Jean-Jacques Goldman

Quand je ne trouve pas de mots pour exprimer avec justesse et poésie tout ce que je ressens, il m’arrive d’écouter toutes les chansons écrites par jean-jacques goldman.

Et pendant l’écoute, je comprends à quel point tout a été dit de la façon la plus.. indicible possible, je brise ma plume et je me tais. 

Jean-jacques goldman est sans doute pour moi l’un des plus grands paroliers francophones, un amoureux du verbe, entre raffinement et délicatesse, sensibilité d’une invraisemblable subtilité, un toucher à la erik satie ou comment écrire et dire les mots comme on joue une gymnopédie, une gnossienne.

 

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« En passant« , mon album favori de Goldman

 

 

« Il y a des ombres dans « je t’aime« 
Pas que de l’amour pas que ça
des traces de temps qui traînent
Y’a du contrat dans ces mots là
« Tu dis l’amour a son langage
Et moi les mots ne servent à rien
S’il te faut des phrases en otage
Comme un sceau sur un parchemin
Alors sache que je

Sache le
Sache que je

Il y a mourir dans « je t’aime »
Il y a je ne vois plus que toi
Mourir au monde, à ses poèmes
Ne plus lire que ses rimes à soi
Un malhonnête stratagème
Ces trois mots là n’affirment pas

Il y a une question dans « je t’aime »
Qui demande « et m’aimes-tu toi? »
Alors sache que je

Sache le
Sache que je »

 

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C’est voluptueux dans le sens d’un grand plaisir d’ordre intellectuel, moral, esthétique. Pas grand monde n’a pu atteindre un tel niveau d’écriture dans la chanson, pas grand monde n’a pu faire associer des sonorités musicales à des mots au point qu’ils semblent inextricables.

Le génie, c’est parvenir aussi à rendre l’inconcevable d’une simplicité inattendue, l’improbable composition d’une évidence presque du naturel, le prodigieux et époustouflant un souffle ou une respiration qui réveille ou enflamme ce qu’il y a de vivant chez les individus, c’est sonner juste et être à la fois au diapason avec l’esprit l’âme le cœur de l’être qui voit lit écoute. En même temps, donner l’impression que tout ça est proprement indicible, une fois de plus. Goldman est un génie. 

Quand je ne sais plus comment dire ce que j’ai de plus sentimental et intime, je l’écoute souvent, et à chaque fois comme avec certain(e)s auteur(e)s, je me dis qu’au fond je n’ai rien à dire de plus que ce qu’ils ont dit mais surtout de la manière avec laquelle ils l’ont dit, dire devient bonnement une redondance ou quelque chose de foncièrement superflu.

Dans ces situations-là, il ne me reste que partager leur génie. Comme ça, en passant. 

 

 

« Toutes les ébènes ont rendez-vous
Lambeaux de nuit quand nos ombres s’éteignent
Des routes m’emmènent, je ne sais où
J’avais les yeux perçants avant, je voyais tout
Doucement reviennent à pas de loups
Reines endormies, nos déroutes anciennes
Coulent les fontaines jusqu’où s’échouent

Les promesses éteintes et tous nos vœux dissous
C’était des ailes et des rêves en partage
C’était des hivers et jamais le froid
C’était des grands ciels épuisés d’orages
C’était des paix que l’on ne signait pas
Des routes m’emmènent, je ne sais où
J’ai vu des oiseaux, des printemps, des cailloux
En passant

Toutes nos défaites ont faim de nous
Serments résignés sous les maquillages
Lendemains de fête, plus assez saouls
Pour avancer, lâcher les regrets trop lourds
Déjà ces lents, ces tranquilles naufrages
Déjà ces cages qu’on attendait pas
Déjà ces discrets manques de courage
Tout ce qu’on ne sera jamais, déjà
J’ai vu des bateaux, des fleurs, des rois
Des matins si beaux, j’en ai cueilli parfois
En passant »

 

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