« Tigritude »

« “A tiger does not shout its tigritude, it acts.” – Wole Soyinka« 

« La tigritude est un concept inventé par l’écrivain nigérian Wole Soyinka, en réponse à la pensée développée autour de la négritude, notamment par Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire.

Critique de la négritude
« Un tigre ne proclame pas sa tigritude ». La phrase est prononcée par Wole Soyinka en réponse ironique au mouvement affirmant la négritude comme concept émancipateur pour les personnes noires. Il s’agit de réagir au racisme implicite et au complexe de supériorité spécifique au colonialisme français, qui induirait que la libération de l’homme noir passe par une reconnaissance intellectuelle du concept de négritude. D’autres urgences économiques et politiques paraissaient prioritaires à ce que Wole Soyinka désigne comme de vaines rhétoriques.

Histoire d’une polémique
Le courant de pensée de la négritude se développe dès les années 1930, comme un mouvement de libération politique et culturelle de l’homme noir. C’est en 1962, que le dramaturge et auteur Wole Soyinka nigérian évoque le concept de tigritude à l’occasion d’une conférence d’écrivains africains, à Kampala : « Un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore ». Cette position est vécue comme une dispute entre anglophones et francophones, liée aux différences dans les rapports à la colonisation. La critique ouverte du concept de négritude par Wole Soyinka a pu être interprétée comme une division entre noirs par les suprématistes blancs. Pourtant, dès 1970, Wole Soyinka propose le nom de Léopold Sédar Senghor pour le prix Nobel de littérature. Pour lui, il n’y a pas de match, mais des prises de positions, qui, si elles sont différentes, ne sont pas très éloignées, et sont tout à fait compatibles. Léopold Sédar Senghor affirme quant à lui la complémentarité des deux concepts, et leur pertinence dans les contextes respectifs où ils ont émergé. Pour Aimé Césaire, la tigritude est un jeu de mot efficace, mais aussi un positionnement liée à la génération de Wole Soyinka, qui a moins besoin d’affirmer sa négritude. »

Wikipédia.

« On a encore en mémoire la querelle qui opposa, dans les années 1960, Soyinka à un autre géant de la littérature africaine, Léopold Sédar Senghor. Pour railler le concept de « négritude » forgé par le poète sénégalais (avec ses amis martiniquais Aimé Césaire et guyanais Léon-Gontran Damas), et défini comme « l’ensemble des valeurs de civilisation du monde noir », l’écrivain nigérian avait inventé le terme de « tigritude ». Pour Soyinka, le tigre n’a pas besoin de proclamer sa tigritude, il bondit sur sa proie. Il s’en explique aujourd’hui : « Pourquoi fallait-il gaspiller notre énergie dans de vaines rhétoriques alors que notre continent se débattait dans des problèmes politiques et économiques insurmontables ? La situation nécessitait que l’on agisse avant tout. »

Soyinka va toutefois peu à peu infléchir sa position : « Ma réflexion sur la question de la négritude a beaucoup évolué à partir du moment où j’ai compris que la libération des Africains francophones passait nécessairement par l’affirmation de l’identité noire. Les Senghor, les Césaire, les Damas étaient les produits typiques de la colonisation française, qui, en voulant faire de l’élite noire des Français à part entière, ont déclenché ce mouvement de rébellion intellectuelle et poétique. On a assisté à un phénomène similaire dans les colonies portugaises où l’assimilation des autochtones était la politique officielle. Les Anglais, pour leur part, s’étaient toujours gardés de s’immiscer dans la vie culturelle de leurs sujets africains tout simplement parce qu’ils les croyaient incapables de s’adapter à la culture britannique, nécessairement supérieure. » »

Tigritude contre négritude

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