Esther, éloge funèbre à Mère

A Esther, des mots-fleurs pour toi, sublime reine des cœurs. Reine dont la présence majestueuse et tes lumières radieuses continueront pour l’éternité à briller, dans nos existences, plus que tous les soleils de l’univers.

Chère famille, chers amis, nous sommes réunis ici pour saluer la mémoire de l’une des plus grandes reines que cette terre des Hommes a eu le privilège de connaître. Esther, royale guerrière, glorieuse combattante, est partie brutalement pour le repos éternel après avoir réalisé tant de conquêtes. Et la plus remarquable d’entre elles est celle de l’impossible.

L’impossible conquête qu’est – pour une mère seule dans une société impitoyable d’adversité – l’éducation presque parfaite de trois fils – c’est-à-dire une éducation des valeurs et des principes d’humanité et de dignité. L’impossible conquête qu’est – pour une femme seule dans une société de mépris et d’humiliations – le respect du droit d’être. L’impossible conquête qu’est – pour une travailleuse acharnée dans une société d’injustice – la reconnaissance du mérite. L’impossible conquête qu’est – pour une âme généreuse dans un monde de haine et d’intolérance – l’amour inconditionnel, le don de soi, la convivialité en tout temps du cœur recevant d’autres cœurs. Esther était en ce sens une héritière des grandes femmes de notre famille, à l’image de sa mère Marie.

Indéniablement, chère famille, chers amis, Esther est la personnification de cet exploit inqualifiable qu’est l’impossible définitivement conquis. Et cela reste sa plus grande réussite. Sa plus grande réussite d’autant plus que celle-ci reste pour chacun de nous une source intarissable d’inspiration ; à chaque instant de nos vies, cette réussite nous guide tel un phare dans nos si longues nuits, cette réussite éclaire de toute la force de son vif éclat nos destinées, cette réussite constitue la matière même de nos personnalités, cette réussite est le feu qui nous anime lorsque nous faisons de notre mieux pour vivre ou survivre dans nos réalités, cette réussite en vous regardant tous ici présents elle est immense. Sans Esther, sans sa réussite qu’est sa conquête de l’impossible, chère famille, chers amis, que serions-nous aujourd’hui ? Sans aucun doute, vous en conviendrez avec moi, des ombres peu enviables de nous-mêmes.

Esther est née pour se sacrifier, partie à un si jeune âge elle a vécu une existence de mille ans de sacrifices et d’abnégations. Elle s’est sacrifiée pour nous tous afin que nous puissions avoir une chance d’être tout ce que nous voulions, elle s’est sacrifiée pour chacun de nous afin que nous puissions garder la tête haute et être si fiers de ce que nous sommes – quelque chose de plus que le rien du tout : quelque chose d’unique, d’inestimable. Notre mère, notre sœur, notre grand-mère, notre tante, notre cousine, nous a fait don de sa vie sans jamais ressentir autre chose que de l’amour et de la responsabilité pour chacun de nous tous.

Aujourd’hui, Esther, jadis reine au royaume des Hommes et maintenant reine au royaume des anges, auprès de Marie cette autre reine, continue à nous faire prendre conscience à quel point le sacrifice de soi est une vertu royale, une vertu propre à ce qui est très grand et d’une magnificence qui élève. En vérité, Esther, née pour se sacrifier, est venue au monde pour préserver en chacun de nous la foi en l’espoir, l’espoir de quelque chose triomphant du rien, l’espoir de quelque chose d’unique, d’inestimable : le cœur, la responsabilité, la solidarité, la dignité, l’humanité, la justice, le possible. Chère famille, chers amis, nous sommes désormais la foi d’Esther en l’espoir, nous sommes plus que jamais des Esther.

Comme Marie, Esther n’est pas morte. Esther se repose. Un repos bien mérité après une telle vie de sacrifices, de foi en l’espoir, d’exploit inqualifiable. Le repos de la royale guerrière, de la glorieuse combattante. Le repos de la reine. Nous devons nous en réjouir. Nous poursuivons et devons poursuivre les conquêtes de l’impossible. Nous sommes et devons être des Esther pour nos enfants, et eux des Esther de leurs enfants. Nous sommes et devons être des Esther pour tous ceux et toutes celles que nous croisons et croiserons sur les chemins de nos destinées. Nous sommes et devons être des Esther, pour l’éternité. La reine n’est donc pas morte, et que vive la reine.

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