Double Pénétration Automnale (II)

by Dave

« Double Pénétration Automnale

Le texte inachevé qui suit est un extrait d’un que j’ai commencé une nuit insomnieuse avec un verre de scotch et je n’y ai plus touché depuis deux semaines (je n’y suis plus revenu : relecture et reprise d’écriture), faute de temps ou d’envie ou de doute quant à sa nécessité ou que sais-je encore. Bref, je le vois traîner dans mon dossier « Brouillons » et je fais « bof », comme avec tant d’autres. »

« […]

Une autre notion dans laquelle il est possible d’observer des sens et significations qui marque une différence (fondamentale) entre ceux occidentalo-européens et ceux d’où je pars (en notant qu’une part de mon identité est nécessairement une production occidentale indéniable – à la fois du fait des colonialismes et néocolonialismes et de mes traversées fréquentations et habitations du monde occidental / des mondes occidentaux – avec laquelle je suis parfaitement à l’aise) est celle de l’autorité.

L’autorité, en général, en occident est perçue ou acceptée comme la possession d’un droit ou d’un pouvoir de commander / de décider, il est question entre autres choses de l’exercice d’une influence ou d’une ascendance dont la raison consiste à vouloir soumettre l’Autre à sa propre volonté (c’est-à-dire précisément en paraphrasant weber à un ordre de contenu déterminé) ou à vouloir se faire obéir par l’Autre – il y a ainsi dans la notion d’autorité un vouloir (un ordre qui est animé d’une intention) et un pouvoir (une capacité à imposer cet ordre), de la sorte selon moi il est difficile de parler d’autorité sans cette rencontre d’un vouloir et d’un pouvoir (serait-il plus adéquat en l’absence d’un ou de l’autre de parler dans ce cas d’influence).

L’autorité est alors un triple enjeu 1/ de légitimité (étant la source génératrice par excellence de l’obéissance, légitimité qui ainsi introduit dans son sens politique à la problématique du conventionnalisme – disant adhésion tout au moins minimale tacite aux principes communs fondant et organisant le système – par exemple et donc de reconnaissance politique, dans son sens sociologique cet enjeu renvoie selon moi à la problématique de la contingence des actions sociales et donc de reconnaissance sociale, etc., en fait l’idée ici de légitimité – en m’inspirant de la pensée wébérienne – me semble mettre en exergue un jeu de croyances-reconnaissances qu’elles soient idéologiques, coutumières / traditionnelles, symboliques, légales, historiques, mémorielles, sociologiques, psychologiques, etc.), 2/ de force ou de puissance (capacité de contraindre par la mobilisation de diverses ressources matérielles systémiques symboliques etc., existence et application de moyens de coercition, existence et application d’un régime de sanctions etc., capacité de contrôler ou d’exercer un contrôle sur les formes / structures disciplinaires), 3/ de domination (wébérienne, dans mon propos : résultante d’un processus social ou une situation sociale voire une identité sociale établissant un déséquilibre dans les structures sociales – qui d’un point de vue foucaldien peuvent se confondre aux structures du pouvoir, ce déséquilibre ne traduisant pas mécaniquement des rapports sociaux inégalitaires – mais effectivement des rapports déséquilibrés de force produisant des effets asymétriques d’influence – montre au fond en adoptant un langage bourdieusien les positions occupées par les différents agents dans les champs).

La domination, selon moi, n’est pas tant une question de docilité de la part des individus qui reçoivent un ordre émanant de la volonté de soumission d’autres qu’elle est une question d’intérêt à répondre positivement à cet ordre. Dans la domination, on est moins dociles à un ordre donné que l’on comprend tout l’intérêt (pour soi ou pour toute autre visée notamment) à s’y soumettre que ce soit dans les relations sociales ou de pouvoir. La docilité voire même la passivité me semblent être des manifestations de cet intérêt saisi intégré par les individus dans des situations ou les contextes de domination – en ce sens le succès d’une domination n’est pas réellement dans le fait que l’ordre donné rencontre une forme de docilité mais dans le fait que l’intérêt à l’obéissance (la réponse positive) à cet ordre ait été saisi par l’individu à qui il est adressé. Dès lors, la docilité ou la passivité ne sont en fin de compte que des conséquences attitudinales de cet intérêt saisi (bien compris), intégré (voire intériorisé). Par exemple, dans une situation ou un contexte de domination parentale, les ordres parentaux de conformité à une certaine discipline (un ensemble de règles comportementales) ou à certaines valeurs n’ont de chance de succès (acte d’obéissance de l’enfant) que si l’enfant a saisi tout son intérêt à s’y conformer, c’est à partir de cette compréhension de son propre intérêt à se soumettre / à obéir que découlent sa docilité devant la domination parentale voire sa passivité face à l’autoritarisme parental. Dès lors, sa volonté d’obéissance n’existera que seulement si cet intérêt de faire est maintenu (préservé), on pourrait même aller jusqu’à dire qu’il n’y a pas en tant que telle une volonté d’obéissance comme vouloir de désirabilité (ou simplement comme désirabilité) ou une détermination (liberté) à agir de la sorte qu’il y a vouloir l’instauration la réalisation / la préservation d’un intérêt particulier / envisagé.

Autorité – sacralité / autorité – pouvoir […]

– Sur les Questions Idiotes (en cours d’écriture et sans doute comme avec moi jamais achevé) »

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