Résilience

Si tu peux voir détruit tes rêves, tes espoirs, tes espérances
Tes efforts tes sacrifices tes audaces
L’ouvrage de ton existence
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Et sans exprimer tes maux te mettre à (te) reconstruire
De rien, dans rien, dans le néant, dans les décombres
Si tu peux perdre en un seul coup le gain de toutes tes victoires
Sans un regret, sans un geste, et sans un soupir

Si tu peux être l’amour d’une personne, être l’amant(e) d’une nuit
Être le compagnon ou la compagne d’un fragment d’existence
Si tu peux être fort(e) sans cesser d’être tendre
Et te sentant aimé(e) et aimer sans rien attendre en retour
Si tu peux être la haine d’une personne, être la détestation d’une vie
Être l’objet de fixation ou d’obsession d’un fragment de colère
Si tu peux être fort(e) sans céder à la haine et à la rancœur
Et te sentant haï(e) et détesté(e) sans rien en vouloir
Rester dans ton humanité, lutter pour l’humanité
Et la défendre et te défendre

Si tu peux supporter d’entendre des médisances
En paroles travesties par des gueux et gueuses pour exciter des sots et sottes
Et entendre mentir dénaturer les bouches folles
Sans mentir toi-même et dénaturer d’un mot ou (l-t)es maux
Si tu peux supporter la critique et les objections légitimes
En paroles de bon sens ou de non-sens
Par des esprits qui font malgré tout de leur mieux
Ou qui font après tout à partir de leurs cieux
Mondes et multi/uni-vers, sensibilités et sarcophages
Si tu peux en tirer quelque chose de bon
Sans te renier comme humanité sans oublier ton humanité

Si tu peux rester humanité en étant populaire
Si tu peux rester humanité en étant impopulaire
Si tu peux rester peuple d’en-bas en conseillant le peuple
D’en-bas, d’en-haut et tout ce qu’il y a entre les deux et en dehors
Si tu peux aimer tous/toutes dans leur singularité et dans leur banalité
En frère, en sœur, en amant(e), en amour
Sans qu’aucun de ce tous/toutes et chacun ne soit tout pour toi

Si tu sais méditer, observer, et (re) connaître
Sans jamais devenir d’un scepticisme destructeur et d’une incroyance destructrice
Penser et imaginer mais sans laisser la pensée et l’imaginaire devenir tes maîtres
Penser sans n’être qu’un(e) penseur/se, imaginer sans n’être qu’un(e) rêveur/se
Si tu peux garder le silence aussi longtemps qu’il le faut
Pour ne pas ajouter ta voix au tumulte de la folie
Si tu peux faire de la solitude ton espace d’humanité
Sans être hors-monde, hors-espace
Si tu peux accepter de n’avoir pas les mots pour dire maux
Parce que quelquefois les mots ne peuvent dire maux
Si tu peux être-avec sans le dire, présence invisible discrète silencieuse
Sans être cimetière absence vide et néant
Si tu peux accepter de n’avoir pas les mots pour dire amour
Si tu peux aimer en le disant sans mots, présence vibrante du cœur 
Sans rien attendre en retour 

Si tu peux être dur(e), froid(e), distant(e)
Sans jamais être inhumain(e), insensible, et insoucieux/se
Si tu peux être brave et courageux/se
Sans être imprudent(e) et obstiné(e)
Si tu peux être en colère et indigné(e)
Sans jamais être haineux/se et intolérant(e)
Si tu peux être bon/ne et si tu sais être sage
Sans jamais être ni moral(e) ni pédant(e)
Sans jamais être ni christique ni omniscient(e)

Si tu peux rencontrer triomphe gloire après défaite et tristesse
Et recevoir tous ces menteurs d’un même front
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous et toutes les autres les perdront
Alors les dieux, les déesses, les reines et les rois
Les princes et les princesses
La chance et la victoire, le bonheur et la sérénité
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Des esclaves de l’humanité, de ton humanité
Et tout ce qui vaut mieux que tous ces esclaves
Alors seulement, et seulement, à ce moment,
Tu seras véritablement un être humain

 

img_7460

Les commentaires sont fermés.

Ce site vous est proposé par WordPress.com.