Muse(s) de l’Ombre

T’avais mis ta nudité particulière, et moi un manteau contre mon obscurité
T’as voulu me déshabiller la première, et après
Y’a pas tant de manières, de façons, de dire je t’aime sans parler
Et comme nous savions le faire, nous avons baisé
Des corps nus, des âmes offertes par leur je de transparence
Ces baisers sur les contours de nos imperfections qui se promènent
Il s’agissait de ne pas oublier un seul recoin
Et un seul pli de nos nudités peu charnelles
Tu as vu glisser le manteau de mon obscurité

Tu voudrais graver quelques bouts de nous dans du marbre
Mais j’avoue ne pas vouloir y penser
Chaque fois que de nous tu parles cela s’entend toi d’abord
Toi, c’est vite exprimé, toujours toi et encore toi
Tes fantaisies, tes impatiences, tes ultimatums, tes manques
De tout, de courage surtout, du courage de toi après tout
Tes toi aussi divers qu’ondoyant
Incessantes redondances et flamboyances redondantes
Qui t’a fait si souffrir et qu’il te délivre
J’ai des choses à taire et d’autres à sourire
Sourire à quelques lumières si nues

A la lenteur où notre baise passe
Le miracle est que rien ne se lasse de nos essentiels
Tout monte au ciel en s’ombre intensité, tout sauf ce goût d’arc-en-ciel
Tout passe dans l’espace et trépasse d’audace
La nudité, le sourire, les muses et l’ombre, les muses de l’ombre
A la lenteur où nos baises s’offrent des orgasmes
Tout, mais tout de ton rien, tout le rien de ta nudité, n’efface mon besoin de ce rien

T’as pas encore trouvé d’autres manteaux à déshabiller et d’autres je t’aime sans parler
Mais une aussi nudité particulière, jamais
Ne passera sa vie de mortelle à chercher les portes qui donnent vers le ciel

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