Le Droit est Humanité

« En droit, l’humanité n’est pensée qu’à partir de son contraire : l’inhumanité. Historiquement, c’est d’ailleurs en réponse à des actes de barbarie que l’humanité a investi le champ juridique. Le droit n’a qu’une fonction modeste : corriger le manque, voire l’absence, d’humanité.

[…] L’humanité juridique a ainsi une identité duale : elle est à la fois donnée naturelle et valeur. Répondant aux deux périls qui menacent la communauté humaine, à savoir l’extermination mais aussi la dénaturation, le droit protège tant l’humanisation, c’est-à-dire le processus culturel par lequel s’est faite la construction symbolique de l’humanité, que l’hominisation, autrement dit l’évolution biologique qui a abouti à l’être humain.

Ces deux mouvements ne sont pas incompatibles et sont même indissociables si l’on admet que l’humanité, comprise comme « famille humaine », peut prendre en charge le destin de l’espèce humaine, définie comme donnée biologique.

Dès ses premières lignes, la Déclaration de Stockholm sur l’environnement met en avant cette double dimension de l’homme, à la fois « créature et créateur de son environnement », partagé entre « l’élément naturel et celui qu’il a lui-même créé » »

– Le Bris, Catherine. « Esquisse de l’humanité juridique. L’humanité juridique, une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part », Revue interdisciplinaire d’études juridiques, vol. 69, no. 2, 2012, pp. 1-50.

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