ils pour s’avouer comme rêve et chimère
Moi je ne sais t’offrir lumière et clarté
Mon âme mon cœur ma bouche mes lèvres
J’aurais beau te les donner
Il n’y aura que des ombres avec si peu de clarté
Est-ce seulement suffisant est-ce qu’avec le temps
Cela nous réussira cela nous sauvera

S’il suffisait de s’embrasser, s’il suffisait ainsi de s’aimer
Si l’on échangeait nos ombres nos rien nos si peu
Rien qu’en s’embrassant comme on se donne
S’il suffisait d’une étreinte de nos cœurs, s’il suffisait de s’aimer
Feras-tu de nous une éternité, ferais-je de toi mon éternité

 

 

J’ai du noir dans mes songes, beaucoup trop de roses séchées
Jardin d’hiver nuit polaire désert de solitude corsaire nervalien
Quand des cauchemars me dévorent que d’autres me nourrissent
L’amour la vie l’humain la terre nos mers
Sombrent dans des eaux ténébreuses
Les portes des enfers s’ouvrent et échappent les cris des damnés
Et même quand je les referme les cris hurlent dans ma nuit

Dans mon jardin d’hiver, la peine du dam est un soleil de minuit
Luisant et privatif du regard des étoiles, et moi
Debout sur un balcon des fleurs du mal
Mon souffle sans vie dit le cœur qui a cessé de battre
Les monstres surgissant du néant, de combattre
Les cris qui remplissent le silence de mon rêve éveillé
Quand les nuages foncés parcourent ma nuit mauve
Présages des bonheurs qui fileront comme des étoiles
Etoiles filantes haut dans des cieux si lointains
Quels mots devrais-je te dire

S’il suffisait de s’aimer, s’il suffisait de s’embrasser
Si l’on s’échangeait nos nuits mauves et froides
Rien qu’en s’embrassant comme on s’offre
S’il suffisait d’une étreinte de nos âmes, s’il suffisait de s’aimer
Feras-tu de nous des milliers de soleils, ferais-je de toi mon seul soleil

 

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