En S’ombrant

Toutes les lumières ont des sanglots
Lambeaux de jour quand nos ombres s’allument

Des voix m’emmènent, je ne sais à quel rendez-vous
J’avais les yeux ouverts avant, je voyais fou

Obsessionnellement reviennent à pas d’ombre
Reines du jour, portées par des déroutes anciennes
S’ombrent leurs lumières dans de vœux dissous
Des promesses faciles comme des caprices d’un soir

C’étaient des zèles et des frêles en badinage
C’étaient des toujours et jamais en otage
C’étaient des grands ciels vidés d’orages
C’étaient des cœurs et des mots en naufrage
Obsessionnellement reviennent à pas d’ombre

Des voix m’emmènent, je ne sais à quel rendez-vous
J’ai entendu des oiseaux, des printemps, à l’agonie
En s’ombrant

Toutes les lumières ont fin de tout
Des sanglots qui sortent nus des ombres dissoutes
Serments faciles de promesses en partage
Qui ne survivent aux lendemains de fête
Puisque plus assez saouls
Lendemains de fêtes, lâcher les toujours trop lourds

Déjà ces rapides, ces rythmes volages
Déjà ces cages sous les maquillages
Déjà ces jamais qui manquent de courage
Déjà ces emprunts loin de leurs rivages
Déjà ces faims d’amour épuisées d’orages
Tout ce que je ne veux qu’il soit

J’ai vu des colonnes dans le désert, des fleurs, des reines
Des aubes si moches que j’en ai cueillies sans peine
En s’ombrant

Les commentaires sont fermés.

Ce site vous est proposé par WordPress.com.