Le Souci de Toi

 

 

 

Je dors très peu, je suis insomnieux, deux heures par jour je ferme les yeux et c’est rare que je rêve. Généralement, mes sommeils n’en sont pas, je pense à des tas de trucs à l’instar des recherches sur des sujets qui me préoccupent, j’ai le cerveau presque toujours en surtension voire permanemment sous tension, même les yeux fermés. Et quand j’ouvre les yeux, je n’ai pas l’impression d’avoir dormi, de m’être reposé. A sept heures du matin, je rempile pour une longue journée qui se termine le lendemain à environ cinq heures du matin. Ainsi de suite. Depuis ma tendre enfance, je suis insomnieux.

J’écris, je réfléchis, je crée, j’invente, je m’invente, je reviens à moi-même, je vibre, je renais, la nuit. Entre la fin de soirée et les premières lueurs de l’aube. Je n’arrête pas. C’est impossible, j’en ai besoin pour me sentir vivant.

 

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Durant la nuit, il m’arrive très souvent de repenser à tous ceux et celles que je connais, de me demander s’ils vont bien, s’ils sont heureux, si tout se passe merveilleusement de leur côté. Alors, soit je leur écris soit je fais un tour du côté de leurs profils réseaux sociaux, à la recherche de signes qui me diraient quel est leur état d’esprit ou leur état de bonheur.

Et quand cette tournée des profils est faite, quand ils me répondent, je me sens soit soulagé et donc prêt à me consacrer à autres choses, soit je ne le suis pas parce que j’ai vu quelque chose qui cloche au-delà du présentoir ou je sens que quelque chose ne marche pas au-delà de leurs mots. Dans ces cas-là, j’hésite. Je ne sais pas trop comment agir, dois-je leur dire ce que je vois et ce que je ressens ou respecter ce qu’ils présentent et me disent. Je ne sais jamais comment faire, et dans bien des cas je fais très souvent le mauvais choix.

Je suis d’une maladresse congénitale, c’est un truc qui est irrationnel chez moi et que je n’ai jamais compris. Maladroit davantage quand cela relève de sentiments personnels. En dehors d’eux, c’est gérable, mais lorsqu’il s’agit de sentiments personnels ça vire très souvent en couilles, je ne contrôle plus rien.

À chaque fois que je pose un geste soit il est mal interprété et donc c’est la crise ou la guerre soit il est bien interprété et c’est simplement blessant ou insultant – ou alors, je suis le type de personne qui suscite la méfiance parce que manifestement les gens se sentent un peu à poil face à moi d’après certains individus, comme audrey me l’avouait il y a peu : « Dave, je te connais depuis trente minutes et tu as su me voir, personne n’a jamais pu faire ça », et audrey n’est pas devenue une amie, j’étais trop dangereux pour elle.

J’ai une qualité, j’en ai bien conscience, je sais lire les gens. Mon ex-femme avait/a l’habitude me dire « Tu aurais dû être psychologue, tu aurais été un bon thérapeute, tu aurais vraiment aidé les gens ». Je ne le fais pas sciemment, c’est comme ça. Et les autres se sentent souvent vulnérables et donc réagissent comme tout être humain ferait. Je le comprends, je l’accepte. 

 

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En fait, je ne crois pas, je ne sais pas, si j’avais eu la possibilité d’être psy’ que j’aurais été un bon psy’, je ne me pose généralement pas la question de savoir si je suis bon ou pas, mais seulement : « est-ce que j’ai fait ce que j’avais à faire? ». Vraiment, mon souci est celui de me demander si j’ai pu être à la hauteur du devoir ou de l’attente de l’autre. Voilà pourquoi je ne serais jamais un politicien, un obsédé du pouvoir, un leader ou que sais-je encore.

J’ai trop le souci de toi pour te sacrifier et t’utiliser pour une fin autre que toi même. Voilà pourquoi, je reste et je suis rien du tout que ce pauvre ça. Qui a ce truc faisant en sorte qu’il m’arrive de te lire dans tout ce que tu es et qui tu es. Cela ne t’es pas toujours des plus agréables, je m’en excuse sincèrement. 

J’ai ce truc qui fait en sorte que je sais voir les gens, au-delà de ce qu’ils disent ou prétendent. Et conscient de cette espèce de don ou de qualité, j’ai une responsabilité envers eux, c’est pourquoi je ne serai jamais « quelqu’un » dans cette vie, parce que je n’utiliserais jamais ce talent ou ce truc pour servir mes propres intérêts. Je ne l’ai jamais fait et cela n’est pas près de commencer.

 

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Andrea a raison sur ce point, j’ai beau me mentir et me raconter des histoires, je ne souffre pas du syndrome de superman. Je suis simplement comme le commun des mortels sensible aux Autres. D’ailleurs, contrairement à ce que je m’étais juré, comme d’autres avant, j’ai revu andréa, nous avons soupé hier, on s’est embrassés, nous avons fait l’amour, et elle m’a dit : « T’sé, tu n’es pas évident dave ! »

A quoi je n’ai rien répondu, je ne savais pas trop quoi répondre. Et je ne voulais surtout pas que ma réponse soit la cause ou la justification d’une nouvelle guerre ou crise entre elle et moi.

Parce qu’à andrea comme les autres, j’y tiens. Beaucoup. Même si je ne le dis pas souvent, même si je ne le montre pas souvent, un peu comme toi (ce qui est une connerie comme tu le sais, on a tous besoin des manifestations de cette sorte).

D’où mon côté froid, impavide et impassible, mon absence de réaction devant des situations qui exigent que je réagisse, l’espèce de distance comme un désert ou un mur que je mets entre les gens et moi, qui disent au fond mon incapacité à savoir comment être et réagir afin que cela ne soit pas source de douleurs de souffrances etc.

Je deviens donc polaire pour ne pas que les choses deviennent incendiaires, dans l’anticipation de l’enfer. Et l’ironie c’est que même ça ne m’épargne pas des tourments que j’essaie d’éviter. En fin de compte, je suis généralement baisé.

 

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Tu seras sans doute étonné de tout ça, toi qui viens ici régulièrement. Peut-être cela renforce la perception que tu as de ce dave en plusieurs nuances déclinées ici, ou cela redéfinit le sens et les significations que tu as de lui. Ce mois d’août, je vais le consacrer à la nudité, au nu. Je vais te parler de moi dans tout ce que j’ai de plus profond et authentique. Je vais te livrer mes sentiments les plus personnels.

Ce mois d’août, je l’ai dédié à la mise à nu comme j’ai dédié le mois de juillet à des errances contemporaines, comme j’ai dédié le mois de juin à des réflexions particulières, comme j’ai dédié le printemps à la poésie, etc., chaque mois un nouveau grand thème.

Au départ, je te l’avoue j’avais décidé de ne rien publier durant le mois d’août, de laisser un silence estival recouvrir le brouhaha de nos délires sous le soleil, et de te délaisser un peu.

Mais, comme toujours avec moi on ne peut jamais être sûr de quoique ce soit. Je ne suis pas de nature quelqu’un de définitif, avec moi il n’y a pas de point final, seulement des points de suspension. Je suis le contraire de la certitude, l’antithèse de l’absolu. Je suis un être en mouvement et de mouvements. 

Tu le sais sans doute j’ai un profond souci de toi, des autres. Il m’est impossible de vivre sans être relativement certain que tu ailles bien, que les autres aussi. Cela me dévore de l’intérieur, j’ai besoin de te savoir bien.

Et si jamais ce n’est pas le cas, je t’en prie, je t’en supplie : parle-moi. Je n’aurai pas de solutions, je n’aurais pas les mots, mais toi et moi on trouvera un moyen. Surtout, ne fais pas de connerie, je t’en prie, je t’en supplie.

Si tu es heureux ou heureuse, je le suis avec toi, mais le cas contraire je suis près de toi, et oui comme je l’ai si souvent dit et je le recommencerai autant de fois qu’il le faut : je t’aime.

 

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L’on ne se connaît pas, mais personne ne connaît jamais personne, la connaissance ne précède pas l’amour, l’amour ne mène pas toujours à la connaissance.

Ce qu’il importe me semble—t-il c’est de se dire que quelqu’un quelque part pense à soi, tient à soi, ne veut que le plus grand bien de soi, quelqu’un quelque part est capable de nous voir dans notre nudité, dans notre nu, sans juger et nous accepter comme on est.

Je ne te juge point, j’en suis incapable si tu as en doute encore, je veux seulement te comprendre pour pouvoir être à la hauteur de ce que tu désires au plus profond de toi. L’amour, c’est cela.

L’amour n’est pas la puérilité des sentiments libidineux, quelque chose pour remplir le vide ou fuir la solitude. L’amour n’est pas l’affect, ni l’émotion, ou encore moins le « se sentir bien », l’amour c’est être ce que l’on est au plus profond de soi avec une personne qui malgré nos imperfections nos craquelures nos blessures nos ténèbres nous aime parce qu’à ses yeux nous sommes ce singulier inestimable et unique. Voilà ce que je t’aime, voilà ce que cela signifie pour moi, voilà comment je t’aime.

Tu m’excuseras d’être aussi direct, tu me pardonneras de faire comme si je te connaissais, je ne te connais pas, ce que je te présente c’est simplement ce que je vois en toi et ressens pour toi.

Tu rectifieras, tu corrigeras, tu me guideras, tu m’introduiras dans ton univers de sens et de significations, c’est juste seulement ça que j’espère.

Il est possible que nous nous ferions souffrir, c’est le propre même de la nature humaine, mais je vais te dire qu’importe les « go fuck yourself » que nous nous enverrons sur la tronche, nous saurons que sans toi ni moi c’est difficile que l’un ou l’autre ne soit. Alors, on s’ajustera, on fera du mieux. Voilà, la promesse que je te fais.

 

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Cette nuit, j’ai peu dormi, j’avais un drôle de pressentiment. Quelqu’un que je connaissais souffrait. J’ai eu la boule au ventre toute la journée, je n’ai pas pu m’en défaire. Je l’avoue, toute la journée, j’en ai souffert.

Vois-tu je ne suis pas si impavide ni impassible que je ne le montre ou que tu le ne crois. Mais, crois-moi il ne faut pas le prendre pour de la faiblesse ou encore me faire chier.

 

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J’ai repensé à myriam l’autre jour, myriam est une ancienne collègue que j’ai eu le plaisir de rencontrer durant un séminaire en transnationalisme ou de politiques mondiales transnationales. Elle est d’origine maghrébine, croyante et pratiquante. Myriam la première fois que je l’ai vue portait un chandail sans soutien-gorge, elle avait les tétons bien pointus sous son t-shirt blanc, je n’aurais jamais deviné qu’elle fût vierge et aussi conservatrice. Elle me l’a dit un après-midi : « Je suis croyante et pratiquante, cela veut dire ce que cela implique, je suis certaine que tu me juges ». Je lui ai répondu : « Non, du tout ».

Elle a eu l’air de ne pas me croire, je crois qu’elle ne m’a pas cru. A tort. Myriam est fan de booba, le rappeur français qui parle de pute, de « suce ma bite », dans ses clips il y a toujours ou presque des femmes (jeunes filles faut le dire) quasi parfaites en string, booba ne sera pas élu à l’académie française avec ses textes un peu beaucoup bof bof, il ne sera pas du hall of fame des artistes musicaux les plus géniaux du siècle, mais booba est l’un des artistes préférés de myriam – la super hyper ultra extra cultivée, diplômée de paris sorbonne, mordue de théories et de concepts intellectuels.

Myriam a une grosse tête, physiologiquement, proportionnelle à son cerveau, elle est dans la trentaine, et franchement elle est génie et géniale. Mais, myriam n’a jamais saisi qu’au fond j’étais en amour avec, et que je n’en avais rien à cirer du fait qu’elle ne baise pas du fait de ses croyances et attende le mariage et si possible un conjoint de la religion qu’elle, voire de la même gueule qu’elle. Elle baisait mon cerveau sans le savoir. Et à chaque fois je jouissais.

Souvent, j’ai voulu le lui dire, l’inviter à prendre un café, un rencard quoi. Comme un con je n’en ai rien fait, un acte manqué. Aujourd’hui, myriam croit que je la méprise, elle se dit que je la chosifie, mais je crois qu’au fond d’elle intuitivement elle sait qu’il n’en est rien. Voilà, ce que je nomme des occasions manquées. Un vrai gâchis.

 

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Je n’aime pas le gâchis. J’ai du mal à digérer les occasions manquées. Cela me travaille, beaucoup. Je le prends très personnellement.

En même temps, dépendamment des relations que j’entretiens avec les autres, je n’hésite pas à me mouiller ou à me salir les mains, à m’exposer, à me mettre à nu, et je ne regrette jamais puisque l’important est ailleurs. Bien souvent, comme tu le sais j’ai juste envie de remonter le temps et d’agir différemment mais je ne le puis. Le vin est donc tiré, il ne me reste qu’à le boire. Cela n’est pas toujours du meilleur goût. Tout les vins ne sont pas des vin-coeurs

 

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En ce début de mois d’août, de retour d’un court séjour au laos, quelques évasions et autres errances en islande et en écosse en passant par amsterdam, je vais être nu.

Tu me verras comme jamais.

Je vais te parler non pas en te racontant des histoires mais en te présentant ce que je suis à travers des textes qui n’auront ni queue ni vagin encore de tête.

Je vais le faire parce que je sens qu’il est impératif de le faire. De me sacrifier comme un acte d’amour, de me mettre en danger comme un acte de confiance.

Mon espoir, c’est que toi et moi on s’aime. Parce que si on le fait, on aura montré que tout est possible, malgré tout. On aura rendu à rien du tout l’inéluctable qui veut que toi et moi cela soit impossible. S’aimer, ce n’est rien de moins que respect dignité authenticité, sous un vernis d’agréable (d’une façon comme d’une autre) ou de tolérable (d’ouverture d’esprit) voire de complémentarité (surtout de complémentarité) : 1 = 69. En somme. 

Il est possible que je te déçoive, il est fort probable que je te fasse du tort, je n’écrirai pas toujours les choses en vers poétiques comme tu les aimes, je ne serai pas toujours à la hauteur de tes attentes, je te trahirai peut-être, mais si c’est le cas ne souffre pas dans ton coin, parle-moi et introduis-moi dans tes univers et mondes, cela nous évitera des guerres et crises inutiles, ce gâchis ne sera pas, et en plus j’en suis convaincu nous serons fous amoureux l’un de l’autre. Qu’en dis-tu ?

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