A une Passante

Je n’ai pu te le dire, le temps est passé si vite, toi ombre éclatante, toi rieuse de bon cœur, toi aux lèvres que je devine d’un goût fruité, toi inoubliable passante, tu es passée si vite, trop vite, et dans ton sillage, sur le trottoir, il est resté d’invisibles empreintes de tes pas rapides, je les ai suivis mais vois-tu je me suis égaré. As-tu seulement existé.

Marcheuse anonyme dans une rue sans nom, au milieu de cette foule sans visages, dans cette ville morte aux teintes d’une tristesse, toi qui as traversé le paysage presque comme une étoile filante illumine un ciel sans lumières, dans cette nuit qui berce des âmes lessivées à bout de course, tu es passée, et dans ton mouvement, dans une rue sans mémoire, sur un trottoir qui ne retient aucun pas, il est resté de vagues invisibles, je les ai reçues en plein cœur mais vois-tu elles m’ont aussi noyé. As-tu seulement été.

 

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Hier, j’ai cru te voir dans un coin perdu d’une rue égarée au milieu de cette nécropole aux stèles funéraires tutoyant le ciel, la rue comme une route tracée ne savait plus où s’en aller, tu semblais toi certaine de ta destination, au milieu de la foule d’ectoplasmes désorientés, tu semblais avoir gardé le sud, marchant loin des banquises du nord, traversant le paysage que j’ai toujours regardé en mode infrarouge pour voir les invisibles cachées dans la nuit noire, tu semblais aller loin, de tout, surtout de moi, tu semblais venir de loin, de tout, sans moi, une existence qui ne s’écrit pas, même avec des vers, une existence qui va et ne s’attarde pas.

Vois-tu accroche-moi à ton mouvement, je veux tant marcher près de toi, disparaître avec toi, vers le sud, nous laisserons des empreintes que la nuit, cette nuit aux mille vents, cette nuit sans lumières, effacera. Seule la nuit saura, que toi, moi, nous, avons été.

Toi ce temps qui passe vite, temps qui ne prend le temps de profiter du temps, toi que j’ai vue venir de quelque part, toi que j’ai vue partir au loin, ombre comme un éclat de la nuit, tu es passée si vite, trop vite, et je n’ai pas te dire tout ce que j’aimerais goûter à tes lèvres dont je devine la saveur fruitée. Ce n’était pas toi dans ce coin perdu d’une rue qui ne sait plus où s’en aller, perdue au milieu d’autres qui se rentre dedans et qui ne savent même plus s’excuser, perdu ce coin comme celle qui te ressemblait, elle semblait ne plus savoir d’où elle venait et où elle s’en allait, une existence comme une autre dans un coin perdu de nulle part, ce n’était pas toi. As-tu seulement existé.

 

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