Un Nom Commun & Le Temps de Mots nouveaux

« Lundi 15h40

Mon frère, je viens de lire. C’est de toute beauté. Toi quoi. Je le partage sur mon blogue, impossible de faire autrement comme tu le sais.

Bon je ne vais pas te parler des exceptionnelles fulgurances que sont : « En temps normal, les gens se demandent où aller en vacances. En temps covidé, ils se demandent où dans la maison ils les passeront » ou bien « C’est une forme de démocratie, tous égaux devant l’ignorance. » et ce dernier lumineux « Notre ancien rythme comportait une forme d’ignorance. Maintenant, nous savons. Un rythme nouveau s’installe. Il faut l’écouter. C’est le temps de mots nouveaux. Le monde est grand. On est nés pour un gros pain. À nous de les écrire. Les chiffres suivront. »

Tu sais on me demande souvent d’où vient mon style incisif, je réponds : « Les Autres », et ces dernières années très souvent j’ai l’habitude de dire : « C’est Luc le coupable ». Beh voilà tu es foutu 😊

Ton frère. »

« Notre univers est en expansion.

L’étalon de mesure passe à deux mètres. Six pieds.

L’avion, les restaurants, les autos, les trottoirs, l’air que nous respirons, tout est trop étroit.

Même les stades.

En respectant l’étalon de deux mètres, ma salle de classe peut accueillir treize personnes au lieu de soixante-quinze.

En respectant la nouvelle hygiène, il faut une heure pour préparer une classe entre deux cours.

Exit la routine et le métro.

Nouveau, boulot, dodo.

En temps normal, les gens se demandent où aller en vacances.

En temps covidé, ils se demandent où dans la maison ils les passeront.

La santé prend le pas sur l’économie.

Le consommateur redevient citoyen.

Le téléphone retrouve sa voix.

Les chiffres sortent grands perdants.

Le nombres de vieux décédés.

Les plans d’affaires désuets.

Les profits liquidés.

Le restaurant que nous avons connu n’existe plus, dit un restaurateur à la télé.

Croyez-vous encore aux chances du projet Royalmount, ce générateur de densité?

Tout le monde sait qu’il ne sait pas ce qui l’attend et pourtant, personne ne panique.

C’est une forme de démocratie, tous égaux devant l’ignorance.

L’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill dirait il y aura des sueurs et des larmes.

Sapiens est le seul animal qui ait augmenté sa vitesse de déplacement avec le temps.

Il a transformé la nature en fusées et en fibres optiques.

La planète ne suit plus.

Un ami tape du pied, j’ai-tu hâte de reprendre mon rythme.

Tu ne le reprendras jamais.

Notre ancien rythme comportait une forme d’ignorance. Maintenant, nous savons.

Un rythme nouveau s’installe.

Il faut l’écouter.

C’est le temps de mots nouveaux.

Le monde est grand.

On est nés pour un gros pain.

À nous de les écrire.

Les chiffres suivront. »

Luc Panneton, Le temps de mots nouveaux, Prête-moi ton plume

« C’est la rencontre d’un cercle et d’une ligne droite.

De l’abstrait et du concret.

Du systémique et du pragmatique.

François Legault est un pragmatique. Un gars de terrain. Tu lui donnes un problème, il trouve une solution et résout l’affaire.

COVID-19? C’est par là.

Pour un gars de système, le pragmatique est efficace, dans le concret, loin des nuages et donc, un peu plate.

Le gars de système pense les relations, comme dans racisme systémique.

Sacré Sapiens. Il n’y a que lui pour inventer le racisme, alors que l’humanité ne compte qu’une race.

Petit truisme.
Si tu vois le système, il existe.
Si tu ne le vois pas, il n’existe pas.

Vous ne rencontrerez jamais un système dans la rue. Il met en relation les gens et le temps.

Pendant des décennies, des bébés autochtones disparaissaient des pouponnières, pour réapparaitre dans des familles d’accueil non autochtones.

On disait à la mère votre bébé est décédé.

Pour passer de l’hôpital à une nouvelle famille, il fallait des infirmières, des médecins, des policiers, des avocats, des juges, des curés, des politiciens, des notaires, des chauffeurs de taxi et des familles d’accueil.

Une filière bien huilée.

Pendant ce temps, les curés enseignent dans les écoles tout le mal que les sauvages ont fait aux bons martyrs Blancs.

La boucle du système est bouclée.

Le racisme systémique comme une chaine alimentaire.

Des gens fermaient les yeux, pour permettre aux enfants d’accéder aux bienfaits de la civilisation Blanche.

Ce système carbure aux regards furtifs et aux sourires entendus, une sorte de fabrique du consentement.

Le secret de cette connivence complice est le secret, justement, la conviction sourde de faire le bien.

Mon genou sur ton cou.

Le racisme systémique est amplement documenté. Cela s’appelle l’histoire du Canada, un pays bâti sur un vol de terres et un génocide systématique.

La devise du Canada : Tuer l’indien dans l’enfant, d’un océan à l’autre.

Dans les livres officiels, on gomme la première partie de la devise.

Il a donc fallu des systémiques pour ériger le système et des pragmatiques pour fabriquer le consentement.

Il n’y a pas de racisme systémique au Québec, dit le pragmatique.

Le systémique demande au pragmatique la définition d’un nuage.

C’est un nom commun. »

Luc Panneton, Un nom commun, Prête-moi ton plume.

« Qu’il soit rédacteur ou dessinateur, la maitrise du communicateur consiste à mener le lecteur par la main, à lui livrer une histoire dans laquelle il ne doit jamais tenir pour acquis que ce récepteur sait de quoi parle l’émetteur. Les exemples sont légion dans l’expérience de Panneton, rédacteur éclectique trempé dans bien des milieux – publicitaire, corporatif, public, etc. – et en plusieurs cultures – Afrique centrale, Maghreb, Antilles et bien sûr Amérique du Nord. Peu importe d’où il vient et qui il est, c’est le public lecteur qui conditionne notre écriture. Sa lecture alimente notre pratique et pour lui écrire, il faut « savoir lire » d’abord le lecteur ; la curiosité est la qualité première du rédacteur. Évidences de rédaction méconnues des néophytes et trop souvent oubliées des routards? Avec sa riche expérience, Luc Panneton nous amène à réfléchir, en bonheur et profit, à quelques lieux communs de notre profession : on doit pouvoir justifier chaque mot; le mandat conditionne le contenu; le mot clé du rédacteur est recommencer; le rythme et la musicalité du texte sont essentiels; le travail des mots consiste à créer des images. Rafraîchissant.

Marcher entre les mots. La rédaction stratégique en communications publiques, paru chez Linguatech, Montréal, 2016, 78 pages.

La communication publique ne peut exister efficacement si son acteur principal, le rédacteur, n’a pas répondu clairement à la question de départ : « Qu’est-ce que je veux dire ? » Plus complexe encore, s’il n’a pas su détecter ce que mon mandant – employeur ou client – souhaite dire ou veut que je dise.

Dans son livre Marcher entre les mots, le praticien et formateur en rédaction et communications publiques Luc Panneton ne répond évidemment pas à ces questions, mais expose dans ce « manuel de terrain » les prémisses de la réflexion. »

Marcher entre les mots de Luc Panneton – La causerie et le livre, La Société québécoise de la rédaction professionnelle (SQRP)

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