Longue Agonie du Vieux & Ancien Monde

J’ai le sentiment que nous ne vivons pas un retour aux heures les plus sombres de notre histoire moderne. J’ai plutôt la conviction que la noirceur que l’on lit et entend partout dans le monde occidental, les nazismes, les racismes, la libération de la parole de haine, la négation d’autrui, sont les dernières respirations d’une longue agonie. Celle du vieux monde. De l’ancien monde.

Il y a un monde occidental qui est en train de mourir et ceux qui s’y accrochent encore vivent cette inéluctable fin comme une crise (et qui leur en voudrait). La haine n’est pas de retour, la haine du temps des colonies, la haine du temps des apartheids, la haine du temps des ghettos varsoviens, la haine du temps de la traite esclavagiste de l’humain, la haine de ces luttes fratricides qui jadis ont noyé dans des flots écarlates tout ce que nous avions d’humanité et de dignité, toutes ces haines sont en train de crever. D’orient en occident.

 

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« Chanteras-tu avec moi
La chanson des misérables
Celle de ceux pas nés dans une étable
Celle de celles pas nées dans la soie
Chanteras-tu avec moi
La chanson des misérables

Entends-tu chanter le peuple de crevards
La chanson de ceux qui ne seront plus des esclaves
La mélodie de celles qui ne seront plus sur le trottoir
Entends-tu les échos de la foudre et des slaves
De canon tonnant la colère des invisibles des abysses
Du tonnerre dans les cieux des palais aux délices

Entends-tu les roulements du tambour
Dans les rues des foules de cœurs rouges
Le pavé battu par des sabots plus jamais esclaves
Le cœur battant le tambour roulant
Entends-tu les échos de la vie qui commence
De demain qui aujourd’hui vient

Chanteras-tu avec moi
La chanson des misérables
Celle de ceux pas nés dans une étable
Celle de celles pas nées dans la soie
Chanteras-tu avec moi
La chanson des misérables

Entends-tu les rugissements de l’aube
Les pas de ceux qui ne plieront plus l’échine
Les voix de celles qui ne se tairont plus
Entends-tu les cris du crépuscule
Les furies du grand soir et les promesses du levant
Le vent hurlant les espérances de ce demain
Commençant aujourd’hui ici au-delà des barricades

Entends-tu se lever le nouveau monde
Vois-tu les couleurs des promesses de l’aube
Seras-tu forte seras-tu solide
Comme les barricades dressées dans les rues
Entends-tu la musique de la révolution des invisibles
Ses roulements de tambour comme les cœurs qui battent
Comme les sabots qui arrachent le pavé
Le sable sous les pieds les cheveux au vent
Vois-tu demain qui arrive aujourd’hui
Seras-tu fort seras-tu solide

Chanteras-tu avec moi
La chanson des misérables
Celle de ceux nés dans une décharge
Celles nées dans un caniveau
Ceux ce soir nés sur le trottoir
Celles ce soir nées dans la rue
Derrière les barricades chanteras-tu
La chanson des misérables

Donneras-tu le meilleur de toi
Porteras-tu la bannière quand ton frère tombera
Guideras-tu sous la bannière quand ta sœur chutera
Les foules de ceux qui ne seront plus des esclaves
Le peuple des abysses et les colonnes des invisibles
A travers les rues les déserts les mers les terres
Feras-tu tonner la colère du peuple de crevards
Dans les cieux des palais aux délices
Seras-tu debout pour ceux qui sont tombés
Pour celles qui ont chuté
Brandiras-tu à l’aube la bannière des cœurs rouges
Au milieu des décombres des palais aux délices
Les cheveux au vent baignés des couleurs de l’aube
Chanteras-tu au milieu des décombres de l’ancien monde
La chanson des misérables

Chanteras-tu avec moi
La chanson des misérables
Celle de ceux pas né dans une étable
Celle de celles pas nées dans la soie
Chanteras-tu avec le moi
La chanson de ceux qui sont tombés
La chanson de celles qui ont chuté
Pour que nous puissions être libres

Chanteras-tu avec moi
Cette chanson des misérables »

 

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Le vieux monde, l’ancien monde, ce monde jette sur notre contemporanéité ses derniers souffles brûlants. Il ne passera pas la nuit.

Il y a un monde de stigmatisation, d’humiliation, d’exclusion, d’autrui, une société d’indécence qui est en train de mourir, demain dès l’aube il n’en restera plus rien.

Nous n’oublierons pas ces derniers moments, nous devons nous en souvenir pour ne pas répéter les mêmes erreurs.

Mais, nous n’avancerons pas dans les lueurs de cette aube nouvelle avec rancœur et cynisme, avec colère et vindicte, il n’y aura pas de de dépit et d’acerbité, seulement de la hargne pour des humains-bâtisseurs d’un nouveau monde, un nouveau monde d’enchantement puisque de tous les possibles d’émerveillement.

Il y a une idée de l’être et faire humanité qui est enfantée par un nouveau monde. Les pitreries de l’ancien et vieux monde continueront encore un moment à nous divertir, beaucoup y perdront la vie, certains ne survivront pas à la nuit, ce ne sera pas toujours drôle.

Il y a une idée de l’être et faire humanité qui est déjà née et qui porte le nouveau monde. Dignité et justice. Je n’en ai pas le sentiment, j’en ai la (profonde) conviction.

 

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La révolution sera automnale.

L’hiver sera long. Mais au printemps flottera sur l’Humanité un parfum floral qui remplira les cœurs les esprits et les âmes d’ivresse et d’allégresse. Les poètes y plongeront leurs plumes et immortaliseront ce moment de renaissance gravé à jamais dans les mémoires.

Les chaleurs estivales qui suivront donneront envie de faire l’amour, de se mettre à nu les uns pour les autres, les uns avec les autres, chacun pour soi-même. Nudité(s) authentique(s), nu(s) d’authenticité, authenticité(s) à découvert et découvertes, l’amour n’aura jamais été aussi  corps-à-corps et cœur-à-cœur.

Faire l’amour ne sera plus une guerre comme une autre. Après la révolution, après le retour aux fondamentaux de l’être et de faire, le bonheur comme un corps-à-corps, un cœur-à-cœur. L’utopie et l’idéal n’auront jamais été aussi réels et réalités. 

Et quand l’automne viendra, parce qu’il viendra toujours, le reste de nos imperfections qui aura survécu à la révolution crèvera au rythme des langueurs monotones de ces chansons d’automne accompagnant la valse funèbre des feuilles jaunies par le temps. Ce qui restera de nos imperfections ne passera pas l’hiver, blottis que nous serons dans le froid polaire contre les uns et les autres. Des corps et des cœurs comme refuges, nous serons les gardiens de nos frères et de nos sœurs, nous nous ferons feu et flammes pour les uns et les autres, amants dans les longues nuits glaciales, nous passerons l’hiver, ensemble. 

Et à chaque saison nous avancerons ainsi, ce ne sera pas un éternel recommencement de ce qui fût mais la sempiternelle marche de nous progrès en mouvement et de mouvements, sur les chemins d’une maturité qui renforcera à chaque pas notre humanité, nous Humanité. Ainsi de suite, jusqu’à la fin des temps. 

Je n’en ai pas le sentiment, j’en ai la (profonde) conviction. 

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