Reset

A toi que j’ai traité comme un moins que rien. Toi que j’ai dû malmené, toi que j’ai jugé ou que je n’ai pas assez bien vu, toi qui m’a interprété alors que je ne faisais que te dire ce que je voyais et qui n’était pas un jugement, toi que j’ai par mon attitude et souvent sans savoir déprécié ou que je n’ai pas su te donner la reconnaissance que tu méritais, toi qui m’aimes et que je n’arrive pas toujours à le comprendre ou à le voir ou que sais-je encore, toi qui me détestes alors que nous devrions nous aimer parce que tu le sais détester c’est un gâchis et le gâchis est un manque de savoir-vivre, toi qui est toujours là malgré tout, malgré le temps qui passe, malgré tout ce que j’ai pu te faire subir, malgré le con que je suis, le trou du cul que je peux être, malgré cet indigeste personnage et imbuvable personnalité que j’incarne, malgré toutes les raisons ô combien légitimes tu as de me condamner aux enfers, malgré tout ça toi tu es toujours là, un peu beaucoup en passant, je voudrais vraiment aujourd’hui, en cette journée estivale, dans les symphonies pastorales de cette campagne qui m’accueille pour que je revienne à l’humanité, je voudrais te dire : « Aujourd’hui est le premier jour du reste de nos vies qui ne pourraient être d’autre qu’ensemble, toi + moi ».

Aujourd’hui, j’ai lu les actualités, encore des guerres, des haines, des commentaires en -isme de haine et d’intolérance, nous nous envoyons des missiles sur la tronche, nous nous haïssons, pour quoi ? Un rien, une superficialité, nous nous haïssons parce que nous n’avons pas su parler le langage non pas du cœur mais simplement de la personne humaine. « Je t’aime » et « Je te déteste », trop de gâchis dans le monde, trop d’énergie dans le n’importe quoi, aujourd’hui j’ai décidé de me placer hors du monde et de te dire : « Voudrais-tu vivre dans cet imaginaire, autre, que celui-là ? »

Je te demande pardon. Pardon de t’avoir blessé, de t’avoir si souvent offensé, non pas pardon pour ce que je suis et qui je suis, mais pardon de n’avoir pas compris ou vu à quel point tout ce que je suis et tout ce qui je suis t’a fait mal. Pardon pour toutes ces souffrances que sans doute mes paroles ou mes attitudes ont causé, pardon pour l’amour que l’on devrait avoir l’un pour l’autre et qui n’est plus que fausse indifférence et grande haine, pardon de ne pas avoir pu trouver ni le temps ni le courage encore moins les mots justes pour te dire ce que tu devines déjà : « Je t’aime ».

Oui, je t’aime. Je pourrais te sortir tous les sens étymologiques et philosophiques de cette expression, tous les poèmes et les mots littéraires qui subliment cette expression, afin que tu saisisses la profondeur ou simplement la nudité de ce que je te livre, cette nudité de moi à toi, mais je ne le ferai pas.

Tu me diras, se mettre à nu c’est prendre le risque d’attraper froid, et je te dirai : « Le bonheur est-il un risque ? La liberté est-elle vraiment un risque ? » Il n’y a pas de risque à être nu, le froid fait parti de la nature même des choses, la peur et l’angoisse ne sont que dérisoires quand l’on se met à nu pour incarner toute son authenticité, l’orgueil est une immaturité et une telle perte de temps et d’énergie, l’orgueil fait passer à côté de riches occasions de transformations de soi, toi et moi nous savons que nous nous aimons, c’est au-delà du rationnel, c’est au-delà du compréhensible, on s’aime c’est tout, alors je t’en prie : « Aimons-nous pour tout ce que nous sommes ».

Se mettre à nu est le premier acte vers le bonheur, accepter et aimer l’autre dans sa nudité, c’est le premier acte du bonheur, c’est cet acte et lui seul qui est en soi révolutionnaire. Montre-moi ta nudité et donne-moi le temps de l’accepter et de l’aimer. Donne-moi le temps d’accepter et d’aimer tes imperfections.

Imperfections, perfectibilités, l’amour n’est pas la plénitude, l’amour n’a pas de définition. C’est l’amour. Pas besoin de théorie, et toute théorisation serait bonnement absurde, peut-on théoriser le cœur ?

Tant ont essayé, ils sont morts sans avoir pu apporter une réponse satisfaisante et universelle. Certaines choses dépassent simplement l’entendement, il faut juste se laisser les vivre pleinement, parce que c’est seulement de cette façon que l’on revit à l’humanité et qu’elles finissent par faire sens, qu’on arrive adéquatement à leur donner une signification. C’est pourquoi aujourd’hui, isolé dans un coin perdu du monde, loin de la modernité, loin du calcul, loin de l’égo, loin de l’orgueil, loin de tout ce qui est dérisoire, je te le dis : « Je t’aime ».

 

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Parlons-nous, allons prendre un verre, baisons ensemble, et surtout dans tout cela voyons-nous, et essayons ensemble de nous accepter comme nous sommes ou dans tout ce que nous sommes.

Je suis une pute, je suis nymphomane, junky, j’emmerde l’ordre moral et je pisse sur l’acceptable, je suis ma loi et rien ne m’importe que cette loi. Crois-tu pouvoir avoir la force de jouir de la vie avec un hors-la-loi comme moi ? Un radical, un irrécupérable, sale et aux mains encore plus sales ? Je suis pret à comprendre toutes tes saloperies et qu’ensemble en s’aimant nous nous transformions car personne ne sort indemne de l’être-avec l’Autre.

Tous les deux nus et donc libres, tous les deux en redéfinition du sens conventionnel de la norme, au-delà du bonheur,  tous les deux réformismes révolutionnaires, de nous-memes et de tous les restes.

Viens, rejoins-moi, allons à l’assaut des murs, franchissons les frontières, les nôtres propres et des mondes, et si l’on crève ce n’est pas bien grave tant que l’on est ensemble, si l’on n’est plus, on aura essayé de notre mieux.

Maintenant, je te l’ai dit. C’est à toi de voir. Ceci est un reset, on remet les compteurs à zéro, on n’oublie certainement pas parce que ne pas oublier est important pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, on ne vivra sans doute pas un conte de fée et c’est tant mieux car la vie humaine n’est pas fantasmagorique, on souffrira, on s’en verra chier, on se détestera, mais toujours on saura qu’au fond malgré tout, on s’aime.

Viens, rejoins-moi, et vivons tout ce que l’on s’aime.

2 réflexions sur “Reset

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