Lady G.

Le sexe est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser
Ô carmen toi qui as lu ton destin dans les cartes
Doutes-tu encore de ta destinée
Celle qui te conduit toujours à ce caducée
Dressé comme un obélisque
Et défiant le ciel
Doutes-tu encore après tant et tant d’étreintes
Doutes-tu encore après toutes ces grandes et petites morts
Et nos grandes et petites résurrections
Même si je ne suis point ce toréador baisant ton jupon
Même si je suis ce gentilhomme qui erre dans les bordels
Ô carmen toi qui as lu ton destin dans les cartes
Doutes-tu encore de ta destinée
Qu’est mon caducée
Que tu finis toujours par baiser
Comme moi tes pieds
Ô carmen toi ma zauberflöte mozartienne
Reine de minuits
Maléfiquement sublime doutes-tu encore
Du grand recommencement que sont nos aventures
Parcours presque initiatiques
Doutes-tu encore du fatum presque karmique de nos chemins entremêlés
Même si je suis un bohème que ronge la maladie de la vie
Même si je ne suis pas à montmartre des artistes en milliers de poètes perdus
Toi émouvante vagabonde marginale au jour le jour
Toi fantaisie au cœur de porcelaine
Doutes-tu encore
Que le sexe soit un oiseau rebelle
Que nul ne puisse apprivoiser
Doutes-tu encore de nos destinées à jamais entremêlées
Moi condamné sur des mers sans fin
Au bord du fliegende holländer
Guettant dans chaque chant de sirène l’âme impure et débauchée
Qui me permettra de me délivrer de moi-même
Toi au tempérament libertin
Impureté impatiente et encanaillée
Si souvent mystérieuse comtesse de fledermaus
Toi qui tard dans la nuit m’as dit : nessun dorma
Reine cruelle, cruellement d’une si grande beauté
Doutes-tu encore que jamais je ne t’échapperai
Toi l’elisir d’amore qu’est le sexe irrésistible
Toi et ton merveilleux air d’una furtiva lacrima
Toi qui reconquiers toujours sans rien ou si peu
Toi qui m’a dit une nuit : un bel di vedremo
Une nuit sombre je verrai le retour du radeau de ton médusé
Moi si et indéniablement épris de ton sexe
Don giovanni de tes lèvres, doutes-tu que sempiternellement
J’obtiendrai toujours tes faveurs
Sous le regard désabusé des saints et des puretés sodomites
Ou qui se branlent dans l’anonymat du péché
Et moi j’ai hurlé : la donna é mobile
Vilain affreux épouvantable voilà que j’abuse de toi
Et toi qui en redemande
Doutes-tu encore de ce pacte faustien
Que toi et moi damnés sur terre
Nous avons malgré nous passé
Toi facétieuse rossinique dans nos silences rituels
Moi mal rasé par le barbier de séville
Errant si souvent dans le nozze di figaro
Entre légèreté et intensité
Toi au passif si saturé de drames aussi sourds que palpitants
Du puccini pour une vie autant de troubles que troublée
Toi et moi dans la traviata renoncant au faste pour vivre pleinement
Une existence toujours sous le mauvais œil
Doutes-tu encore ô carmen
Que le sexe cet oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Soit notre destinée

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