Nuit d’aube

Ô aube timide et fragile
Œuvre d’un monde que tu tires de son sommeil
À toi qui accompagnes les nuits insomnieuses
De ceux qui ont gardé les yeux ouverts
Comme on monte la garde
Te voilà lueur matinale pointant à l’horizon
Lueur inhibée sortant de son sommeil
Un monde désinhibé et encore ivre
De tous ses rêves dont il n’aura le souvenir
Crépuscule du matin, lente mort d’une espérance
Toi qui ouvres sur l’au-delà du maintenant
Promesses d’errance, promesses de perdition
Promesses de délivrance, promesses de damnation
Voici les vers fragiles de ceux qui ont monté la garde
Toute la nuit afin que toi déesse crépusculaire
Clarté diffuse, tu répandes sur ce monde qui ne souvient plus
De ses rêves, qui ne croit plus aux monstres de la nuit
Qui croit aux monstres diurnes, ceux qui se lèvent
Survivants des ténèbres, survivants d’eux-mêmes
A peine, un peu, beaucoup, fragiles
Ceux-là et tant d’autres offrent-leur ô toi naissance d’espérance
Toutes tes promesses en milliers de couleurs
En milliers de toi
Et que ceux qui ont monté la garde
Les yeux ouverts, le regard dur, la vue lourde
Te contemplant dans ta caresse de l’horizon
Écoutant un monde tiré de son sommeil
Bayer aux corneilles et respirer sa mauvaise haleine
Ceux qui ont veillé sur les monstres de la nuit
Et qui veilleront sur les monstres du jour
Ceux-là ô toi aube timide et fragile
Gladiateurs sans armes et nus
Crevant souventefois pour l’amusement de la plèbe
Dans les jeux du cirque et dans les divertissements du ventre
Ceux-là ô toi déesse crépusculaire
Te saluent bien bas

 

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