(Relations internationales) Le « libéralisme réaliste » : réalisme constructiviste, compatible avec la théorie critique, il est aussi dans une certaine mesure libéral (?)

«  »But one of those people is wrong ».
Not necessarily. Just because that figure might look like a « 6 » or a « 9 » doesn’t necessarily mean that « someone painted a 6 or a 9 », the person who painted it might have done it at random without knowing numbers, the artist might have painted that because, to him/her, it might have looked like a snail.
The flawed assumption here is that « But one of those people is wrong », because whoever wrote that, is fundamentally misunderstanding science, and is using the same type of flat reasoning that brings some people to think that the earth is flat.
Science’s basic building blocks are observations. This means that this is not about « establishing who’s observation was right », but, instead, based on all known reliable observations, to establish a theory/model/formula/understanding/encoding that, ideally, is compatible with all the observed data, has an explanation for each instance of observation, and is able to make predictions about hypothetical observational scenarios.

Person X observes what, according to him, looks like a « 6 ». Person X writes a paper about it.
Person Y observes what, according to him, looks like a « 9 ». Person Y writes a paper about it.
Person Z develops a theory that is compatible with both observations of person X and Y, argues that this « 6 » « 9 » dilemma is more convoluted than previously thought, and has an explanation for the observations, Person Z contends that both persons X and Y’s observations were reasonable from their point of observation at the time of observation. Person Z illustrates that by taking volunteers on the street and revealing how the volunteers would observe « 6 » or « 9 » depending on their point of observation. Person Z also notes how some volunteers observe a « snail », and hypothesizes that this might happen because there is a snail restaurant 10 meters away, Person Z makes this hypothesis because volunteers who had just come out from that snail restaurant, were statistically more likely to observe a snail rather than a « 6 » or « 9 ».
In short, the original text had a better point than the modified picture, however, I would change it to « The fact that what you’re seeing makes sense to you, doesn’t necessarily imply that what I’m seeing doesn’t make sense »« 

« Quand bien même trouverait-on parfois un relatif matérialisme dans la diversité des réalismes, cela ne serait pas forcément incompatible avec un certain constructivisme – celui de Wendt. Le constructivisme systémique de Wendt partage déjà avec le réalisme l’axiome de la centralité de l’État, puisqu’il affirme que « les États sont les principales unités d’analyse en théorie politique internationale ». Lorsqu’il ajoute immédiatement que « les structures clés dans le système des États sont intersubjectives plutôt que matérielles » , il n’exclut pas pour autant la pertinence des facteurs matériels. Son stato-centrisme n’est toutefois pas naïf, contrairement à celui du néoréalisme et du néolibéralisme : il est critique à l’égard de la nature des États et de ce que l’on appelle leurs « intérêts », et c’est précisément ce qui le rend compatible avec celui des réalistes progressistes.

Les matérialistes affirment que le pouvoir (militaire, économique, dérivé des ressources naturelles, du poids démographique, etc.) et l’intérêt (défini comme le désir des États pour le pouvoir, la sécurité et la richesse) dirigent la politique étrangère. Le constructiviste accepte que le pouvoir et l’intérêt dirigent la politique étrangère – il est important de le souligner car c’est précisément ce qui le rend compatible avec le réalisme – mais il ajoute que la signification de « pouvoir » et « intérêt » n’est pas essentialiste : l’identité vient avant l’intérêt ; les acteurs (par exemple les États) ne sont pas seulement et toujours atomistes, égoïstes et rationnels ; et le système international est un ensemble d’idées, de pensées, un système de normes. « Il ne s’agit pas de dire, explique Wendt, que les idées sont plus importantes que le pouvoir ou l’intérêt, ou qu’elles en sont indépendantes.

Il s’agit de dire que le pouvoir et l’intérêt ont les effets qu’ils ont en vertu des idées qui les font. Les explications basées sur le pouvoir et l’intérêt [c’est-à-dire le réalisme] présupposent des idées, et de ce point de vue ne sont pas du tout concurrentes des explications basées sur les idées [c’est-à-dire l’idéalisme]. »

Constructivisme et réalisme classique partagent également une même « logique du social », selon laquelle « le comportement humain ne peut raisonnablement pas être étudié en dehors des structures sociales au sein desquelles il se trouve, et qui lui donnent son sens »  : « Toutes les tentatives de déduire la nature de la société du comportement supposé d’un homme isolé sont purement théoriques, puisqu’il n’y a aucune raison de croire qu’un tel homme ait jamais existé. ». Le réalisme et le constructivisme partagent cette même conviction que la nature humaine est profondément sociale. Le réalisme classique est prescriptif : la moralité est pour lui une préoccupation majeure. Le constructivisme est explicatif : il parle de normes. Mais les deux jouent le même rôle et, pour ainsi dire, reviennent au même : « La catégorie réaliste de moralité peut-être comprise comme un sous-ensemble de la catégorie constructiviste des normes. »

Le réalisme est également compatible avec la théorie critique. Falk a circonscrit un « réalisme critique » qui verrait les relations internationales comme « une question d’évolution historique naissant des forces sociales, économiques et idéologiques en jeu ». Il en exclut Morgenthau, mais Scheuerman le considère comme un « réaliste critique ». Réalisme et théorie critique partagent l’obsession du pouvoir, inhérent à la politique – même s’ils en ont une conception différente – et un scepticisme à l’égard de tout discours sur l’intérêt public. Lorsque Carr écrit que l’homme d’État qui invoque l’intérêt national ne fait rien d’autre que « faire passer son propre intérêt pour un intérêt universel dans le but de l’imposer au reste du monde », il ne serait pas en désaccord avec la théorie critique selon laquelle l’intérêt public n’est qu’un mécanisme permettant de maintenir la structure du pouvoir. En réalité, poursuit Barkin, « certaines parties de The Twenty Years’Crisis de Carr ressemblent à une critique foucaldienne de l’idéalisme wilsonien ». Cela suggère « une certaine compatibilité entre le réalisme classique et la théorie critique » – et une compatibilité des deux avec le constructivisme, en tout cas celui de Wendt qui, partant de la conception hégélienne de la politique comme lutte pour la reconnaissance, entre États comme entre individus, a une conception conflictuelle du pouvoir. Avec toutefois cette différence qu’il en déduit qu’un État mondial est inévitable, tout en dénonçant, comme les réalistes, les appels trop naïfs à la réforme globale.

Le réalisme que nous défendons n’est pas seulement constructiviste et compatible avec la théorie critique : il est aussi dans une certaine mesure libéral – et cette autre compatibilité confirme l’inaptitude de l’approche paradigmatique des théories des relations internationales. Pour montrer que le réalisme bien compris et le libéralisme, sans cesse opposés dans les manuels, ne s’excluent pas forcément, il suffit de reconnaître, au plan descriptif, les contraintes réalistes tout en visant, au plan prescriptif, des moyens de les dépasser pour rendre le monde plus juste. C’est ce que faisait Herz, pourtant considéré comme l’un des réalistes classiques, qui dans son premier livre qualifiait sa position de « libéralisme réaliste ». C’est également ce que faisait Aron, qu’on classe tantôt parmi les réalistes, tantôt parmi les libéraux, et qui en réalité se situe entre les deux, reconnaît les mérites du réalisme tout – tout comme ses disciples Hassner et Hoffmann, qui renvoie dos à dos réalisme et libéralisme pour défendre une « nouvelle synthèse ». C’est aussi la raison d’être de l’École anglaise, qui s’est constituée comme un terrain d’entente entre réalisme et libéralisme, et dont l’un des fondateurs, Hedley Bull, est l’une des influences majeures de Hoffmann, parfois décrit comme « une version américaine de Bull ». Tous ces auteurs sont réalistes dans leur approche tout en défendant des valeurs libérales. »

Jeangène Vilmer, J. (2012). Introduction. Dans : , J. Jeangène Vilmer, La guerre au nom de l’humanité: Tuer ou laisser mourir (pp. 1-55). Presses Universitaires de France.

« Le statocentrisme, quant à lui, désigne l’ensemble des doctrines, pratiques et politiques qui font de l’Etat l’acteur central (pour ne pas dire exclusif) du droit comme des relations entre les nations.

En relations internationales, le statocentrisme se divise en deux grands courants de pensée : le réalisme, d’une part, qui fait de la recherche de la puissance, de la sécurité et de la prospérité de la nation la raison d’être et la finalité de la politique internationale dans un monde anarchique, et l’interdépendantisme, d’autre part, qui présuppose au contraire que les sociétés développent et entretiennent des liens permanents, sont en interaction et recherchent en conséquence la coopération

A ce premier postulat s’en ajoute un second, le stato-centrisme : seuls sont reconnus comme acteurs des relations internationales les Etats, entités souveraines qui, depuis les Traités de Westphalie en 1648, sont devenues la forme d’organisation privilégiée des sociétés humaines ; par ailleurs, ces acteurs étatiques sont considérés comme des acteurs unitaires et rationnels incarnés par les détenteurs du pouvoir exécutif.

– Dario Battistella. Les relations internationales. Sciences Humaines, 2007, 183, pp.52-56.

La notion de souveraineté est souvent analysée, interprétée et critiquée sous un angle purement individualiste, comme appartenant à l’État. Toutefois, la souveraineté est une notion nécessairement pluraliste. L’analyse de la structure normative et institutionnelle de l’ordre juridique international montre effectivement que la souveraineté appartient à l’ensemble des États et signifie et assure leur statut privilégié par rapport aux autres entités de la scène internationale: tout dérive des États et tout doit nécessairement et obligatoirement passer par les États. Cependant, il existe un certain nombre de phénomènes qui affectent cette configuration état-centrique de l’ordre juridique international. Il s’agit notamment des phénomènes dits de la mondialisation qui font fi des divisions spatiales fondées sur l’organisation politique des États et qui font émerger de nouveaux acteurs représentatifs et des normativités alternatives. Cet ouvrage analyse ces phénomènes dans le sens d’un possible dépassement de la conception état-centrique du droit international et, par conséquent, d’une remise en question de la souveraineté des États.

– Le mythe de la souveraineté en droit international, Lider Bal. »

« Transnational relations matter ». Oui… Et puis quoi?

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